XLII PREFACE
corps net des crasses que le hasle et les sueurs salées et adultes produisoient, et les autres pour la santé, qui certes est grandement aydée de la nelielé.
Pline note(i) que Carmîs, médecin marseilloîs, renversa toute la melhode des autres médecins, et qu'entre auti*es choses, il ostoit l'usage des bains chauds, et faisoit des bains d'eau froide, et qu'il avoit veu des sénateurs, mesmé en plein hyver, grincer des dents dans ces bains froids. Saint Augustin mesme racontant l'ennuy extresme qu'il eut du trépas de sa inere, dit : « Que pour s'en alléger, il alla « aux bains, ayant appris qu'ils estoient appeliez par les « Grecs d'un nom qui temoignoit leur efficace | chasser « l'ennui et la mélancolie. » (2) Donc ce n'est pas merveille s'il les permet aux sœurs, selon que la coutume de ce païs là, et le conseil des médecins le requeroit : puis que principalement il advertit si soigneusement qu'on n'en use pas pour plaisir, ains seulement ou pour la netteté ou pour la santé. Certes saint Polycarpe, disciple des apostres, au récit de saint Irenée, a témoigné, que le glorieux saint Jean evangelistc entrant en un bain h Ephese pour se laver, et y trouvant Gerinthus hérésiarque, dit h ceux qui estoient avec luy: « Relirons-nous, hastivement d'icy, de peur que nous « ne soyons accablez de la cheute de cette étuve, en la- « quelle est Tennemy de la vérité. » Ge grand disciple bien aimé de notre Seigneur, ne faisant donc point de difficulté d'aller aux bains, qui pourra, je vous prie, censurer la douceur de saint Augustin, s'il en permet l'usage aux sœurs de son ordre ? Je voy que quelques uns ont attribué cette action de saint Jean a une spéciale inspiration, comme s'il fust allé aux bains pour avoir sujet de dire la célèbre parole qu'il dit contre Cerinlbus ; et je voy quant et quant ce sentiment mérite voirement de n'estre pas méprisé, à cause du crédit que les auteurs d'iceluy ont justement rae-
(i) Lib, 29, c, I. - (2) Lib. 9 Conf. c, pehuU.