‹ Œuvres complétes Volume 11Chapitre 35 sur 106 · A UN AMI · texte numérisé non relu

A UN AMI

Au sujet de bruits calomnieux quicouroient sur son propre compte.

On m'escrit de Paris que Ton m'y rase la barbe de si près que Ton peut ; mais Dieu la fera recroistre plus peuplée que jamais quand sa Providence le jugera a propos.

XGVII

LETTRE

A SAINTE JEANNE-FRANÇOISE DE CHANTAL, A PARIS

L'on ne doit pas se conduire selon les règles de la prudence humaine, mais par les maximes de l'Evangile.

Annecy, 13 décembre 1619.

Vive Jésus, auquel, et pour lequel, et par lequel je suis parfaitement vostre, ma très chère Mère. Je viens d'escrire troys grandes lettres, que je vous envoyé ouvertes, affîn que vous les voyés, et en icelles plusieurs choses qu'il faudrois que je vous escrivisse : et je n'en ay pas le loysir, estant bien tard.

En fin donq j'escris a M. de Montelon ; mais avant que

1 Tirée de la Vie du Saint par Gh.-Aug. de Sales, tom. II, p. 198. » C'est la 499e de la collection-Biaise, et la 44^ [al. 41e} du livre III des anciennes éditions.

de luy envoyer ma lettre, faites-la voir, s'il vous plait, a M. des Hayes, et considérée s'il sera a propos qu'elle luy soit rendue; car quant a moy, ma très chère Mère, j'ay remis tous ces mauvais vens a la providence de Dieu :qu'ilz soufflent ou qu'ilz s'accoisent, selon qu'il luy plaira ; la tempeste et la bonace me sont indifférentes. Bienheureux serés'vous, quand les hommes diront tout mal contre vous pour r amour de moy en mentant^. Si le monde ne treuvoit a redire sur nous, nous ne serions pas bonnement serviteurs de Dieu.

L'autre jour, nommant saint Joseph a la Messe, je me resouvins de cette souveraine modération dont il 'usa, voyant son incomparable espouse toute enceinte, laquelle il avoit creu estre toute Vierge. Et je luy recommanday l'esprit et la langue de ces bons Messieurs, affm qu'il leur impetrast un peu de cette douceur et debonnaireté : et tost après il me vint en l'esprit que nostre Dame en cette perplexité ne dit mot, ne s'excusa point, ne se troubla point, et la providence de Dieu la délivra ; et je luy recommanday cette affaire, et me résolus de luy ep laisser le soin, et de me tenir coy : aussi bien que gaigne-on de s'opposer aux vens et aux vagues, sinon de l'escume? , 0 ma chère Mère ! il ne faut pas estre si tendre sur moy. Il faut bien vouloir qu'on me censure : si je ne le mérite pas d'une façon, je le mérite de l'autre. La mère de celuy qui meritoit une éternelle adoration, ne dit jamais un seul mot, quand on le couvroit d'opprobres et d'ignominies. Aux patiens et débonnaires demeurent la terre et le cieP. Ma Mère, vous estes trop sensible pour ce qui me regarde. Et donq, faut-il que moy seule au monde je sois exempt d'op-

* Beati estis cum maledixerint vobis, et persecuti vos fuerint, et dixerintomne malum adversùm vos, mentientes, propter me. Matt., V. 11.

* Beati mites, quoniam ipsi possidebunt terram. Matth., V, 4. Beati qui persecutionem patiuntur propter justitiam, quoniam ipsorum

est regnum cœlorum. Ihià., 10.

probres? Je vous asseure que rien ne m'a autant touché en cette occasion que de vous voir touchée. Demeurés en paiX;, et le Dieu de paix sera avec vous, et il foulera les aspics et les basilics; et rienne troubleranostrepaix, si nous sommes ses serviteurs.'^Machere Mère, ilyabiendel'amour propre a vouloir que tout le monde nous ayme, que tout nous soit a gloire.

