POUR LES RELIGIEUX DE L'ABBAYE DE SIX
(Vers le mois d'août 1604.)
Saint François de Sales ayant été prié par deux chanoines réguliers de l'abbaye de Six, de l'Ordre de Saint-Augustin, située dans le Faucigny, qu'il daignât visiter leur monastère et réformer leurs constitutions, le saint évèque, qui étoit toujours prêt à faire le bien , s'y transporta le â4 septembre 1603, et assembla le chapitre avec Tabbé. Ayant déclaré ses intentions , et les Religieux ayant reconnu le droit qu'il avoit de les visiter et corriger, il ordonna pour 101*8 ce qu'il crut être nécessaire et suffisant, eu attendant que les circonstances lui permissent d'aller plus avant. L'abbé, qui ne s'accommodoit pas de ces règlements, regimba contre lui, et en appela comme d'abus au sénat de Ghambéry, au commencement de l'année suivante 1604. Mais le saint évêque fit si bien valoir ses droits, qu'il en demeura victorieux ; c'est pourquoi , environ au mois d'août , il mit la dernière main à sa réforme par ces règlements, qu'il laissa par écrit.
Les Constitutions suivantes sont tirées de la Vie da S. François de Sales, i^ar M. Maupas, évèqi^^- du Puy, part. IV, chap. IX, sect. ii, pag. 237. Voyez aussi Auguste de Sales, tome 1er, pag. 360-3G3.
Ce Monastère des Chanoines de Saint-Augustin estant sous nostre charge et juridiction, selon la règle sacrée de l'ancien droit ecclésiastique; connoissant que Tabhé et les chanoines désirent passionnément le restablissement parfait de l'observance régulière; nous devons et voulons y travailler, et affermir de tout nostre pouvoir, par l'intervention de nostre autorité ordinaire, un œuvre si favorable. C'est pourquoy, après avoir vu, pesé et examiné toutes choses , nous avons dressé les Ordonnances et Constitutions suivantes.
«Premièrement, nous commandons tres-expiessement que
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fout ce qui a esté marqué en nostre visite soit observé de poinct en poinct.
» 2. Si les novices cy-apres ne sont trouvés capables au bout de leur année , ils seront renvoyés , n'estoit qu'ils ne don» nassent espérance de mieux faire dans quelque temps, efe mesrae dans une seconde année touî, entière, selon qu'ila esté iui?;é dans la Con2;re2:ation des Cardinaux.
y) 3. Désormais on establira un Religieux profez du mesmfr Ordre pour Prieur, et un sous-prieur qui puisse religieusement présider et faire observer exactement la règle , servants d'exemple aux frères , qui luy obeyront comme à leur père. L'on commettra l'un des plus réguliers pour avoir soin des novices ; et tous les jours on leur lira le Catéchisme du Concile de Trente, dont ils rendront compte; et ils seront instruits par un autre Religieux, destiné pour cela, de l'OlBce, des cérémonies, et autres devoirs de leur estât.
)) 4. Tons les Samedis le Prieur, ou le sous-prieur en son absence, tiendra le Chapitre, où l'on lira un article des Règles,, corrigeant les manquements qui seront faicts contre elles, ou, es Offices, ou dans quelques actions et deportements dest Religieux, en joignant des pénitences selon qu'il seraà propos.
» 5. S'il faut faire ou commander quelque chose de grande importance, et qu'il n'y ait point de danger au retardement, le Prieur en conférera avec son Chapitre ; pour les difficultés qui ne pourroient estre résolues par le Prieur ou le Chapitre, on aura recours à l'Evesque.
» 6. Tous les Religieux prendront leur réfection en commun. On fera la lecture tout le long du repas, d'une voix claire et intelligible, en observant les pauses, pour donner lieu de faire application à ce qu'on lit.
» 7. Il n'y aura point dans le Monastère de livres sans la licence du Prieur, qui prendra garde de n'en point recevoir de ceux qui sont défendus par FEglise, ou de science curieùge et inutile; mais un nombre suffisant de spirituels, des cas de
conscience, et de Théologie. Les Religieux liront et est ront tous les jours au temps que la Règle l'ordonne .
)) 8. L'on prendra garde que te us les bastiments conformes à Tobservance régulière.
)) En fin nous asseurons de la bénédiction et protection de Dieu tous ceux gui embrasseront et pratiqueront avec amour ces Ordonnances, que le seul àesïr du règne de Dieu en vous, et l'amplification de sa gloire, me fait vous donner; espérant qtie par l'accompli ssement d'icelles, cette famille religieuse reprendra sa première splendeur, et respandra partout la souëfve odeur dont elle a parfumé autrefois tout le pays. C'est la grâce, ô mon Dieu, que j'attends de vostre miséricordieuse bonté, que je vous demande de toute l'estendue de mes affections, pour ces âmes et pour celles qui doivent leur succéder. »
1° Il s'enquesta des droicts et de leurs tiltres, et ordonna tout ce qui estoit nécessaire pour cela ; et en suitte , du nombre des Religieux, qu'il voulust estre de douze, selon l'ancienne institution.
