A M. MONTENET, PROCUREUR FISCAL A SALINS
Marques d'amitié et de considération particulière.
Annecy, 21 mars 1620.
Monsieur,
Cette bonne Seur Jeanne m'a souvent dit que vous conserviés tous-jours quelque souvenance de moy, continuant a me faire ainsy que vous me promistes la dernière fois que j'eus le bien de vous voir. Et j'ay un si grand playsir de sçavoir cela, que je n'ay pas voulu laisser partir cette Seur Jeanne sans luy donner ce billet, par lequel je vous remercie de tout mon cœur, et vous asseure que réciproquement je vous honnore passionnément, et voudrois bien estre si heureux que de vous rendre quelque service. Mais cependant je vous souhaitte toute sainte bénédiction, et a Madamoyselle Montenet vostre femme, que je salue cordialement; et suis. Monsieur, vostre très humble, etc.
^ Tirée du monastère de la Visitation de la ville de Salins. C'est la 527e de la collection-Biaise.
GXXI
LETTRE
A LA MÈRE FAVRE, A LYON
Embarras du saint évêque pour trouver des sujets propres à former les nouveaux établissemenls de l'ordre de la Visitation.
27 mars 1620.
Ma très chère Fille,
Ce garçon est venu en un tems auquel je n'ay pour tout sceu le depescher que ce matin 27dQmoys,accablé,je vous asseure, d'affaires si pressantes^ que je n'ay pu m'en eschapper. Je vous supplie de donner seure adresse aux lettres de Paris, et de recommander a nostre Seur de Moulins celle de Bourges qui importe a la Supérieure de ce lieu-la. Quant a Clermont, je trouve vostre response toute bonne, puisque vous avés des filles pour fournir cette mayson-la. Mais y auroit-il encor outre cela une fille pour estre supérieure ou maistresse des novices? car je voy que de toutes partz on demande des maysons : et voyla que celle de Turin se va dresser^ où il en faudra bien, tant pour la qualité du pays que pour satisfaire a Madame. Or, Dieu fera des filles^ quand il les devroit tirer des pierres, et donnera l'esprit de gouvernement a mesure qu'il voudra multiplier les maysons. Ma très chère Fille, je suis uniquement vostre. J'ay grand désir de sçavoir ce que Monseigneur l'Archevesque fera pour l'exécution du Bref Apostolique, et espère que l'humilité et douceur ne vous manqueront pas en toutes occurrences. Je salue chèrement nos Seurs, et très uniquement vostre cœur, ma très chère Fille. Amen.
* Tirée du monastère de la Visitation de la ville de Rouen. C'est la 528e de la collection-Biaise.