HECUEIL DE QUELQUES POINTS. XVII
de ces grandes occasions de désunions, parce qu'il n'y a que le péché mortel qui nous désunisse de Dieu. Le véniel fait seulement une petite ouverture entre Dieu et nous, et par le sacrement de confession nous remettons notre ame en son premier état.
L'on peut commettre en confession quatre grands manquements ; le premier, quand on y va plutôt pour se décharger que pour plaire à Dieu, l'on est si satisfait quand on a bien dit ses raisons, mêlant le défaut des autres pour nous mieux faire entendre. Et c*est par cette voie que les péchés se commettent bien souvent en confession.
Le deuxième, c'est quand on va dire au confesseur de beaux discours agencés de belles paroles , raconter une grande histoire pour se faire estinacr, et croire que Ton est bien éclairé , faisant semblant d'exagérer les fautes ,et par ce moyen d'une bien grosse, Ton fiiit tant qu'elle est bien petite, et qui ne donne pas connoissance au confesseur do l'état de l'ame.
Le troisième manquement est que l'on y va avec tant de fmesse et couverture, qu'au lieu de s'accuser l'on s'excuse par une grande recherche de soi-même, craignant que l'on ne voie la totalité du défaut , cela est très dangereux qui le feroit volontairement.
Le quatrième est qu'il y en a qui se satisfont h exagérer leurs fautes, en faisant une grande d'une petite , tout cela est très mal; je voudrois que l'on procédât simplement et franchement, purement pour Dieu, avec une vraie détestation de ses fautes, et entière volonté de s'amender.
Il faut discerner en s'accusant les petites obéissances d'avec les importantes; les choses d'ordonnances d'avec celles de conseil, car les confessions doivent être tellement nettes et entières que rien plus. Il faut dire les choses comme elles sont, et ce qu'elles sont ; si l'obéissance où vous avez pianqué est à'ia)poi:taace , dites quelle elle est tout