‹ Œuvres complétes Volume 11Chapitre 7 sur 106 · DE PROFESSION RELIGIEUSE DE LÀ BARONNE DE THORENC · texte numérisé non relu

DE PROFESSION RELIGIEUSE DE LÀ BARONNE DE THORENC

7 septembre 1617.

Marie Aymée de Rabutin, fille de nostre mère, et vefve de Bernard de Sales, baron dudit lieu et deThorenc, après mille et mille souhaitz d'estre receue dans la congrégation de céans, estant tombée malade, et saisie d'un soudain accident en cette mayson, pleyne d'une nompareille résignation, d'une rare douceur^ et d'une profonde humilité avec un esprit extrêmement tranquille, d'une parole extrêmement distincte, suave et claire, après avoir fait sa confession et receu l'absolution sacramentelle, demanda l'habit de la Visitation, qui luy fut accordé pour la grande dévotion qu'elle avoit tesmoignée ; et ayant receu la sainte Extrême onction, requiert de pouvoir faire les vœux ; ce qui luy ayant esté aussi concédé, elle les fit d'un courage nompareil, et troys heures après elle expira, ayant continuellement, jusques au dernier soupir, prononcé très suavement et dévotement le mot de Vive Jésus ! Elle fut admise a l'habit et a la profession par son Evesque, frère de son feu mary, par sa mère, supérieure de la congrégation^, et par toutes les seurs qui furent présentes a son dévot et aimable trespas, le VI septembre 1197 : car ce jour-la elle tomba en cet accident mortel a huit heures de nuict ; a

* Ecrit de la main de Saint François de Sales, parmi les registres mortuaires du monastère de la Visitation Sainte-Marie d'Annecy; extrait des notes mises à la suite des mémoires de la mère de Ghaugy, page 523, édition de Paris, 1842.

neuf, ellefutreceual'habit; a dix elle fit profession, et entre une et deux heures après minuict le septième jour dudit moys, quiestoit la veille de la Nativité de nostreDame, elle passa a une meilleure vie, laissant un rare exemple dedevotion et une consolation spirituelle incomparable, a ceux qui d'ailleurs marris de son decés, en virent et admirèrent les pieuses circonstances.

François, Evesque de Genève^

qui confessa, communia, donna l'Extrême onction, et admit les vœux de cette aymable seurtrespasséeeagée de dix neuf aus, deux moys et six jours.

Seur Jeanne Françoise Fremiot, Supérieure.

LETTRE

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