SUR L'IMMUNITÉ LOCALE
(L'original appartient à M. Ange Chigi, à Rome.)
A M. d'Albignès, chevalier de l'ordre de S. A., et son lieutenant gênerai
en deçà des monts.
20 juin 1604.
Monsieur,
Le désir que vous avez que les soldats puissent estre tirés des lieux sacrés pour estre chastiés selon leur démérites , est fort juste et propre à la conservation du bien public. J'ay eu tant de distractions pour ne l'avoir pas voulu permettre, que j'ay bien occasion aussi de mon costé de souhaitter que les lois de l'immunité des églises soient modérées à ce subjet. C'est pourquoy j'ay supplié monsieur le Nonce de m'en faire venir un petit mot de déclaration qui me descharge de leur rigueur, laquelle ce me semble n'est pas sortable en ce tems, ■en ce lieu , en ces occasions.
Je vous supplie, Monsieur, d'avoir aggreable que j'attende, puis que ma condition le requiert, en laquelle je prie Dieu tous les jours pour vous, et suis,
Monsieur,
Vostre serviteur plus humble,
François , Evesque de Genev^.
* C'est la 86» parmi les jjnéditw de la collection Biaise.
19i OPUSCULES