‹ Œuvres complétes Volume 5Chapitre 36 sur 54 · CONTRE LES HERETIQUES · texte numérisé non relu

CONTRE LES HERETIQUES

Toute Tancienne Eglise, par tous les lieux du monde, en un parfait consentement d'esprit, avoit tousjours salué la Mère de Dieu de cette salutation angelique : Ave, Maria, gratia plena. Et nos plus proches devanciers, suivant le sacré ton de leurs ayeulz , en une dévotieuse harmonie , chantoient à toutes heures , et en tous lieux : Ave Maria, pensant se rendre tres-aggreables auroy céleste, honnorant ainsi avec grande révérence sa sainte Mère , ne sçachant où rencontrer une manière plus propre pour l'honnorer qu'en imitant les honneurs et respects que Dieu mesme luy avoit décrétés et accommodés selon son bon playsir, pour l'en faire honnorer le jour que sa divine Majesté voulut tant honnorer en cette Sainte Yierge tout le reste des hommes , que de se faire homme luy-mesme. 0 sainte salutation ! ô louanges bien authentiques ! ô riches et discretz honneurs ! le grand Dieu les a dictés, un grand Ange les a prononcés, un grand Evangeliste les a enregistrés , toute l'antiquité les a prattiqués , nos ayeulz nous les ont enseignés.

Mais voicy une chose estrange : vous sçavés que le malin esprit s'estoit saisy de Saul , et que quand David sonnoit de sa harpe , ce malin esprit se retiroit comme vaincu par la douce mélodie de cet instrument : ainsi ce malin esprit , ennemy conjuré de tout accord et union , estant entré en pos- 3ession de certains cerveaux légers , discordans et sans har-

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