Je presche yci ^ les Advens les commandemens de Dieu, qu'ilz ont désiré ouyr de moy, et je suis merveilleusement escouté : mais aussi je presche de tout mon cœur, duquel cœur je vous diray, ma très chère Mère, que Dieu par sa bontéinfinie le favorisefort, luy donnant beaucoup d'amour des maximes du christianisme, et cela en suitte des clartés qu'il me donne de leur beauté, et de l'amour que tous les Saintz leur portent au ciel, m'estant advis que la haut on chante avec une joie incomparable : Bienheureux les pauvres d'esprit, car a eux appartient le r: ^aume des cieux^.

Sur le commencement de la semaine qui vient, je feray ma reveuë pour un renouvellement extraordinaire que nostre Seigneur m'invite de faire, affm qu'a mesure que ces années périssables passeront, je me prépare aux éternelles. Nos Seurs d'yci^ font fort bien ; il n'y a rien a redire, sinon qu'elles veulent trop bien faire, affm que nostre Mère revenant treuve que tout va bien : cela les presse un peu. Hier nous fismes un entretien où je m'essayay de les mettre un peu au large.

Je salue nos très chères seurs Anne Catherine et Jeanne Marie. Je leur escriray aussi troys motz au premier jour, s'il plait a Dieu , et a nostre seur Marie * Anastase mille salutations. C'est une petite jacobite^ car nostre Seigneur l'a

* A Annecy.

* Beati pauperes spiritu, quoniam ipsorum est regnum cœlorum. Math., V, 3.

5 D'Annecy. — * Au lieu de Marie, l'édition de 1626 porte Madame.

6 C'est une allusion au patriarche Jacob, qui, ayant lutté pendant toute

touchée a la cuisse : etelle iramieux boiteuse au chemin de la perfection, qu'elle n'eust fait autrement, comme j'espère. Je salue nostre très grande novice, et toutes tant qu'elles sont mes très chères seurs et filles en nostre Seigneur. Je n'escriray point pour ce coup a ces Dames, que j'honnore tant, et que Dieu veut que j'honnore de plus en plus : salués-les toutes chèrement es occurrences. Dieu les veuille combler de ses grâces.

XGVIII

LETTRE '

A LA MÈRE ANGÉLIQUE ARNAULD, ABBESSE DE PORT-ROYAL

Une grande perfection ne s'acquiert pas en un jour. Le Saint s'abandonne à la Providence pour le temporel ; il ne veut pas retourner à Paris, malgré la perspective qu'il avoit d'en devenir évêque. Sa compassion pour les âmes.

16 décembre 1619.

Je commence par où vous finisses, ma très chère et très véritablement bien-aymée Fille ; car vostre dernière lettre entre celles que j'ay receuës finit ainsy : je croy que vous me connoissés bien. Or il est vray, certes, je vousconnois bien, et que vous avés tous-jours dedans le cœur une invariable resolution de vivre toute a Dieu, mais aussi que cette grande activité naturelle vous fait sentir une grande vicissitude de saillies.

0 ma Fille ! non, je vous prie, ne croyés pas que l'œuvre que nous avons entrepris de faire en vous puisse estre sitost faite.

la nuit avec un ange, en fut touché à la cuisse, et en demeura boiteux.

1 C'est la 501e de la collection-Biaise, et la 47e (û/. 43^) du livre III desanciennes éditions.

Les cerisiers portent bien-tost leurs fruitz, parce que leurs fruitz ne sont que des cerises de peu de durée ; mais les palmiers, princes des arbres, ne portent leurs dattes que cent ans après qu'on les a plantés, ce dit-on. Une médiocre vie se peut acquérir en un an ; mais la perfection a laquelle nous prétendons, o Dieu ! ma chère Fille, elle ne peut venir qu'en plusieurs années, parlant de la voye ordinaire.

