A UNE GRANDE DAME
Le Saint la remercie de la protection et des faveurs qu'elle avoit accordées aux religieuses de son institut, et la prie de les leur continuer après le départ de la mère de Chantai.
Annecy, 23 janvier 1622.
Madame,
Puis que non une seule rayson^ mais plusieurs bien justes et urgentes retirent la bonne mère Supérieure de la Visitation sainte Marie de Paris a Dijon, et de deçà, il est bien raysonnable que je vous remercie, ainsy que je fay très humblement, des consolations et faveurs qu'elle a recueillies de vostre continuelle charité : vous suppliant néanmoins de les luy continuer en la personne de cette trouppe de filles qu'elle laisse la pour le service de la gloire de Dieu, qui est tout vostre amour, et duquel la providence a préparé vostre cœur pour estre le refuge et la protection des petites servantes de son filz, qui en sont d'autant plus nécessiteuses, que l'eage et l'imbécillité de leur establissement est plus tendre et sujet a la contradiction.
J'espère que l'humilité et la connoissance de leur petitesse les conservera, non seulement en la grâce de Dieu, mais aussi en vostre bienveuillance, Madame ; et que parmi tant d'autres âmes plus relevées et dignes de vostre faveur, que vostre pieté appuyé de son zèle, elles aussi en leur rang vivront a l'abry de vostre debonnaireté, laquelle se souviendra que son mirouer et son exemplaire
1 G'estla 606« de la collection-Biaise, et la 12e [al. 7e) du livre VI des anciennes éditions.
et patron ayme plus tendrement les petites gens basses et infirmes^ ouy mesmes les plus jeunes petitz enfans, pourveu qu'ilz se laissent sousmettre a ses mains, et prendre entre ses bras : et pour moy, je vous supplie de m'advouer, comme je le suis de toute l'affection de mon cœur, vostreetc.
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LETTRE