‹ Œuvres complétes Volume 11Chapitre 21 sur 106 · XI. C · texte numérisé non relu

XI. C

quelles pour cela doivent s'esvertuer d'estre de plus en plus toutes a la divine Majesté, et a cette vocation, pour la rendre tous les jours plus aggreable a Dieu.

Je vous escris selon mon sentiment présent; car il faut que j'escrive ainsy a Tame de ma très chère Fille, priant Dieu qu'il la face sainte, et moy aussi, qui suis siesloigné de ce bonheur.

Encor vous faut-il dire ce mot, ma très chère Fille : si vous n'estes pas favorisée, aymés bien cette abjection. Croyés-moy, Dieu void volontier ce qui est mesprisé *, et la bassesse aggreée luy fut tous-jours aggreable. Dieu es^ si bon, qu'il visitera intérieurement nostre Visitation, la fortifiera, et l'establira a la solide humilité, simplicité et mortification.

Vives joyeuse, tant que vous pourrés, de cette joye paisible et dévote de laquelle l'amour de nostre abjection est la racine. Ma très chère Fille, je vous salue d'un esprit qui est inséparablement vostre. Vive Jésus. Amen.

A SAINTE JEANNE-FRAPvÇOlSE DE CHANTAI

Saint François la console au sujet de son fils, et l'encourage à se détacher de plus en plus de toutes les créatures.

Paris, 3 janvier 1619.

Vous aurés, je m'asseure, receu deux lettres, ma très chère Mère, quand celle-cy arrivera, et croyés que je ne

* Excelsus Dominus, et humilia respicit. Ps. GXXXVII, 6. 2 Tirée de la copie authentique conservée dans les archives de la maison Verri, à Milan. C'est la 241^ inédite de la collect.-Bl. et la même

perdray désormais nuiroccasion. Je suis grandement en peine de vostre affliction, bien que je n'en sache pas les particularités ; mais je voy bien par ce peu de paroles que vous m'escrivés que vous la sentes vivement. Ma très chère Mère, cette vie mortelle est toute pleine de telz accidens, et les douleurs de Fenfantement durent souvent plus que les sag-es-femmes ne pensent. En quelles occurrences pouvons-nous faire les grans actes de l'invariable union de nostre cœur a la volonté de Dieu, de la mortification de nostre propre amour, et de l'amour de nostre propre abjection, et en somme de nostre crucifixion, sinon en ces si aspres assautz? Ma très chère mère, vous ay-je pas souvent intimé la nudité de toutes les créatures, pour se revestir de nostre Seigneur crucifié ?

pour le fond que la 454^ du même éditeur, ou la 19° du livre V des anciennes éditions. L'identité est ici évidente. Il est vrai que la lettre que produisoient les anciennes éditions porte pour date le 11 janvier 1619 au lieu du 3 ; mais comme saint Fx"ançois de Sales se servoit des chiffres romains pour dater ses lettres, n'auroit-ou pas confondu le signe III avec le signe II, et puis le signe II en chiffres romains avec le signe 11 en chiffres arabes? Ce qui confirme cette conjecture, c'est que la lettre a été imprimée pour la première fois en 1626, c'est-à-dire du vivant de sainte Chantai, et sans doute d'après la copie fournie par €!le-même, avec cette simple inscription : Epistre dix-neufviésme, à une religieuse de la Visitation ; et on conçoit sans peine pourquoi la Sainte crut devoir supprimer ou corriger à sa manière les passages qui l'eussent trop clairement désignée, ou qui eussent pu compromettre la réputation de son fils. Mais on sut dans la suite que cette religieuse de la Visitation étoit madame de Chantai elle-même : à cette époque, celleci n'étoit encore déclarée que vénérable, de là vient que l'on commença dès-lors à intituler la lettre: a la vénérable mère de chantal a BOURGES ; titre que les éditeurs subséquents, et même M. Biaise, par une distraction singulière, ont conservé jusqu'ici. M. Biaise, en publiant le premier la lettre prise sur l'autographe même, ne s'est pas encore aperçu que cette lettre s'adressoit à madame de Chantal, mais il l'a intitulée simplement : a une dame ; puis il lui donne pour sommaire ces mots : Saint François la console des afflictions que lui causent les désordres de son fils. En changeant ce sommaire, et en nommant sainte Jeanne- Françoise de Chantai, nous croyons avoir établi avec le plus de convenance possible l'exacte vérité.