2° Il ordonna que l'on reciteroit le divin Office selon l'usage du tres-sainct Concile de Trente, tant en particulier que publiquement au Chœur; que les pseaumes penitentiaux , à cause de la coustume, pourroyent estre recitez devant l'office du jour ; mais toutesfois que personne n'y seroit obligé dehors du Chœur , sinon en suitte des rubriches du Bréviaire de Trente ;
3'' Que tous les jours on celebreroit pour le moins quatre messes, et quelques autres certains, cinq.
Il treuva en l'autel, auprès des formes, de vieilles images toutes rongées et vermoluës, qu'il fîst oster et brusler en un lieu honneste dans les cloistres
4° Que les murailles du Monastère , tout premièrement nécessaires pour la discipline religieuse, seroyent refaictes et lermées de deux portes tant seulement; cependant, que les
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femmes n'*entreroyent point dans l'enclos de TAbbaye, ou marques des murailles rnynées ;
5° Qu'il ne seroit permis à aucun des Religieux , sous quelque prétexte que ce fust, de sortir désormais de PAbbaye sans le con2:é du Prieur, ny au Prieur sans avoir au preallabe adverty le plus ancien Religieux , quoy qu'il ne fust pas tenu de luy demander permission , ou de la prendre de luy.
Il attendit d'ordonner de r'establir la table commune quand le Monastère auroit les moyens nécessaires pour cet effect , comme aussi de faire le vœu exprés quand on seroit d'accord des constitutions, qu'il leur bailla depuis tresaainctes.
LETTRE
A MADAME l'aBBESSE DU PUITS-d'oRBE.
Conseils sur quelques exercices religieux à l'usage des communautés de femme?, sur les réformes qu'une abbesse peut introduire, et les pratiques ••qu'elle doit faire observer, etc.
A Sales, le jour de Saint-Denis, 9 octobre 1604.
Madame ,
J^ay longuement retenu vostre laquais Philibert; mais c'a esté parce que je n'ay jamais eu un seul jour à moy, encor que je fusse aux champs; car la charge que j'ay porte tout par tout son martyre avec soy, et ne puis pas dire qu'aucune fjeule heure de mon temps soit à moy, sinon celles auxquelles je suis à l'Office : tant plus desiré-je d'estre tres-estroitement recommandé à vos prières.
Je vous envoyé , ma chère fille ( et voila le mot que vous voulez, et que mon cœur me dicte), un escrit touchant la façon de faire l'orayson mentale , qui me semble la plus aisée et utile. Je vous y ay mis quelques exercices et des oraysons jaculatoires. Cela suffira bien pour enseigner la forme qu'il faut tenir à passer la jourk-Ce. Je désire que vous la communiquiez à madame la présidente ^, vostre seur, ef à madame de Chantai; car je pense qu'elle leur sera utile.
Quant à la matière de vos méditations, je désire que pour r ordinaire ce soit sur la vie et mort de nostre Seigneur; car ce sont les plus aisées et les plus profitables.
t Tirée du monastère de la Visitation du Puits-d'Orbe. C'est la 6 S» de la collection Biaise.
> Madame BrularU
DE S. FRANÇOIS DE SALES. i99
Les livres que je vous conseille , ce sont Bruno , Jésuite ; Capidia , Chartreux ; Bellintany , Capucin ; mais sur tout Grenade, a^i Vray Chemin ', pour le commencement. Bruno et Capi-lia vous pourront servir pour les festes et dimanches, les autres deux le long de l'année. Mais quoy que fous voyiez ces auteurs qui sont excellents , ne vous départez pomt de la forme que je vous ay envoyé \
Faites tousjours l'entrée de Torayson en vous mettant en la présence de Dieu, Truvoquant et proposant le mystère ; et après les considérations , faites tousjours les actes des alfections , non pas de toutes , mais de quelques-unes , et les resolutions ; après cela l'action de grâces , Toffre , la prière ; enfin lisez bien le petit mémorial que je vous envoyé , et le
pratiquez.
Quant à la méditation de la mort , du jugement et de l'enfer, elle vous sera fort utile ; et vous en trouverez les matières en Grenade , bien au long. Mais , ma fille, je vous prie que toutes ces meditations-là des quatre fins se finissent toutes par l'espérance et la confiance en Dieu, et non pas par la crainte et l'eifroy; car quand elles finissent par la crainte, elles sont dangereuses, sur tout celle de la mort et de l'enfer, il faut donc, qu'ayant considéré la grandeur des peines et reternilé , et vous estant excitée à la crainte d'icelles , et fait resolution de mieux servir Dieu, vous vous représentiez le Sauveur en Croix , et , recourant à luy les bras estendus , -A^ous l'alliez embrasser par les pieds, avec des acclamations intérieures pleines d'espérance : O port de mes espérances! ahlvostresanrj me garantira ; je suis vostre, Seigneur, et vous me sauverez %• et retirez-vous en cette affection, remerciant nostre Seigneur de son sang , l'offrant à son Père pour vous délivrer, et le priant qu'il vous l'applique. Mais ne îaillez pas à tousjours finir par l'espérance , autrement vous
C'est sans doute la Guide des pécheurs.
Tuus sura ego, salvum nae lac. Ps. GXVillj 84
ne retireriez nul profit de telles méditations : et tenez cette règle perpétuellement, que jamais vous ne devez linir vostre crayson qu'avec confiance; car c'est la vertu la plus requise pour impetrer de Dieu , et celle qui l'honore le plus. Vous pourrez donc faire ces méditations des quatre fins tous les trois mois une fois, et ce en quatre jours.
