‹ Œuvres complétes Volume 3Chapitre 114 sur 135 · DE LA VISITATION · texte numérisé non relu

DE LA VISITATION

gnîons charitablement de luy, non de nous avoir oste' ce qui sembloit estre nostre ( car nous n'avons rien à nous , et les biens spirituels le sont encore moins que les autres , parce qu'ils doivent estre plus communiquez); maià d'avoir soustrait ces Entretiens d'une telle sorte, que les tirant avec peine, il a este' impossible qu'il ne les ait mis en pièces , et qu'il ne les ait donnf's par lambeaux , comme il les avoit pris ; et mesmes que cr^ sont des copies recopiées plusieurs fois par de:^ Filles , lesquelles y ont adjousté quantité' de petites choses ramassées , par cy, par là , qui avoient esté dites à des particidieres , mais non comme le Bien-heureux les a dites , faute de mémoire. Ensuite dequoy , celuy qui les a soustrait, a esté contraint de substituer en la place de ce qui luy manquoit, beaucoup de choses estrangeres, qu'il a adjoustées pour la liaison du discours , lesquelles ont apporté un si grand changement à l'ouvrage, qu'à peine est-il recognoissable , ainsi qu'il sera aisé de remarquer par la conférence des deux ini" pressions. Il a esté donc nécessaire {nos très-cher es Sœurs) de communiquer ces Entretiens, premièrement à ceux de qui nous dépendons y et de qui nous devons prendre conseil, et lesquels ont pris la peine de reparer les défauts qu'ils avoient contractez entre nos mains ; puis de les mettre en lumière, et les donner au public en la forme qu'ils doivent estre , pour pouvoir véritablement porter le nom des Entretiens de nostre bien-heureux père. Petit-estre y trouverez-vous quelques choses qui sont si particulières pour nos maisons , que vous jugerez n' estre pas à propos de les publier si librement, l'esprit du monde n'estant pas tousjours disposé à recevoir les escrits de pieté avec la simplicité et la révérence qu^ leur est dette. Neantmoins , ayant tousjours esté un des salutaires conseils et désirs de nostre bien-heureux Père, Instituteur et Fondateur, et qu'il nous a déclaré dans Vun de ces Entretiens, que l'esprit de nos maisons fust communiqué au prochain; pour doncques ne le pas frustrer du fruict des sainctes instructions que nous avons recettes , Vobeyssance et la charité veut que nous enfas"

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