Or sus, Dieu sera au milieu de vostre cœur, qui vous afTermira, et j'espère qull conduira ce filz a bon port et que vous aurés encor la consolation intérieure de le sçavoir. Je me porte fort bien, et je pense qu'aujourd'huy on résoudra sur nostre affaire, qui a esté grandement agitée. Plus je vay avant en la connoissance du monde, plus j'estime heureux ceux qui sont a Jesus-Ghrist, quoy qu'ilz endurent pour luy. Je n'ay seulement pas loysir de revoir vostre lettre pour voir si j'y oublie rien. A Annessj tout va bien, grâces a Dieu. Le bon M. de Forax est un peu malade et grandement en peine sur le sujet de sa prétention. C'est, a mon gré, le plus digne d'amitié qu'il est possible de voir. Mon frère est encor aussi un peu mal de son pied. J'ay eu un certain engourdissement de jambes qui passa^ et ne m'a nullement empescher d'aller et faire tout ce que j'ay voulu ; j'avois grand désir de voir Monseigneur nostre Archevesque \ mais puisqu'il ne vient pas, je me resjouis en la consolation que vous avés de sa présence. Je luy baise très humblement les mains, et salue de tout mon cœur nos très chères seurs. Qui suis infiniment, ainsy que vous sçavés, ma très chère Mère, mesme en une façon incomparable.

Très vostre,

François, Evesque de Genève.

* Il s'agit de l'archevêque de Bourges, frère de la sainte, et chez qui elle se trouvoit pour le moment, tout occupée de donner de^solides basesau couvent de la Visitation nouvellement érigé en cette ville.

LETTRE '

A UNE DAMB

La vie mortelle nous est donnée pour acquérir l'éternelle ; le moyen de vivre content est de s'abandonner à la Providence.

Paris, 16 janvier 1619.

Il me semble, ma très chère Fille^ que vostre cœur est tellement asseuré de l'invariable affection que j'ay pour luy, qu'il ne sçauroit meshuy plus en douter : ce que Dieu fait est bien fait. Que si j'ay retardé a vous escrire, attribués-le, je vous prie, a ce tracas insupportable, parmi lequel il faut faire plus qu'on ne peut et qu'on ne veut, et ne faire pas ce que l'on veut, encor que l'on le peut.

J'ay bien appréhendé ci devant que la maladie de Monsieur vostre père ne vous tinst en peine; mais maintenant que, grâces a Dieu, il reprend force et santé, je suis bien fort soulagé de ce costé-la.

0 Dieu, ma très chère Fille, que c'est une leçon digne d'estre bien entendue^ que cette vie ne nous est donnée que pour acquérir Teternelle I Faute de cette connoissance, nous establirons nos affections en ce qui est de ce monde dans lequel nous passons; et quand il le faut quitter, nous sommes tout estonnés et effrayés.

Croyés-moy, ma très chère Fille, pour vivre content au pèlerinage, il faut tenir présente a nos yeux l'espérance de l'arrivée en nostre patrie, où éternellement nousarresterons, et cependant croire fermement; car il est vray que Dieu, qui nous appelle a soy, regarde comme nous y

i C'est la 455« de la collection-Biaise, et la 70^ du| livre VI des anciennes éditions.

allons, et ne permettra jamais que rien nous advienneque pour nostre plus grand bien : il sçayt qui nous sommes, et nous tendra sa main paternelle es mauvais pas, affm que rien ne nous arreste.

Mais pour bien juger de cette grâce, il faut avoir une entière confiance en luy.