Pour l'ordre de prier la journée , il me semble de vous avoir assez eclaircie en ce petit mémoire que je vous envoyé. Je vous le diray néanmoins icy un peu plus particulièrement.
Sçachant que vous estes fort matineuse, je dis que le matin , estant levée , vous devez faire vostre méditation et l'exercice du matin, que j'ay appelé préparation, à la charge que le tout ne durera au plus que trois quarts d'heure , ne désirant pas que la méditation et l'exercice arrivent à une heure. Apres cela vous pouvez disposer de vos affaires dé ce jour-là , jusqu'à l'Office s'il y a du temps.
A la Messe, je vous conseille plustost de dire vostre chapelet qu'aucune autre prière vocale; et, le disant , vous le pourrez rompre quand il faudra observer les points que je vous ay marquez, à l'Evangile, au Credo, à l'Eslevation, et puis reprendrez où vous aurez laissé ; et ne doutez nullement qu'il n'en sera que mieux dit pour toutes ces interruptions ; et si vous ne le pouvez achever à la Messe , ce sera à quelque heure du jour, et ne sera besoin que de poursuivre où vous aurez laissé.
Au repas, j'approuverois que vous observassiez de faire dire le Benedicite, et les grâces ecclésiastiques qui sont à la fin du Bréviaire; et cela vous pouvez introduire au niesme temps que vous introduirez le Bréviaire de Trente ^ ou devant, s'il vous semble; et petit à petit faire que chaque dame le dise à son tour ; car l'Eglise ne l'a pas fait mettre , sinon afin que nous l'observions. Estant à Annecy, je l'observe tousjours.
Un petit devant le souper, il vou3 ^«i-oit fort utile dft
ST. MIOHAEL'S COLLEGE
prendre un demi-quart d'heure de recueillement à remasclier la méditation du matin , sinon qu'à cette heure-là l'on dist Complies au Monastère.
Le soir avant que d'aller coucher, j'approuve que si l'église n'est point esloignée de vos chambres, ni trop incommode , vous y alliez toutes ensemble ; et qu'y estant arrivées e* mises à genoux , et en la présence de Dieu , la semainiere fasse l'office do l'examen de conscience , en cette sorte : Pater noster, et dire secrètement le reste ; Ave Maria , et Credo , et à la fin , carnis resurrectionem , vitam œternam. Amen. Puis toutes ensemble le Confîteor jusqu'à meâ culpâ, et s'arrester un demi-quart d'heure à faire l'examen , puis achevez le meâ culpâ , et le reste ; Misereatur et Indulcjentiam : après cela les litanies de nostre Dame ; et après , l'orayson de nostre Dame , ou celle qui est après , Visita , quœsumus, Domine, habitationem istam, et ce qui s'ensuit; les autres respondent, Dormiam et requiescam. v. Benedicamus Domino, r. Deo gratias. v. Requiescant in pace. Et dés cette heure-là que chacune se retire à sa cellule , après s'estre entre-saluées toutes ensemble.
Au demeurant, ma chère Dame, sur tout il faut que vous la première teniez un ordre, non seulement pour les OlFices, mais aussi pour s'aller coucher et lever ; autrement vous ne pourrez pas continuer en santé : et cela s'observe en toutes assemblées. Les veilles du ,soir sont dangereuses pour la teste et l'estomac. Je vous conseillerois que le disner ne fust pas plus tard que dix heures , ny le souper que six , ny le coucher que neuf à dix , et le lever entre quatre et cinq , si quelque complexion particulière ne requière davantage de temps pour dormir, ou n'en puisse pas tant dormir. Mais il faut que , pour n'en pas tant dormir, la cause soit bien reconnue : car entre les filles , il semble que six heures soient presque requises; et voulant faire autrement, on demeurera sans vigueur le long de la journée-.
Ne faites point l'orayson mentale après le disner, si ce n'est pour le moins quatre heures après , ny jamais après souper. Aux jours de jeusne on peut faire collation à sept heures; et pour le regard du jeusne, pour vous, il suffira de commencer par le Vendredy, et vous en contenter pour ^quelque temps, et mesmement parce qu'il faut que vous soyez avec les autres, et qu'il ïiiut les conduire petit à petit.
Estant malade, ne faites pas d'autre orayson que jaculatoire. Ayez soin de vous , obeyssant soigneusement au médecin , et croyez que c'est une mortification agréable à Dieu , et quand vos seurs le seront, soyez fort afFectionnée à les visiter, secourir, et faire servir et consoler. Mesme s'il y en a de maladives , montrez-leur une tendre compassion , les dispensant aisément de leur charge de l'Olïîce, selon que vous jugerez convenable, car cela les gagnera infiniment.
Pour le regard des communions et confessions , je trouve bon que ce soit tous les huit jours, et que le soir du samedi, vous ajoustiez au Visita l'orayson du saint Sacrement.
Je vous envoyé un petit formulaire de Confession , que j'ay dressé exprés pour vous. Je n'y mets pas tout, mais seulement ce que j'ay cru à propos pour vostre instruction. Yous pourrez le communiquer à mesdames Brulart et de Chantai , et aux Religieuses que vous verrez disposées à en faire profit. Je n'ay pas icy les livres qui en traitent, et peut-estre le disent-ils mieux que nioy : mais il n'importe; si vous le trouvez ailleurs , tant mieux.
