‹ Œuvres Completes Volume 6Chapitre 46 sur 145 · A MADAME ROSE BOURGEOIS · texte numérisé non relu

A MADAME ROSE BOURGEOIS

(Tirée de la congrégation du collège Louis le Grand, à Paris.) Il l'exhorte à la réforme de son monastère.

Annessy, le jour de la Sainte Croix, 3 mai 1604, Madame ,

J'ay envoyé à Madame la présidente Brulart, vostre sœur, un escrit que je désire vous estre communiqué ; non pas que celuy que je vous ay donné ne subsiste pour vous et pour ce lems, mais alfîn que vous ayés tousjours plus d'esclaircissement en vostre esprit, à l'avancement duquel je me sens tant obligé, que je ne suis de rien plus désireux en ce monde, non seulement pour cette grande confiance que Dieu vous a donnée en mon endroit, mais aussi pour celle qu'il me donne que vous servirés beaucoup à sa gloire : n'en doutés point. Madame , et ayés bon courage. Je suis infiniment consolé du playsir que vous prenés à lire la vie et les œuvres de la mère Thérèse ^ : car vous verres le grand courage qu'elle eut à reformer son Ordre, et cela vous animera sans doute à reformer vostre Monastère ; ce qui vous sera bien plus aysé qu'il ne fut pas à elle, puis que vous estes Supérieure perpétuelle. Mais tenés la méthode que je vous ay dite , de commencer par l'exemple; et, bien qu'il vous semblera profiter peu aL

1 C'est la 56e ^Q la collection Biaise. • Saiale Thérèse.

commencement, ayés néanmoins de la patience, et vous verres ce que Dieu fera. Je vous recommande sur tout l'esprit de douceur, qui est celuy qui ravit les cœurs et gaigne les âmes. Tenés bon et ferme, en ce commencement, à bien faire tous vos exercices, et preparés-vous auç tentations et contradictions ; car le malin esprit vous en suscitera infiniment, pour empescher le bien qu'il prévoit devoir sortir de vostre resolution : mais Dieu sera vostre protecteur ; je Fen supplie de tout mon cœur, et l'en supplieray tous les jours de ma vie. Je vous prie de me recommander à sa miséricorde, et croire que je suis autant que vous le sauriés désirer, et que je puis , Madame , vostre , etc.

Mon compagnon m'a dit en chemin que vous desiriés Tenir à Saint-Claude , et qu'à ceste occasion j'auray le bien de vous voir. Je vous prie qu'en ce cas là je le sçache avant le tems, affin que je me puisse trouver en lieu et loisir propre à vostre consolation-

ÈDïT'

De saint François DE SALES, évêque et prince de Genève, touchant la procession .solennelle de la Fête-Dieu. (Tiré de la Vie du saint prélat, par Auguste de Sales, livre VI, page 391.)

(Vers le 17 juin 1604.)

Approchant ce sainct jour auquel l'Eglise catholique nosf re mère veut que Ton célèbre avec une solemnité toute particulière le très-haut et vénérable Sacrement de l'Eucharistie , et qu'on le porte en procession par les rues et lieux publics avec toute sorte d'honneur et révérence, à fin qu'elle monstre ouvertement , par une si grande resjouyssance, que la victorieuse vérité triomphe du mensonge et de Fheresie ; il appartient à nous , que le sainct Esprit a establis par Fauthorité du souverain Siège apostolique pour régir et gouverner l'Eglise de Dieu, en laquelle nous sommes, et c'est principalement de nostre charge , qu'en une telle célébrité tout se fasse convenablement et décemment.

* Cet édit fut rendu à l'occasion d'un différend qu'eurent les chanoines de la cathédrale de Genève et ceux de Notre-Dame d'Annecy, pour le pas.

Appetente et jamjam imminente stato illo festo die quo Ecclesia catholica mater nostra prsecelsum et venerabile Eucharistiae sacramentum singulari solemnitate celebrandum, ac «n processionibus reverenter e, rionorilicè per vias et ioea publica circumferendum constituit,ut sic victricem veritatem de mendacio et haeresi triumphum agereextantâiœtitiâpalàm ostêmlat^ nobis^ quos^ asserente supremâ Sede apostolicâ, Spiritus sanclus posuit regere hanc in quâ sumus Ecclesiam^ illud prœcipuilî incumbit cura, ut omnia congrue et decenter in tantâ celcbritate liant et constent.

Mais , parce que toutes les choses qui sont de Dieu sont ©rdonnées (comme dit TApostre escrivant aux Romains) et qu'elles doivent estre toutes faictes honnestement et selon l'ordre (comme il dict escrivaiU eux Corinthiens), certes, cela, doil estre principalement observé en /a sainte Eglise de Dieu, qui doit tousjoui'^ niarcher comme une armée rangée en bataille. Et il ne faut pas croire à tout esprit en Festablis' sèment de cet ordre , mais à cet Esprit sainct qui est espanchè par tout le corps de FEglise , et qui manifeste sa volonté et ses intentions par les conciles , surtout généraux» et par les souverains Pontifes du Siège apostolique , vicaires de Jesus- Christ.