Dites bien encore cecy a cette Fille, que je vous ay tant recommandée, qu'en vérité je ne la puis oublier ni jour, ni nuict, mon ame reclamant incessamment la grâce de Dieu sur elle, et dites-luy hardiment que non. Je ne m'estonneray jamais de ses foiblesses et imperfections. Ne serois-je pas un desloyal arrogant, si je ne la regardois en douceur parmi les effortz qu'elle fait de s'affermir en la douceur, en l'humilité, en la simplicité ? Qu'elle continue fidèlement ses poursuittes, et je continueray sans cesse de souspirer et respirer pour son bien et advancement. Le bon P. me remercie si bonnement de la dilection que je porte a cette chère Fille, sans considérer que c'est une affection qui m'est si pretieuse et tellement naturalisée en mon ame, que personne ne m'en doit sçavoir non plus de gré que dequoy je me souhaitte du bien a moy-mesme.

Mais dites-luy, a cette chère fille, qu'en l'exercice du matin elle mette son cœur en posture d'humilité, de douceur et de tranquillité, et qu'elle s'y remette après disner, pendant grâces, et a vespres, et le soir ; et que parmi la journée elle se souvienne que je le luy ai dit.

Dites-luy que je demeure icy en mon Diocèse, tandis qu'il plait a Dieu ; et que comme rien ne m'en peut tirer que quelque particulière occasion que je croiray estre a la gloire de nostre Seigneur, aussi, cela se présentant, je n'auray non plus de difficulté de me desprendre maintenant des faveurs que je reçois, qu'auparavant qu'elles me fussent données. Je suis et seray, et veux estre a jamais

a la mercy de la providence de Dieu, sans que je veiiille que ma volonté y tienne autre rang que de suivante. Vous sçavez tous-jours tout, mais menagés-le.

On m'invite d'aller derechef a Paris en une aggreable condition. J'ay dit : Je n'iray point la, ni ne demeureray icy, sinon en suitte dubonplaysir céleste. Ce pais est ma patrie, selon ma naissance naturelle : selon ma naissance spirituelle, c'est l'Eglise. Par tout où je penseray mieux servir celle-cy,j'yserayvolontier, sans m'attachera celle-là.

Non, ma Fille, ne laissés pas l'orayson, que pour des occasions qu'il est presque impossible de recouvrer. Il n'y a point de mal, ains du bien, a traitter avec nostre bon Ange.

Mais disons un mot de nos chères Filles. Helas ! la pauvre N. perdra-elle aussi le fruit de sa vocation ?0 mon Dieu ! ne le permettes pas. Sa pauvre seur est en grand danger, a ce qu'on m'escrit; et je vous asseure que mon ame en est toute affligée ; et voudrois, si je pouvois, beaucoup faire pour retenir ces deux seurs pour Dieu, qui les veut, pourveu qu'elles ne résistent.

Je n'escris point pour le présent a nostre chère sœur Catherine de Gènes. Je croy que l'assemblée de L. n'aura rien peu contre elle, puisque vous ne m'en dites rien. 0 non ; car Dieu protégera cette chère ame, et ne permettra pa^ qu'une si rude tempeste la vienne accabler. Qu'elle reprenne ses espritz, et qu'elle vive joyeuse.

Quant a la C, il ne faut pas treuver estrange le refus qu'on en a fait: le bien qui en doit reuscir est trop grand pour n'avoir point de difficulté et de contradiction. M. reviendra a soy ; certes, je ne me suis sceu empescher de iuy escrire bien amplement, encor que je ne leconnoisse point, m'estant advis que je le devois pour le bien des affaires de nostre Seigneur.

Demeurés en paix, ma très chère Fille^ et priés souvent

pour mon amendement, affm que je sois sauvé, et qu'un jour nous tressaillions en la joye éternelle, nous resouvenant des attraitz dont Dieu nous a favorisés, et des réciproques consolations qu'il a voulu que nous eussions en parlant de luy en ce monde. 0 ma Fille, il soit a jamais l'unique prétention de nos cœurs ! Amen.

XGIX

LETTRE '

A UNE RELIGIEUSE DE LA VISITATION

Exhortation à adorer notre Seigneur, et à célébrer la fête du jour de sa

naissance.

18 décembre 1619.

Ma très chère Fille,

Voyla le tant aymable petit Jésus qui va naistre en nostre commémoration ces festes-cy prochaines ; et puisqu'il naist pour nous visiter de la part de son Père éternel, et que les pasteurs et lesRoys le viendront réciproquement visiter au berceau, je croy qu'il est le père et l'enfant tout ensemble de sainte Marie de la Visitation.