Ne prevenés point les accidens de cette vie par appréhension, ains prevenés-les par une parfaite espérance, qu'a mesure qu'ilz arriveront, Dieu, a qui vous estes, vous délivrera: il vous a gardée jusques a présent; tenés-vous seulement bien a la main de sa providence, et il vous assistera[en toutes occasions; et où vous ne pourrés pas marcher, il vous portera. Que devés-vous craindre, ma très chère Fille, estant a Dieu, qui nous a si fortement asseurés qu'a ceux qui T ayment tout revient a bonheur^? Ne pensés point a ce qui vous arrivera demain ; car le mesme Père éternel qui a soin aujourd'huy de vous, en aura soin demain et tous-jours : ou il ne vous donnera pas de mal, ou, s'il vous en donne, il vous donnera un courage invincible pour le supporter.

Demeurés en paix, ma très chère Fille ; ostés de vostre imagination ce qui vous peut troubler, et dites souvent a nostre Seigneur : 0 Bieul vous estes mon Lieu, et je me confieray en vous : vous m' assisteras et serés mon refuge, et je ne craindray rien^\ car non seulement vous estes avec moy, mais vous estes en moy^ et moy en vous. Que peut craindre l'enfant entre les bras d'un tel père? Soyés bien un enfant, ma très chère Fille : comme vous sçavés^ les enfans ne pensent pas a tant d'affaires ; ilz ontqui y pense pour eux ; ilz songent ', seulement trop fort s'ilz demeurent avec leur

* Diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum. Rom., VIII, 28.

^ Dominus tirmamentum meum, et liberator meus ; Deus meus adju-^ tor meus, el sperabo in eum. Ps. XXVil, 3.

3 Au lieu de songent^ toutes les édilions antérieures portoient sont, ce qui est inintelligible.

pere. Faites donq bien ainsy, ma très chère Fille, et vous serés en paix. Amen. Vostre, etc.

LETTRE '

AU PÈRE AIRAND,

SON ANCIEN CONDISCIPLE, ET ALORS RECTEUR DU COLLÈGE DE LA C031PAGNIE DE JÉSUS A DOLE.

Témoignages d'amitié.

Après le 21 janvier 1619.

Mon Révérend Pere,

J'ay receu en Bauce l'honneur de la lettre que M. Favreau et M. Dathame me rendirent de vostre part ; car outre la douceur que je prens a me ramentevoir le tems auquel nous estions compaignons d'eschole, vos mérites me font grandement estimer tous les tesmoignages qu'il vous plait me donner de vostre bienveuillance, laquelle je vous conjure de vouloir bien me continuer par vostre amytié, bien ayse de sçavoir, que vous soyés arresté en nostre voysinage, sous l'espérance que par ce moyen il se pourra bien faire que j'aye encor un jour le bonheur

* Tirée du monastère de la Visitation de la ville d'Angers. C'est la 653e de la collection-Biaise. Si c'est en Beauce, et non pas plutôt en Bresse que le Saint dit avoit reçu la lettre du père Airand, il dut la recevoir dans le cours du voyage qu'il fit de Paris à Bourges, ou de Bourges h Paris vers le milieu de l'hiver de 1619, ou à l'époque de son retour pour Annecy vers la mi-septembre de cette même année. Mais il nous semble que cette réponse du Saint au Père Airand a dû être écrite d'Annecy, plutôt que de Paris ou de Bourges. Si cette conjecture est fondée, il faudra lire à la première ligne Bresse plutôt que Beauce ; et lui donner pour date l'une des années 1620, 1621 ou 1622, plutôt que

de vous revoir ; et cependant je cheriray de tout mon cœur tout ce qu'il vous plaira de me commander, comme je fay le sujet d'avoir soin plus particulier de ces deux damoyselles, desquelles l'une, madamoyselle Favreau^, qui est des-ja voylée, et l'autre le sera soudain que je seray de retour d'un voyage que je veux faire a Thonon ; et espère que l'une et l'autre donneront et recevront réciproquement de Tedification et consolation en la Congrégation en laquelle elles ont esté appellées, puis qu'a ce commencement Dieu leur en donne de si bonne heure. Playse a la divine bonté de vous conserver et prospérer de plus en plus en son saint service^ et je suis de tout mon cœur, mon révérend Père, vostre^ etc.

