‹ Œuvres complétes Volume 11Chapitre 8 sur 106 · A MADAME DE MONTFORT, SA COUSINE · texte numérisé non relu

A MADAME DE MONTFORT, SA COUSINE

Le Saint la console sur la mort du baron et de la baronne de Thorenc.

Septembre 1617.

Mon esprit ne peut cesser de penser a vous, ma très chère cousine, ma Fille, et ne voudroit faire autre chose que de vous parler en la façon qu'il peut^et ne sçait néanmoins que vous dire, estant, comme le vostre, encor tout estonné; sinon, ma très chère Fille, que le divin espoux de nos âmes veut que nous regardions tous nosevenemens dans le sein de sa céleste providence, et que nous jettions nos affections en l'éternité, oii nous nous reverrons tous, pour ne jamais plus estre séparés.

* C'est la 403e de la collection-Biaise, et la 72^ (al. 70«) du livre V des anciennes éditions.

Oh ma Fille! pourqiioynoussommes-nousjamaisasseuréset confiés en la vanité de cette vie périssable? Nos prétentions sont au delà, où il faut donq lancer nos affections. En somme, nous voyla, ma très chère Fille, au vray essay de la fidélité que vous devés a Dieu, au^quel vous avés si souvent resigné toutes vos adventures. Ma très chère Cousine, tenés vostre cœur en haut, et mettes le sacré crucifix sur vostre poictrine, affin qu'il accoise vos sanglotz et souspirs. Soyés bien toute sienne, et croyés-moy, il sera tout vostre. Pour moy, je ne puis pas dire plus que jamais ; s'il se pouvoit dire, certes, je dirois qu'inséparablement, plus que jamais, je suis tout vostre, sans condition ni reserve.

LETTRE

Page 1