Quant à la reformation de vostre Maison, ma chère fille , il faut que vous ayez un cœur grand , et qui dure. Je vous vois dedans sans doute , si Dieu vous donne sa grâce et quelques années de vie. Ce sera vous qui serez employée de la divine Providence à cette sacrée besogne, et sans beaucoup de peines. Cela me plaist que vous estes peu de tilles. La multitude engendre confusion. Mais comment commencerezvous ? Yoicy mes pensées.
DE S. FRANÇOIS DE SALïïS. 203
L'exacte reformation d'un Monastère de filles consiste en l'obédience bien observée, la pauvreté et la chasteté. Il vous faut bien garder de donner ny peu ny prou aucune alarme de vouloir reformer; car cela feroit que tous les esprits chatouilleux dresseroient leurs armes contre vous , et se roiiiroient. Savez-vous ce qu'il faut faire? Il faut que d'ellesmesmes elles se reforment sous vostre conduite , et qu'elles se lient à Fobeyssance et pauvreté. jMais comme quoy? Allez de loin en loin, gagnez ces jeunes plantes qui sont là, et leur inspirez l'esprit d'obeyssance ; et pour ce faire , usez de trois ou quatre artifices.
Le premier, c'est de leur commander souvent, mais des choses fort petites, douces et légères, et ce devant les autres; et puis là-dessus les en louer modestement , et les appeler à Tobeyssance avec des termes d'amour : Ma chère seur, ou fille, et semblables; et plustost leur dire avant que de le faire : Si je vous prie de cecy ou de cela, le ferez-vous pas bien pour l'amour de Dieu ?
Le second , c'est de leur jeter devant des livres propres à cela , et entre autres il y en a trois admirables que je vous conseille d'avoir, et quelquefois leur en lire à part les points les plus sortables. Ce sont Platus , Du bien de restât religieux^ lequel est imprimé en françois à Paris ; Le Gei^son des Religieux, composé parle Père Pinel, imprimé à Lyon et à Paris : La Désirant , ou Trésor de Dévotion, imprimé à Paris et à Lyon. Item , parler souvent de l'obédience , non ■pas comme la désirant d'elles , mais comme désirant de la rendre à quelqu'un. Par exemple : Mon Dieu î que les Abbesses qui ont des Supérieures t^ai leur commandent, ou bien des Supérieurs, sont bien plus aises ! elles ne craignent point de faillir, toutes leurs actions sont bien plus agréables à -Dieu ; et semblables petites amorces.
Le troisième , c'est de commander si doucement et araiablement, qu'on rende l'obej^ssance a^^mable; et, après qu'elles
vous auront oLey,adjouster : Dieu vous veuille recompenser de cette obeyssance ! et ainsi vous tenir fort humble.
Le quatrième, c'est de faire profession vous-mesme de ne vouloir rien faire que par l'advis et conseil de vostre père spirituel , auquel néanmoins vous n'attribuerez nullement aucun tiltre de commandement, ny à ce que vous ferez par sa direction aucun tiltre d'obeyssani"3 , de peur d'exciter «{les contradictions , et que les malins ne suscitent des jalousies en Tesprit de ceux qui sont Supérieurs de vostre Monastère, car cela gasteroit tout , et je suis expérimenté en de semblables accidents , pour les avoir vus arriver en France ^ en des Monastères où il n'y a pas eu peu de peine d'apaiser ces orages.
J'en dis de mesme de la pauvreté : il faut les y conduire petit à petit; en sorte qu'inspirées en cette douce façon, dans quelque temps toutes leurs pensions soient mises ensemble en une bourse , de laquelle on tirera tout ce qui sera nécessaire , esgalement et à propos , selon la nécessité d'une chacune, comme il se fait en plusie irs Monastères de France que je sçay. Mais sur tout il ne faut donner nulle alarme de tout cela, ains les y conduire par de douces et souefves inspirations, à quoy aussi serviront les livres susdits.
Quant à la chasteté , ii faut commencer ainsi : tesmoigner vous-mesme que vous n'estes jamais si contente que quand vous estes seule avec elles ; qu'il vous semble que c'est la plus grande consolation d'estre ainsi en vostre conversation particulière entre vous autres seurs; que vous voudriez que chacun demeurast en son lieu , les mondains chez eux , et vous avec elles ; qu'aussi bien les mondains ne viennent aux Monastères que pour en tirer ou pour faire des contes çà et là ; ^t semblables petites inspirations ; mais que ce soit en sorte qv\'il semble que vous ne le dites que pour vostre particulier ; et vous verrez que petit à petit elles seront bien aises de retrancher ks sorties au monde et les entrées des
mondains : et en fin un jour (il suffira bien si c'est après une année, voire deux), vous ferez passer cela en coniititution et en ordre ; car c'est en lin la gardienne de la chasteté , que la closure.
.le me console de sçavoir que presque tout est de jeunesse; car cet aage est propre à recevoir les impressions. Au Monastère de Montme.:Hre , près Paris , les jeunes , avec leur Abbesse encore plus jeune, ont fait la reformation.
