Antoine Sidobre, mëdecin consultant du roi , dépose
N'avoir vu M. Gruyn qu'en consultation deux ou trois fols dans les mois d'août et septembre 1721 avec AIM. Faiconnet et Leauté , et que lui déposant jugea dans sa cooéultation que ledit sieur Gruyn était hydropique de poitrine à l'occasion d'un embarras dans les reins, et qu'il a ouï dire qu'après l'ouverture du corps la conjecture s'est trouvée véritable ; qui est tout ce qu'il a dit savoir.
6. Urbain Leautë, docteur régent de la faculté de médecine de Paris, dépose
Qu'H est vrai qu'il fut appelé le 2 août 1721 par la dame Gruyi^, qu'il voyait depuis un mois ou environ à l'occasion d'un dévoiement que l'on croyait dangereux, par rapport à la grossesse que l'on soupçonnait; que lui déposant n'a pas une idée claire, à cause du laps de temps, d'avoir trouvé ledit sieur Gruyn à la maison le matin , n'y étant venu que sur les dix heures pour trouver ladite dame Gruyn visible , laquelle , après iui avoir parlé de ses incommodités, requit le déposant de vouloir bien venir le soir sur les six heures ou environ ; il se transporta dans la maison pour examiner M. Gruyn , qu'il trouva avec la voix un peu éteinte et de la toux, étant debout et habillé , et ne faisant pas de cas de son mal. En effet y it n'y avait point de fièvre, point d'enflure aux bras ni aux jambes, ni de difficulté de respirer dans quelques postures qu'il l'ait fait mettre , et par conséquent ne se souvient point d'y avoir vu aucun signe d'bydropisie formée pour lors, ni
dans la poitrine ni ailleurs ; mais que pour être plus assuré des idées qui lui étaient restées dans la mémoire , il s'en est assuré par Texamen des remèdes qui ont été pour lors adminislrés , et il ne trouve danjs les parties de l'apothicaire qu'au 9 d'août une potion d'huile d'amandes douces, et une once de sirop de guimauve ; de plus le déposant se souvient de l'a- Toir fait saigner pour lors, ne pouvant dire si la saignée a été répétée ; mais , au 12 duditmois, il trouva le sieur Gruyn en état d'être purgé avec deux onces et demie de manne , deux onces d'huile d'amandes douces tirée sans feu, d'une once d'eau de fleur d'orange, et douze gouttes d'eau de cannelle orgée, ce qui fait conclure au déposant que , n'y ayant point jusqu'au 5 septembre de remèdes relatifs à l'hydropisie de poitrine, elle n'était pas pour lors encore établie; ainsi qu'il est aisé de le déduire de l'ouverture du corp» dudit sieqr Gruyn , où ont été présens, avec ledit déposant, les sieurs Falconnet père et fils, Leauté, et Berard étant le chirurgien qui faisait l'ouverture. L'original du rapport est entre les mains de M. Fraguier, qui en a donné une copie au déposant ; et se souvient le déposant qu'environ le commencement de septembre, ayant permis et conseillé même audit sieur Gruyn de prendre l'air, il l'avait fait plusieurs fois, et ne l'avait point trouvé, ni madame, à la maison; que l'un de ces jours on 'envoya quérir le déposant à onze heures du soir, «le sieur Gruyn se trouvant très-mal d'une indigestion , pour avoir, à ce que l'on a rapporté, mangé en ville des pêches et des figues le soir. Les accidens qui en survinrent obligèrent ledit déposant de demander du conseil; et il se souvient que le lendemain on lui fit venir les sieurs Faleonnet, Dodart, depuis reçu premier médecin du roi, et autres, avec lesquels il a plusieurs fois consulté jusqu'à la fin de la maladie; laquelle ne s'est absolument déclarée hydropisie de poitrine formée que depuis le 22 septembre ; ainsi qu'il en a conclu par la lecture du procès verbal de l'ouverture du corps ; qui est tout ce qu'il a dit savoir.