Or sus, caressés-le bien ; faites-luy bien l'hospitalité avec toutes nos Seurs; chantés-luy bien des beaux cantiques, et sur tout adorés-le bien fortement et doucement, et en luy sa pauvreté, son humilité, son obéissance et sa douceur, a l'imitation de sa très sainte mère et de saint Joseph : et prenés-iuy une de ses chères larmes, douce rosée du ciel, et la mettes sur vostre cœur, affm qu'il n'ayt jamais de tristesse que celle qui resjouyt ce doux enfant ; et quand vous luy recommanderés vostre ame, recommandéz-luy quand et quand la mienne, qui est certes toute vostre.

* C'est la 502e de la collection-Biaise, et la i^^ du livre VII des anciennes éditions.

Je salue chèrement la chère trouppe de nos Seurs, que je regarde comme de simples bergères veillant sur leurs trouppeaux, c'est a dire sur leurs affections; qui adverties par l'Ange vont faire l'hommage au divin Enfant, et pour gage de leur éternelle servitude luy offrent le plus beau de leurs aigneaux, qui est leur amour sans reserve ni exception. Vostre très affectionné père et serviteur, etc.

LETTRE '

A UNE RELIGIEUSE SUPÉRIEURE DE LA VISITATION

Le Saint l'exhorte à régler son zèle, en le rendant doux et paisible, en supportant les défauts d'autrui, et en se gardant d'un zèle amer, inquiet et empressé.

19 décembre 1619.

0 ma Fille ! Dieu vous a fait une grande miséricorde, d'avoir rappelle vostre cœur au gracieux support du prochain, et d'avoir saintement jette le baume de la suavité de cœur envers autruy dans le vin de vostre zèle. Voyezvous, en fin je respons, quoy que tard, a la lettre que vous m'escriviés après mon passage ; et respons courtement, simplement, amoureusement, comme a ma très chère Fille, que j'ay aymée presque des le berceau, parce que Dieu l'avoit ainsy disposé.

Il ne vous falloit que cela, ma très chère Fille: vostre zèle estoit tout bon; mais il avoit ce défaut d'estre un peu amer, un peu pressant, un peu pointilleux. 'Or le voyla purifié de cela; il sera désormais doux, bénin, gracieux,

* C'est la 503e de la collection-Biaise, et la 85^ {al. 71e) du livre IV des anciennes éditions.

paisible, supportant. Hé! quivoid le cher petit enfant de Betlehem, duquel le zèle pour nos âmes est incomparable ? car il vient pour mourir, affîn de les sauver. Il est si humble^ si doux^ si amiable !

Vives joyeuse et courageuse, ma chère Fille, je dis en la portion supérieure de vostre ame ; car l'Ange, qui préconise la naissance de nostre petit Maistre, annonce en chantant,' et chante en annonçant qu'il publie une joye, une paix, un bonheur aux hommes de bonne volonté ; affm que personne n'ignore qu'il suffit, pour recevoir cet enfant^ d'estre de bonne volonté^ encorque jusquesicy on n'ait pas esté de bon effect ; car il est venu bénir les bonnes volontés, et petit a petit il les rendra fructueuses et de bon effect, pourveu qu'on les luy laisse gouverner, comme j'espère que nous ferons les nostres, ma ires chère Fille. Ainsy-soit-il.

Je suis en suittetout entièrement vostre, etc.

LETTRE '

A UNE DEMOISELLE

Le Saint l'engage à suivre l'inspiration de Dieu, qui l'invitoit à se consacrer à lui.

Madamoyselle^ Vous me le fistes promettre, et je lefais soigneusement. Je prie Dieu qu'il vous donne sa sainte force, affm que vous rompiés généreusement tous les liens qui empeschent vostre cœur de suyvre ses célestes attraictz. Mon Dieu I il faut dire la vérité ; c'est pitié de voir une aymable avette

* C'est la 504e de la collectioû-Blaise, et la 51e {al. 47^) du livre III des anciennes éditions.

embarrassée parmi les viles toiles des araignées ; mais si un vent favorable rompt cette chetive trame et ces fascheux filetz, pourquoy est-ce que cette chère avette ne prend cette occasion pour se demesler et desprendre de ces pièges, et pour aller faire son doux miel ?