Quand vous rencontrerez des difficultez et des contradictions , ne vous essayez pas de les rompre ; mais gauchissez dextrement , et pliez avec la douceur et le temps : si touteâ ne se disposent pas , ayez patience, et avancez le plus que vous pourrez avec les autres. Ne tesmoignez pas de vouloir vaincre ; excusez en Tune son incommodité , en l'autre son aage ; et dites le moins qu'il vous sera possible que c'est faute d'obeyssance.
Mais, dites-moy , eslimez-vous peu ce que vous avez desja fait pour rOlFice , pour le voile, et semblables choses? Seigneur Jésus! Nostre Seigneur demeura trois ans et demy à former le Collège de ses douze Apostres , encore y avoit-il un traistre et beaucoup d'imperfections quand il mourut. Il faut avoir un cœur de longue haleine; les grands desseins ne se font qu'à force de patience et de longueur de temps. Les choses qui croissent en un jour se perdent en un autre. Couraue donc , ma bonne fille ! Dieu sera avec vous.
Ma fille , j'approuve la charité que vous voulez faire à cette pauvre créature égarée , pourvu qu'elle revienne avec l'esprit de reconaoissancp et pénitence ; et si elle vient en cette sorte , elle trouvera doux comme sucre et miel , d'estre reculée au dernier rang , et de ne point avoir part aux honneurs de la Maison, jusqu'à ce que les vertus qu'elle pourra faire paroistre en contre-eschange des fautes passées la puissent relever aux autres honneurs, hors mis le rang qu'il est bien raisonnable qu'elle pei-dt? aJ)solument. En particulier,
je suis bien d'advis que vous releviez son esprit avec douceur, et que vous invitiez toutes les Dames à en f:dre de mesme, car l'Apostre dit tout net que les plus spirituels doivent relever les def cillants, en esprit de douceur, quand Hz viennent en esprit de pénitence *. Ainsi faut-il mesler la justice avec la bonté , à la façon de nostre bon Dieu , afin que la charité soit exercée, et la discipline observée.
Je trouverois bon que l'exercice de l'examen ne se fîst qu'une grosse demy- heure ou trois quarts d'heure après souper, et que pendant les trois quarts d'heure on fîst un peu de récréation à deviser honnestement , voire à chanter des chansons spirituelles, au moins pour ce commencement.
Vos jeunes filles doivent estre communiées pour le plus tard à onze ans , présupposant qu'elles ayent la connoissance qu'ordinairement l'on a en ce temps-là. Et la première fois qu'elles communient , il est bon de prendre vous-mesme la peine de les bien instruire de la révérence qu'elles y doivent porter, et de leur faire marquer le jour et l'an en leur Bréviaire, pour en remercier Dieu toutes les années suivantes.
Yoilà , ce me semble, que je vous ay repondu à tout ce que vous me demandiez, Madame ma chère seur. Il me reste à vous dire que sans cérémonie je suis extresmement vostre, et à toute vostre Abbaye, où j'espère voir un jour fleurir de toutes parts la sainte dévotion; en ce que je pourray, je contribueray, et ce que Dieu me donnera d'esprit , et mes foibles nrieres. Je ne manque jamais de vous loger amplement en la mémoire de la sainte Messe ; et croyez que si vous vous desirez prés de moy, je me désire bien aussi prés de vous. Mais nous sommes assez prés , puis que Dieu nous joint au désir de le servir/ Demeurons en Dieu, et nous
* Fratres, et si prœoccupatus fuerit homo in aliquo delicto, vos, qui spkritualesestis, hujusmodi instruite in spiritu lenitatis^, considerans teipsum^ ne.et tu tenteris. Gahj, YXj^l*
gérons ensemble. Je le prie de tout mon cœur qu'il vous fortifie de plus en plus en son amour, avec toutes mesdames vos Religieuses, que je salue, et prie de ne me jioint oublier en leurs oraysons, mais de me donner quelques-uns des souspirs de dévotion qu'elles jettent au Ciel, oii est leur espérance. Amen.
STATUTS SYNODAUX
Publiés par saint François DE SALES dans le synode de l'année 1605, le mercredi de la seconde semaine d'après Pâques, 28e jour du mois d'avril. (Auguste de Sales, liv. VI, pag. AOO.)
La négligence que la plu spart des Ecclésiastiques sousmis à nostre charge a monstrée à robservation de nos premières ordonnances , et la nécessité que nous avons cognu estre au commencement de nostre visite générale , à fin d^obvier aux contentions et disputes qui pourroyent arriver entre les Curez '»t les parroissiens, nous ont poussé à faire ces Constitutions.
Premièrement , nous avons ordonné que les Constitutions par nous faictes au Synode du second d'octobre, l'an mille six cens et trois, seront derechef publiées, mesmes en ce qui est des taverne^ et cabarets, sous quelque prétexte que ce soit, i^our estre observées avec les présentes.
Que tous possedans des bénéfices ayans charge d'ames
Negligentia qimm ex ecclesiasticis nobis subditis, in observandisiis qucG nuper statueramus^ nonnulli . imô plurimi ostenderunt^ et nécessitas quam esse cognovlmus ut initio visitationis nostrge, scilicet controversiis qua^ inler curiones et parœcianos nasci possent caveœmusj ad lerenda hœc statuta compulerunt.
