Joseph Duval, commis de la chamhre aux deniers , dépose
Qu'il a connaissance de la maladie de feu M. Gruyn ; qu'elle a
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été longue ; qu'il a tu M. Fako&oet, médecin, auprès du malade; qu'uu jour le sieur Grujn, étant dans le bureau de la chambre aux deniers, M. Gruyn, son frère , garde du trésor royal, yint le soir, et lui dit, autant que le déposant peut s'en souyenir , qu'il ne allait pas se laisser abattre à son mal , et qu'il allait sortir , prendre l'air et yoir ms amis ; qu'un autre jour ledit défont sieur Grujn, ayant mené le déposant chez le sieur Couturier, premier commis de la finance, rue de la Groix-des-Petits-Champs , et ayant youlu monter l'escalier, il fut contraint, après ayoir monté cinq ou six marches, de s'arrêter pour prendre haleine ; que le déposant lui offîritle bras pour lui aider à monter le reste de l'escalier, qu'il ne monta qu'ayec beaucoup de peine , et qu'étatnt entré dans le bureau du sieur Boulogne, ledit défunt sieur Gruyn se plaça sur un fauteuil, où il se mit à pleurer; et que le déposant a ouï dire que sa mabdie était une hydropisie de poitrine; qui est tout ce qu'il a dit sayoir.
9. Jacques Lempereur, ëcuiyery sieur de la Forcicre, ci-devant capitaine au régiment de Piémont , dépose
Que dans le cours du mois de juin 1721, ledit défunt sieur Gruyn avait beaucoup de peine à respirer ; ce qui \t jeta dans une grande mélancolie , tristesse et de mauvaise haweur; ce qui obligea le déposant de lui proposer quelques parties àt pronveàade, et aller dans son carrosse pour se di^j^er, offrant le déposant de lui tenir compagnie , ce qu'il refusa an déposant, en Iw disant qu'il était las et fatigué, quoique le déposant sût qu'il sortait assez souvent pour vaquer à ses affaires; et que dans le noéme temps on ina»da des ntédecins, et que le sieur Falconnet viot chez lui, qui parut fort s'attacher au malade , y dînant, et restant presque uiie partie de la journée; et qu'ensuite on fit venir le sieur Leauté, a^issi médecin , et ces deux médecins lui donnèrent wi régime de vînt» et des remèdes nécessaires pour prévenir la maladie qui ctaK immiaente, et qui dura long-temps, sans un événement Iwureux, et qui obligea les médecihs à demander des consultations, où furent appelés les sieurs Dodart et Helvétius , Sidobré et le fils du sieur Falconnet; et, vers le commencement^^ septembre, le déposant étant auprès dudit malade, il lui dit: Mon ami , les médecins ne connaissent rien à mon mal , je suis plus mal qu'ils ne disent et qu'ils ne croient, et dans ce moment j'ai les bourses enflées ; et se découvrit, et dit au déposant, vois par toi-même; et, le déposant s'étant approché, il aperçut qu'il avait \ine cuisse très-enflée, et qu'ayant mis la main dessus et appuyé un doigt , il s'aperçut que l'endroit où u avait la main et le doigt, ayant enfoncé, il s'aperçut qu'ayant levé la main et le doigt ^ son doigt était imprimé sur la partie
«ùil ayaittouché, et ne s'était point rebouchée, ce qui donna maayaise opinion au déposant de la maladie du sieur Gruyn ; et Jedéposanl ayant rencontré la dameGruyn, sa seconde femme, il lui dit : Madame, M. Gruyn est plus mal qu'on ne pense; le Jaisserez-Tous mourir sans roi r M. Fraguier son gendre? Monsieur, il est trop tard. £t le déposant lui dit : Il n'est jamais trop tard, madame, quand il s'agit de faire une bonne action; etledéposant se retira, et reyint le lendemain et plusieurs jours de suite dans la maison dudit sie«ur Gruyn sans que l'on roulût le laisser entrer , disant cpi'il n'était pas yisible; et le déposant demanda à M. Fraguier, qui logeait dans la même maison du déposant , s'il ayait yu soa beau^père ; il lui dit que non ; qui est tout ee qu'il a dit sayoir.