C'est pourquoy par ce présent edict nous ordonnons qu'entre les personnes ecclésiastiques, les Frères de l'Ordre de sainct François Capucins marcheront les premiers, suy vis des Frères Mineurs de sainct François de l'Observance ; après lesquels iront les Frères de l'Ordre de sainct Dominique, et puis les Frères Religieux du sainct Sepulchre , ausquels succédera l'Eglise collégiale de nostre Dame, en laquelle celuy qui laict l'ofEce du Curé adjoustera l'estole à ses autres habits

Verùm cùm omnia quse à Deo sunt ordinata sint, ait Apostolus ad Romanos, et omnia honestè et secundùm ordinem facienda, ait idem ad Corinthios, tùm maxime id omninô servandum est in Ecclesiâ sanctâ Dei ^ quae scilicet procédera semper débet ut castrorum acies ordinata. Neque verô unicuique spiritui in eo ordine statuendo credendum, sed Spiritui iUi sancto, qui per totum Ecclesiae corpus difiunditur, et placita sua per concilia, masimè generalia, ac perSedis apostolicee summos Pontillces Christi vicarios, manifestât.

Quare nos ita per pra^seus edictum slatuimus, ut ocilicet inter ecclesiasticas personas piimi procédant fratres ordinis sancti Francisci capucinorum, quos sequantur fratres ordinis sancti Francisci obseï^ vantium, tùm fcatres ordinis sancti Dominici, posteà fratres sancti Sepulchri, quibus succédât ecclesiâ collegiata beatae Mariai lœtœ, in quâ qui ofiicio curionis fuaifitur^ stolam ad reliquum ôâçrai'um

d'Eglise, et luy tant seulement. En dernier lieu marchera nostre Eglise cathédrale, en laquelle (avec l'aide de Dieu) nous porterons le tres-auguste et Bedoutable Sacrement avec le plus de gravité, de pompe et de magnificence qu'il se pourra faire. Après le sacrement viendront tous les fîdelles de l'un et de l'autre sexe , avec le mesme ordre et solemnité qu'ils ont accoustumé jusques à présent d'assister à ceste procession , selon leur dévotion envers un si granâ mystère.

Or, attendu que cet ordre est selon le Cérémonial Romain et les décrets des souverains Pontifes et du droict commusi, nous commandons absolument, en vertu de saincle obeyssance , qu'il soit exactement observé par tous les ecclésiastiques, tant séculiers que réguliers, sans contradiction et contention quelconque. Qui fera autrement ^ qu'il encoure de faict la peine d'excommunication de sentence laschée ; nonobstant appellation, et sans préjudice des droicts, s'il yen a , et prétentions de l'Eglise collégiale de nostre Dame , que nous voulons et déclarons leur estre conservez, estans prests

vestium ornatum addat, isque solus. Ultimo loco procédât ecclesia nostra cathedrahs, in quà nos, Dec propitio, augustissimum ac Iremendum Sacramentum portabimus, apparatu, quoad lieri poterit, bonestissimo et magnifieentissinio. Post Sacramentum verô veniant omnes utriusque sexûs fidèles eo ordine et apparatu quo bac tenus ^ pro suâ in tantum mysterium devotione, consueverunt buic procesr-ioni interesse.

àtque ordo prœdictus cùm sit secundùm Caeremoniale Romanum , Cl juris communis pontificumque décréta, ut perquàm accuratè ab omnibus ecclesiasticis tàni regularibus quàm saecularibus sine ullâ contentione servetur, in virtute sanctee obedientiai omninô prœcipimus. Qui autem secùs fecerit, excommunicationis latss sententiae pœnam ipso facto incurrat, non obstantibus quibuscumque, amotâ etiam omni appellatione, sine prsejudicio nibilominùs jurium, sa quse sint, et praitentionum ecclesiae collegiatse beatai Mariœ lactœ, quse omnia illi salva esse voluraus et declaramus, parati, ubi de ilii*

de révoquer le présent edict, en tant qu'il leur prejudiciera, aussi test qu'il nous apparoistra d'iceux.

Au reste, en faveur du peuple, et à fin d'accroistre sa dévotion à Teglise parroissiale de sainct Maurice autant qu'il est en nostre pouvoir, nous avons jugé estre à propos d'y célébrer le solemnel office de la messe, qui sera respondu par les deux corps de nostre cathédrale et de la collégiale ; et là , tous seront obligez de s'assembler pour commencer et finir la procession.

constiterit, praesens edictum, quatenùsilli officiât, omninô revocare et irritum declarare.

Ceeterùm in gratiam populi, et ut ejus devotionem erga parœcialem saneti Mauritii ecclesiam, quantum in nobis est, promoveamus^ censuimus in eâ ecclesiâ solemne missse officium à nobis ut par est celebrandum , oui respondebunt omnes tùm cathedralis tùm collegiatae clerici j et ibidem ut omnes ad processionem ineundam et finiendam conveniant.

LETTRE

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