De renovatione priorum statutorum.
Primo igitur slatuimus constitiitiones synodi anni millesimi sexcentesimi tertii, prœserlim vcrô in iis quœ ad cauponas et œnopolia speclant^ ut cum his accuratè observontur^ iterùm esse promulgandas.
De residentiâ.
Universos et singuios quicumque bcnclicia curam animaruin ha-
ayent -à résider en personne dans six semaines, à peine d'excommunication , s'ils ne sont deuëment dispensez ; dequoy ils seront tenus de faire apparoir par devant nous , ou par devant nostre Vicaire gênerai, dans le mesme temps; et à fin que les possesseurs de ces bénéfices ne pretepdent cause d'ignorance \\ est enjoinct à leurs Vicaires de les en ad ver tir, et leur notifier la présente Ordonnance , de bouche ou par escrit , et de r'apporter dans le mois à nostre vicaire gênerai un acte par lequel il apparoisse de leur diligence , à peine contre chaque défaillant de cinquante livres.
Il est inhibé à tous Ecclésiastiques de n'exorcizer par cy après, sinon qu'ils soyent de nouveau admis par Nous ou par nostre Vicaire ; et l'admission sera donnée par escrit à ceux qui seront treuvez capables d'exercer telle charge : ausquels nous deffendons , à peine d'excommunication , d'exorcizer sinon dans les églises , et de tenir les possédez dans leurs maisons, sur tout les femmes et filles, et de faire des voyages
bentia possident , sub excommunicationis pœnâ, intra sex hebdomadas personaliter residere debere^ nisi légitimé cum illis dispensatum sit^ quod vel nobis ^ vel vicario nosiro generali intra idem tempus constare debeat. Et ne eorum beneliciorum pcssessores ignorantise causam prœtendant, prœcipimus eorum vicariis uti eos certiores reddant^ hocque statutum eis sive verbo sive scripto denuntient, necnon utintrAmensemad \icarium nostrum suse diligentiee testimonium référant, sub pœnâ quinquaginta librarum adversùs unumquemque delinquentem.
De Exorcisiis.
Cùm multos intellexenmus committi ab exorcistis abusas, prohibemus omnibus ecclesiasticis ne deinceps exorcizent, nisi vel à nobis vel à vicario nostro rursiàm admittanturj etadmissioquidem in scriptis dabitur iis qui ad id muneris idonei censebuntur. lis autem sub excommunationis pœnâ prohibemus ne extra ecclesias exorcizent, ne possessos suis in domibus sive curioniis retineant^ prœsertim si iriu- VI. 14
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cl pèlerinages avec elles, à peine «le vingt cinq livres, et autre arbitraire.
Il ne sera loisible à aucuns Religieux , de quel Ordre qu'ils soyent , de prescher riere nostre Diocèse , s'ils n'ont la permission par escrit de nous ou de nostre Vicaire ; laquelle ils seront tenus de monstrer aux Curez des lieux où ils voudront prescher, et de les en ad ver tir avant qu'ils commencent leurs grandes Messes , à fin qu'ils ayent loisir d'en advertir les parroissiens pour y assister.
Tous les parroissiens seront tenus de se confesser à Pasques vers leurs Curez , ou autres qui auront pouvoir d'ouyr les Confessions ; et, pour la saincte Communion, seront tenus de la prendre en leur parroisse de la main de leurs Curez , ou autres par eux députez. Que s'il s'en treuvoit quelques uns qui ne voulussent pas se communier de la main de leurs Curez , ils seront tenus de les en advertir , et de leur demander licence d'aller ailleurs ; laquelle leur sera donnée par le Curé, sans s'informer autrement de l'occasion; et les mesmes
lieres sint, et ne cum illis peregrinationes ineant, sub pœnâ vigintt quinque librarum, et alterius arbitrariâ contra delinquentes.
De Concionatoribus.
Nemini religioso, cujuscumque tandem- ordinis^ licitum sit in diweesi nostrà concionem habere, nisi facultatcm in scriptis habeat tel à nobis, vel à vicario nostro, quam cunon»bus exhibere tenebitar abicoDcionari volet ^ itemqire eos admonere, inteq' àm ad magnam missam accingantur, ut parœcianos suos queant hâc de're common»-
facere.
ne Confessione et Communione paschali.
Tenebuntur parœciani omnes paschali tempore apud curiones suos aut alios ab eis potestatem habentes confiteri, itemque in parœciali ecclesiâ eorum manibus seu ab eis constitutorum communicare. SL tamen essent aiiqui qui nollent eorum communicare manibus , tenebuntur ii admonere et aliô eundi faeultatem petere, quam quidem iacultatem eo ipso curiones dabunt^ et çarœciani intra dies octo pos^
DE S. FRANÇOIS DE SALES. 21 i
parroissiens r'apporteront attestation dans huict jours après Pasques du Prestre qui les aura communiez, à peine d'estxe tenus pour hérétiques.