LETTRE '

A SAINTE JEANNE-FRANÇOISE DE CHANTAL

Cette lettre semble avoir pour objet l'établissement de la Visitation à

Bourges.

Ma très chère Mère,

•Je m'en vay a la réception de la Religieuse; de la je vay disner avec M. vostre frère chez M. Dorigni; de la a l'assemblée qui se fait pour nos affaires où j'aurois besoin d'une règle, car on en parlera, et je n'en ay plus. Recommandés l'affaire a nostre Seigneur, et m'envoyés donques encor une de ces règles, et bon jour de tout mon cœur.

* L'original en est conservé à l'évêché d'Annecy. C'est la 302e des lettres inédites de la collection-Biaise. Le frère de sainte Jeanne-Françoise étant André Frémiot archevêque de Bourges, nous inférons de là que ce billet a été écrit par le Saint tandis qu'il se trouvoit à Bourges avec la sainte fondatrice, c'est-à-dire vers février 1619.

LETTRE

A UNE DAME

Le Saint lui inspire une grande confiance en la Providence divine.

Paris, 26 avril 1619.

Madame,

Ce me sera tous-jours une fort particulière consolation quand j'auray le bonheur de recevoir de vos lettres ; car en vérité je vous chéris ethonnore parfaitement, puisqu'il a pieu a nostre Seigneur de me faire voir vostre cœur, et au milieu d'iceluy le sacré désir d'aymer invariablement cette divine bonté, en comparayson de laquelle comme il n'y a rien de bon, aussi n'y a-il rien d'aymable.

Mais croyés bien, ma très chère Fille (car je ne puis empescher mon cœur de pousser ce mot cordial), croyés, je vous supplie, que si mes souhaitz sont exaucés, vous ferés un continuel progrès en cette sainte dilection ; car je n'oublierai jamais d'en supplier Dieu, et de luy offrir plusieurs sacrifices a cette intention. Mais il faut dire quelque chose sur vostre lettre.

Vous voyés comme la providence céleste est douce envers vous, et qu'elle ne diffère son secours que pour provoquer nostre confiance. L'enfant ne périra jamais, qui demeurera entre les bras d'un père qui est tout-puissant. Si nostre Dieu ne nous donne pas tous-jours ce que nous luy demandons^ c'est pour nous retenir auprès de luy, et nous donner sujet de le presser et contraindre par une

» C'est la 4570 de la collection-Biaise, et la 2^ du livre IV des anciennes éditions.

90 LETTKES SPIRITUELLES

amoureuse violence, ainsy qu'il fit voir en Emmaiis avec ces deux pèlerins avec lesquelz il ne s'arresta que sur la fm de la journée, et bien tard, quand ilz le forcèrent. En somme, 11 est gracieux et débonnaire ; car soudain que nous nous humilions sous sa volonté, il s'accommode a la nostre.

Taschés donq, ma très chère Fille, a fortifier de plus en plus vostre confiance en cette sainte Providence, et l'adorés fréquemment en vos retraittes spirituelles, et par ces regars intérieurs dont nous parlons en la pratique K

Je loue Dieu que vous soyés plus constante, nonobstant vos perpetuelz tracas domestiques, parmi lesquelz il faut faire valoir vostre dilection, comme le courage es batailles.

Madame de Chantai est icy avec sa petite troupe. Le vingt-huitième avril, elles commenceront a chanter les offices en public, ayant trouvé beaucoup plus de faveur en l'ame de Monsieur le Cardinal, que les premières apparences ne promettoient.

Je ne manqueray pas d'imprimer un singulier amour pour vostre personne en cette Congrégation, spécialement au cœur de Madame de Chantai; vous asseurant que je désire grandement que vous soyés toute comblée de cette pure charité, qui vous rende a jamais aggreable a Dieu et a toutes les créatures qui le servent. Ainsi soit-il. Et je suis, sans fin, vostre très humble et très certain serviteur et frère, etc.