Vous voyés, ma très chère Fille, mes pensées : faites voir les vostres a ce sauveur qui vous semond. Je ne puis n'aymer pas vostreame que jeconnois estre bonne, et ne puisle lu y souhaitter le très désirable amour de la généreuse perfection, me ressouvenant des larmes que vos yeux respandirent, lorsque vous disant a Dieu, je vous desirois a Dieu ; et que pour estre plusa Dieu, vous disiés adieu atout ce qui n'est pas pour Dieu. Je vous asseure cependant, ma très chère Fille, queje suis grandement vostreserviteurenDieu.

GII

LETTRE '

A SAINTE JEANNE FRANÇOISE DB CHANTAL A PARIS

Le Saint lui témoigne son dégoût pour le séjour de la Cour et la condition de courtisan. Il place bien au-dessus de tout cela la vie chrétienne et religieuse.

29 décembre 1619.

Je vous asseure, ma très bonne et très chère Mère, que la veuë des grandeurs de ce monde me fait paroistre plus grande la grandeur des vertus chrestiennes, et me fait estimer d'avoir davantage leur mespris. Quelle différence, ma très chère Mère, entre cette assemblée de divers pretendans

1 C'est la 505« de la collection-Biaise, et la 62e [al. 58^) du livre Vides anciennes éditions.

(car la Cour est cela et n'est que cela), et l'assemblée des âmes religieuses, qui n'ont point de prétention qu'au ciel ! 0 ! si nous sçavions en quoy consiste le vray bien ^ !

Ne croyés pas^ ma très chère Mère, qu'aucune faveur de la Cour mepaisse engager. ODieu ! quec'est chose bien plus désirable d'estre pauvre en laMaysonde Dieu, que d'habiter dans les grands palaisdes Roys^ ! Je faisyci leNovitiat de la Cour ; mais jamais je n'y feray profession, Dieu aydant. La veille de Noël, je preschay devant la Reyne aux Capucines, où elle fit sa communion ; mais je vous asseure que je ne preschay ni mieux^ ni de meilleur cœur devant tous ces Princes et Princesses, que je fay en nostre pauvre petite Visitation de Nessy.

0 Dieu I ma très chère Mère, ilfautbien mettre son cœur en Dieu^ et ne point jamais l'en oster. Ilestluy seul nostre paix, nostre consolation et nostre gloire : que reste-il sinon que nous nous unissions de plus en plus a ce Sauveur, afin que nous portions bon fruit ^ ? Ne sommes-nous pas bien heureux, ma chère Mère, de pouvoir enter nos cœurs sur celuy du Sauveur, qui est enté sur la Divinité ? Car ainsy cette infiniment souveraine essence est la racine de l'arbre,

* Tout ce commencement n'est que la répétition de ce qu'on a déjà lu dans la lettre du 18 septembre ; ce qui nous porte à croire que l'une de ces deux lettres a été interpolée, ou, ce qui est assez vraisemblable, que madame de Chantai, sous les yeux de laquelle a pu être composée l'édition de 1626, où se trouve rapportée seulement la lettre du 29 décembre, avoit jugé à propos, tout en supprimant les détails personnels que contient la lettre du 18 septembre, d'en détacher du moins la réflexion morale qui s'y trouvoit, pour la publier dans celle-ci.

^ Elegi abjectus esse in domo Dei mei, magis quam babitare in tabernaculis peccatorum. Ps. LXXXIIJ, 11.

3 Ego sum vitis vera... manete in me, et ego in vobis. Sicut palmes non potest ferre t'ructum à semetipso, nisi manserit in vite ; sic necvos, nisi in me manseritis. Ego sum vitis, vos palmites : qui manet in me, et ego in eo, hic fertfructum multum ; quia sine me nihil potestis facere. Joan., XV, 1, 4 et 5.

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