TRAITÉ
Pratique pour tout le jour, utile aux personnes qui oonunencent la vie dévote.
Mettes ordre qu'aussi tost que serés esveillée, vostre anie se jette du tout en Dieu par quelque sainte pensée, telle que celle-cy : Comme le sommeil est l'image de la mort , aussi 1* réveil est l'image de la résurrection. c( * Je crois que moji
• Ps. XV, 8. — 2 Ps. XG, 5. — 3 Ps. XXVI, 1. — * Job, XIX, 25, 27.
7. Quoniam verô hujusmodi devotionis actus nonnunquàm noctnnE fragores irapediunt , iis si forte caperer, in custodis Angeli consideratione recreabor, dicendo : Dominus à dextris est mihi , ne commovear; quod de custode Angelo doctores aliqui interpretati sunt. Versunj etiamhunc adducam in memoriara : Scuto circumdabit teveritas ejusi non timebis à timoré nocturno. Utar prastereà sanctis hisce Davidiw verbis : Dominus illuminatio mea et salus mea; quem timebo? Quasi diceretur : Neque sol, neque ejus radii, mea lux praecipua sunt; neque me salvabit societag, verùm ipse solus Deus , qui aequè miJii propitius est aocte ac die.
Rédempteur est est vivant, et qu'en ce dernier jour je ressusciteray. » 0 Seigneur, que ce soit, s'il vous plaist, à»; la vie éternelle : a ceste espérance repose dans mon sein. » Hé ! de grâce , ce ^ donnez vostre dextre à Touvrage de vos ») mains: vous avez compté mes pas, mais pardonnez-moy » mes offenses. » Voyant le jour, passés de la considération de la lumière corporelle à la spirituelle , ou bien de la temporelle à Teternelle, et dites avec David : « ^ 0 Seigneur, en y) vostre clarté nous verrons la lumière, y) Et vous habillant, après avoir fait le signe de la croix , dites tacitement : Revestés-moy , mon Dieu , du manteau d'innocence et de la robe nuptiale de charité. Cela estant fait, occupés-vou s quelque tems en la méditation.
Arrivée que serés à l'Eglise pourouyrla messe, tandis que le prestre préparera le calice et le messel , mettes- vous en la présence de Dieu. Depuis le Confiteor jusques à l'Evangile, produises des affections de contrition; de l'Evangile jusques à la préface , faites la protestation de foy ; après le Sanctus , considérés le bénéfice de la mort et passion de nostre Seigneur; à l'Eslevation , adorés tres-profondement le divin Sauveur, et offrés-le à Dieu son Père ; après l'Eslevation, remerciés-le tres-humblement de l'institution de ce saint sacrement; quand le prestre dira le Pater, recités-le mentaiement en toute dévotion; à la Communion, commur niés- vous réellement ou spirituellement ; après la Communion , contemplés nostre Seii^neur assis dans vostre cœur, et faites venir devant luy, l'un après l'autre, vos sens a* vos puissances, pour ouyr ses commandemens et pour luy pro* mettre fidélité.
Quand vous voudrés le matin sortir de vostre chambra demandés humblement congé et bénédiction à vostre boa ange; le long du jour faites force oraysons jaculatoires; quand l'horloge sonnera , eslevés vostre coeur en disant : Dieu
* Job, XIV, i5. — » Ps. XXXV, iO.
DE SPIRITITALTTÉ. \6\
soît beny, Peternité s'approche; pendant les affaires, regardés souvent la divine bonté , ayés provision de quelques parolles emflammées qui de tems en tems servent de retrem à vostre ame; avant le souper, j'approuve fort un petit de recollection.
Entrés chaque jour de la semaine dévotement dans l'une des sacrées playes ^.^ nostre douloureux et amoureux Sauveur : le dimanche, entrés dans celle du co?té; le lundy, dans celle du pied gauche ; le mardy , dans celle du pied droit; le mercredy , dans celle de la main gauche; le jeudy, dans celle de la main droite; le vendredy, dans les cicatrices de son adorable chef ; le samedy , retournés entrer dans son sacré coslé , afin que par iceluy vous sommenciés et finissiés vostre semaine.
S'il vous advient aucunesfois d'obraettre quelque chose <le ce que je vous ordonne, n'entrés point pourtant en scrupule. Au reste, il faut que vous fassiez tout par amour, et rien par force; il faut plus aymer Fobeïssance que craindre la désobéissance. Je veux que vous ayez l'esprit de liberté , non de celle qui forclost l'obeïssance (car c'est la liberté de la chair) , mais de celle-là qui bannit la contrainte , le scrupule et l'empressement. Je veux que s'il se présente occasion juste ou charitable de laisser vos exercices, ce vous soit une espèce d'obéissance , et que ce manquement soit suppléé par amour. Je veux que vous fassiez tout sans empressement et avec esprit de douceur. Eslevés souvent vostre esprit à Dieu, mesme en faisant les œuvres de Dieu. Embrassés sainctement les mortifications, et recevés les abjections en esprit de résignation. Aymés autant la volonté de Dieu aux sujets qui sontd'eux-mesmesdesaggreables, comme eu ceux qui d'euxmesmes sont aggreables.
m. il