< C'est apparemment quelque pratique de piété que le saint Evêque avoit donnée à part à la dame à qui il écrit.

Le Saint la console sur la mort de son père.

A Paris, le mardi-saint, 26 avril 1619.

Ma très chère Fille,

Si j'estois auprès de vous, je vous dirois bien plus de choses que je n'en sçaurois escrire, et si j'estois en un autre lieu, je vous escrirois plus amplement que je ne puis faire en celuy-cy. Ces quatre lignes partent de mon cœur, pour faire sçavoir au vostre que si je ne l'ay visité de présence en son affliction^ c'a esté, je vous asseure, d'une afl'ection grande et avec beaucoup de sentimens.

Mais enfin ce père est trespassé, en sorte que si la foyde la vie éternelle règne en nos espritz, comme elle doit, nous devons estre grandement consolés. Petit a petit Dieu nous sevré des contentemens de ce monde. 0 ma très chère Fille, il faut donq plus ardamment aspirer à ceux de l'immortalité, tenir nos cœurs eslevés au ciel où sont nos prétentions, et où nous avons meshuy une grande partie des âmes que nous chérissons le plus.

Qu'a jamais soit bénit le nom de nostre Seigneur, et que son amour vive et règne au milieu de nos amesî La mienne salue cordialement la vostre ; et suis, ma très chère Fille, très parfaitement vostre très humble serviteur, etc.

' C'est la 458e de la collection-Biaise, et la 58« du livre V des anciennes éditions.

LETTRE

A UNE DAME

Sujet lout semblable à celui de la précédente.

Paris, 17 mai 1619.

Madame etbien-aymée Fille en Jesus-Christ, voicy qu'en fin l'heure dernière de M. le Comte vostre père est sonnée en l'horloge de la Providence divine, pour retourner en la main de son Créateur. 11 est heureusement trespassé^ puis qu'après avoir receu le bénéfice de l'absolution de ses péchés au sacrement de pénitence, et la sainte communion quinze ou vingt jours devant son trespas, il en fit depuis une autre, et continua presque tous les jours a se confesser, selon que ses fautes luy revenoyent en mémoire.

11 me voulut voir et communiquer la façon qu'il jugeoit la meilleure pour asseurer sa conscience ; et certes, depuis que je l'eus visité, il me parloit avec un amour tout plein de respect qu'il portoit a la dignité de laquelle je suis chargé, quoy qu'indigne ; en quoy il monstroit bien sa pieté et religion.

Il me tendoit la main, la teste descouverte, demandant la bénédiction ; et comme le tems approchoit de luy donner le saint Viatique, on voulut que je l'y disposasse, comme Je fis; en sorte qu'il le receut de ma main, d'un désir de dévotion admirable; et tandis qu'il eut l'usage de ses sentimens il monstra d'avoir tous-jours son cœur en Dieu. Bref, quoy que je l'eusse veu fort peu d'heures devant son

» Tirée du monastère de la Visitation de la ville de Rouen. C'est la 459e de la collectioii-Blaise.

deces, je ne me treuvay toutesfois présent quand il rendit l'ame ; ce fut mon frère qui eut ce bonheur de luy donner la dernière bénédiction. Je vous ay voulu escrire cecy, estimant que la conclusion de S. Paul est bonne a ce propos : Consolés-vous donq en ces paroles y ; que cette consolation est suffisante aux enfants de Dieu, que les mortz ayent receu les remèdes efficaces de la sainte Eglise devant que de mourir: etj'adjouste pour vous la consolation du glorieux S. François, que, n'ayant meshuy de père temporel, vous puissiés d'autant plus librement dire, Nostre père qui estes aux cieux^, au nom duquel Père celeste j'ai commencé de vous appeller ma Fille bien-aymée. Je le prie de vous combler de ses saintes bénédictions, et suis a jamais, Madame, vostre très humble, etc.

LETTRE '

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