Pour ce qui est de ceux qui freauentent parmy les terres <îes hérétiques voisins de nostre Diocèse , ou bien qui sont «ontraincts d'y demeurer pour gaigner leur vie, nous avcris donné pouvoir à tous Curez et autres qui ont permission de confesser de les ouyr en Confession , et absoudre de n'avoir pas célébré les festes commandées par nostre mère la saincte Eglise, de n'avoir pas jeusné les jours de Yigiles, de quatre Temps et de Caresme, comm'aussi d'avoir mangé de la chair -ces mesmes jours , exceptez les vendredis et samedys ; et pareillement d'avoir esté aux presches des ministres , pourveu qu'ils n'ayent pas pris la Cène.
Pour éviter plusieurs diiferens et disputes qui arrivent entre les Curez et les parroissiens de nostre Diocèse à l'occasion du linceul qui se met sur les deffuncts nous avons ordonné qu'il sera au chois des heiiliers du deffunct, ou autres qui auront charge des funérailles, de laisser ce
Pascha testimonium ab eo sacerdote réfèrent, cujus manibus cociaiumicaverint, alioquin censebuntur ut haerelici.
De iis qui cum hœreticis mauere coguntur
Quod ad eos qui in hecreticornm regionibus diœcesi nostrae finitimis versantur, vel qui ut habeant quô vivant cue) Us coguntur habitare, facultatem facimus omnibus curionibus, et aliis rite admissis, *»ios confitentes audiendi et absolvendi, quôd statutos Ecclesise festos ûies non celebraverint^ vigiliis^ quatuor temporib as, et quadragesimâ non jejuïiaverint, aut quôd diebus illis (exceptits veneris et sabbati) carnes comederint, sicut etiam quôd ministrorura concionibus interfiierint, dummodô cœnara non sumpserint.
î>e Syndone defunctorum.
Ad vitandas altercationes quae soient inter curiones et parœciano» esse pro syndone defunciorum, statuimus iuturum deinceps ad haa* cedum^ vel aliorum Ëxeqularuxn cujcam hiibealium arbitj:ium uti
linceul au sieur Curé , ou de le reprendre en luy payant six florins , et , pour le couvrechef ou toilette qui se met sur les petits enfans, deux florins.
Sur les plaintes qui nous ont esté faictes que plusieurs Curez retiennent le luminaire aue l'on porte aux funérailles et obsèques le jour ae l'enterrement, sans en vouloir fournir pour les Mccses qn? se disent le lendemain, mais en demandent d'autre, nous avons ordonné que les Curez seront tenus de représenter le luminaire le lendemain et pendant les trois jours que l'on a accoustumé de faire prier pour les defFuncts^ si tant est que ce luminaire puisse suffire ; passé lesquels trois jours, ce qui restera appartiendra aux Curez : et advenant que l'on ne fasse pas dire les Messes le lendemain , ils ne seront nullement tenus de représenter le luminaire.
Parce qu'en plusieurs Eglises de nostre Diocèse, les Curez sont priez de fournir le luminaire des sépultures, et, quand il vient au payement, sont contraincts bien souvent d'en tomber en procez avec leurs parroissiens; desirans d'y obvier, '«ou s avons ordonné que les Curez fournissans le luminaire
syndonem curioni relinquant, vel référant persolvendo ei sex florenos^ et pro nciniolo puerorum, duos florenos.
De Luminaribus in Exequiis.
Super querimoniis ad nos relatis, quod multi curiones luminaria quai in exequiis die sepulturœ deferuntur^ retineant, nec velint ad missas quœ die postera celebrantur^ prœbere, sed alia pétant^ statuimus ut curiones teneantur luminaria die poster;! reprœsentare, et diebus tribus quibus consuetum est preces pro defunctis fundere, si luminaria illa sufficiant - quibus verô tribus diebus prœteritis, quod ex iis luminaribus residuum erit, spcctabit ad curiones : et si missae die crastinâ non celebrentur^ tune curiones luminaria reprœsentare minime teneantur. Et quandoquidem in multis diœcesis nostraî ecclesiis rogantur curiones uti prœbere dignentur luminaria, et cùm ad debiti numerationem venitur, plerumquè intentare suis cum parœcianis lites coguntur; ut iis occummu^^ ëtatuimus pQnder^nda ^m
le pèseront, en présence de ceux qui le leur feront fournir, avant que de le donner, comm'aussi quand ils le reprendront , et leur sera payé de la cire qui se treuvera usée à raison de cinq florins pour livre du poids d'Anicy; et à mesme prix leur sera payé le luminaire qu'on leur fera fournir tout le long de l'année.
iVyant recogneu qu'il y a plusieurs chappelles de peu de revenu, et chargées par la fondation de grand service, auquel les Recteurs ne peuvent pas satisfaire, aou s avons ordonné que le Recteur d'une chappelle qui n'aura (pour exemple) que dix florins de revenu, ne sera obligé de dire que vingt Messes par an , à raison de six sdIs pour Messe , et ainsi des aul;;'es; n'entendant pas toutesfois d'obliger ceux qui possèdent des chappelles de bon revenu à plus de service qu'elles ne se treuvent chargées par leur fondation.
Nous commandons à tous Ecclésiastiques demeurans riere nostre Diocèse de faire par cy après célébrer la feste de sainct Pierre aux liens, avec son octave, comme estant le
lurninaria coram lis à quibus praebere rogabuntur^ antequàm remittant, sicut etiam cùm reddentur; et pro insumptâ cerâ solvendos esse ad unamquamque libram ponderîs Aniciensis quinque florenos, eodemque pretio solvenda lurninaria quœ anni decursu prœbuerint.
De Sacellis.
Cùm noverimus multa esse sacella exigui reditùs, et multis onerata officiis quibus rectores satisfacere uequeunt, statuimus ut rector «acefli, qui^ Aeinpli gratiâ, decem tantùm florenos annui reditùs percipiet, ad vigenti tantùm missas in anno obligetur, ratione sex assium pro missâ , et sic de cœteris; non intelligentes tamen eos qui opimi reditùs sacella possident, ad amplius et majus officium quàm ex fundatione teneantur, obiigare.
De Festo sancti Pétri ad Vincula, et Dedicationis.
Imperamus et prœcipimus omnibus ecclesiasticis diœcesim nostram incolentibus uti deinceps lestum sancti Pétri ad Vincula cum
patron âe nostre Eglise cathédrale; comme aussi le jour «lela Dédicace d'icelle, qui est le huictiesme d'octobre.
Nous estant venu à notice que plusieurs Curez et autri^ possedans des bénéfices riere nostre Diocèse intentent des procès contre leurs parroissiens, quelquesfois plustost par animosité que pour zèle qu'ils ayent de maintenir les biens ide leurs Eglises et bénéfices, et lesquels il seroit facile d'appointer au commencement ; nous avons defFendu à tous Curez et autres bénéficiez d'intenter par cy après des procès avec leurs parroissiens qu'au preallable ils n'en ayent conféré avec leur surveillant, lequel, ayant entendu les parties^ taschera de les mettre d'accord : que s'il voit le tort estre du coslé des parroissiens, et qu'ils ne veuillent pas se mettre k 3a raison, il sera permis aux Curez de poursuivre leur droict par justice.
Sur la remonstrance qui nous a esté faicte par nostre Procureur fiscal, que, bien que toutes aliénations des biens d'Eglise soyent delFenduës de droict; sinon qu'elles soyent
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octavâ^ tanquam patroni ecclesiaî nostrse cathedralis , itemque dieni: dedicationis ejusdem, quai est octavâ octobris,, célèbrent.
De Litibus inter Parochos et Parochianos componendis.
Cùm ad aures nostras pervenerit cunonu'i ^^ aliorum bénéficia: possidentium plurimos lites adversùs parœcicinos suos inlendere^ plerumque ex contentione potiùs et œmulatione, quàm studio suarum ecclesiarum bona tuendi, quas facile esset initio comuonerc; prohifcemus idcircô curionibus omnibus, et aliis quibuscumque ecclesiaslicis, ne quid simile intendant, vel suos parœcianos in jus arcessant, ^uin priùs cum supervigrli contulerint, qui, audilis partibus, ren» componere conr /)itur . si tamen parœcianos viderit esse injurios, nec Telle ad œquuiii rectumque intelligere, tune curionibus jus suur» prosequendi facultas dabitur.
De alienatione bouorum ecclesiasticorura.
Super expositione nobis à procuralore liscali nostro factâ, quod Jicet ex jure ipso oranes bonorum ecclesiaslicorum alien«itiones, nis|^
DE S. FRANÇOIS mr SALES. 'îîS
évidemment au proffif -t utilité d'icelle, auquel cas faut-il avoir encore la permission des Supérieurs, plusieurs bénéficiez, tant Curez, Recteurs des chappelles, qu'autres, sans nostre sçeu et consentement, ou de nostre Vicaire gênerai, vendent, eschangent et aliènent les fonds de leur bénéfice; ce qui donne occasion à beaucoup de procès : ausquels desirans obvier, nous avons déclaré nuls tons les contrats d'aliénation et escli.âjge des biens ecclésiastiques faicts et qui se feront par cy après sans nostre sçeu, ou de nostre Vicaire; enjoignant aux possesseurs des bénéfices de remettre dans six mois ce qui se ireuvera aliéné de la façon , à peine de cinquante livres; avec inhibitions à tous bénéficiez de n'aliéner les biens dependans de leurs bénéfices sans nostre permission, à peine de cent livres ; commandant aux surveillans d'y tenir la main chacun riere sa surveillance, et d'advertir nostre Procureur fiscal de ceux qui contreviendront, pour y estre par après pourveu amsi que de raison.
in evidentem Ecclesiae utilitatem cédant (quo casu etiam superiorum licentia necessaria est), prohibitœ sint, niliilominùs ecclesiastici multi tùm curiones cùm sacellorum rectores, nobis vel vicario nostrô insciis^beneficiorum suorum fundos vendant, permutant, aliénant, quodmultarum deindèlitium materiam praebet. Ut iis malis occurrainus,omnes contractas alienationis aut permutationis eorum bonorum factcs, aut qui deinceps nobis aut vicario nostro insciis fient, irrites et nulles declaramus. Beneficiatis ne quid simile committant ^ SJ^tb pœnâ centuiu librarum inhibantes, et, si commiserint, prœcipientes ut intra sex menses omnia in pristinum statum restituant. Mandantes proptereâ supervigilibus ut seriô in eam rem advertant, adiuoneantque procuratorem nostrum fiscalem, quotiescumque aliquem peocati in nostrum hoc statutum reum cognoverint.
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