‹ Œuvres Completes Volume 6Chapitre 52 sur 145 · DES BESOINS DU DIOCÈSE DE GENEVE · texte numérisé non relu

DES BESOINS DU DIOCÈSE DE GENEVE

ET DES MOYENS d'y POURVOIR. (Ibidem, p. 437.)

11 n'y a point de diocèse en toute la Chrestienté , dit-il , qui ayt plus besomg d'un séminaire de clercs que reste cy de Genève. Toutesfois jusques à présent on a travaillé en vain pour l'ériger : car la table episcopale est trop pauvre pour en retrancher quelque chose ; la table du Chapitre cathedral est aussi tres-pauvre , et ne peut pas su iFire pour l'entretien des Chanoines ; il en est de mesme des autres Eglises séculières collégiales : des Abbayes et Prieurez , quelques riches qu'ils soyent, on n'en peut du tout rieu tirer, parce que ceux qui les tiennent , tiennent , et souvent sont bien saignez par de diverses pensions qu'on leur impose, Toutesfois si le Siège apostolique , par autliorité souveraine, destmoit quelques Prieurez ruraux pour l'érection de ce séminaire , à la vérité la chose reùsciroit fort bien ; et certes il est entièrement nécessaire que cela se fasse ou de ceste manière, ou par la commune contribution du clergé.

De Seminario erigendo.

Nulla in orbe chrisliano diœcesis clericoriim seminario magis indiget quàm liaec Gebennensis j attamen hactenùs in eo erigendo perperàm laboratum est. Mensa enim eplscopalis tenuior est ,, quàm ut ex eà quidquam amputari aut re^ecari debeat : mensa cai)ituli cathedralis pauperrima nec alendis canonicis suflicit, ut et aha^ paritcr' ^cc-esiœ sœtuiares coilegiatic. Ex abbatiis autem vel prioraîibus, quantumvis pinguibus, nihil ornnino extorqueri poteslj qu6d qui ea tenent, teneant. st plerumquè variis impositis pensionibus salis reddantur exangues. Si tamen Sedes apostolica aUquot prioratus rurales primo vacaturos, summâ auctoritate ad seminarii erectiuneni destinaret^ sine dubio res optimè cessura esset. Ornnino tamen , vel isto modo, vel per communem cleri contributionem, opus hoc erigi par est.

En la seule Eglise cathédrale, un Maistre en théologie perçoit une prébende théologale, et le Pénitencier une autre pour vacquer à ouyr les Confessions; mais ceux-cy, parce qu'ils ne peuvent pas se sustenter de leurs prébendes , d'autant qu'elles ne montent pas à la somme de quarante escus d'or de valeur annuelle, ne peuvent pas aussi bien satisfaire à leurs charges. On pourroit obvier à ce mal , si le Siège apostolique unissoit à ces prébendes théologales et presbiterales deux autres prébendes laicales des plus voisins Monastères.

C'est une merveille , combien la discipline de tous les Réguliers est dissipée en toutes les Abbayes et Prieurez de ce Diocèse : j'excepte les Chartreux et les Mendians : l'argent de tous les autres est tout réduit en ordure , et leur vin meslé d'eau , voire mesme il est changé en venin , d'où ils font blasphémer les ennemis du Seigneur, quand ils disent tous les jours : Où est le Dieu de ces gens icy? On pourroit remédier à ce mal en mettant de meilleurs Reli-

De Théologal! et pœnitentiario.

In solâ ecclCGiâ cathedrali theologitC magister theologalem habet praibendam, et pœnitentiarius aliarn, ut confessionibus audiendis vacet. At isti, quia suis prœbendis sustentari non possiint, quandoquidem ad valorem annuum quadraginta scutorum liaud ascendant, saaetiam rite nequeunt obive munera. Huic malo occurri posset, si Sedes apostolica ex vicinionbus monasteriis duas prœbendas laïcales prœdictis praîbendis Iheologah et pœnitentiali uniret.

De Rcguidribus rcformandis.

Miruni (est) quàm dissipata sit omnium Regularium disciplina in abbatiis et prioratibus hujus diœcesis (Cartusianos et Mciulicantes excipio ). Reliquorum omnium argentum \ersum est in scoriam , et Yinum mixtum est aquâ, imô versum est in venenuni; undè biasphemare faciunt inimicos Domini, dùm dicuizt per singulos dies : Ubi est Deus istorum ?

Huic malo occurri potett , vel immittendo meliores aliorum ordi-

gîeiix d'autres Ordres ; ou bien en visitant cenx-cy tons les ans et les réprimant; ou bien en fin en establissant en leur place des Chanoines séculiers : ce qui seroit très à propos en plusieurs , quoy qu'en quelques uns cela sembleroit peutestre un peu dur ; car les Chanoines réguliers ne sont en rien difFerens des séculiers en ce Diocèse, sinon qu'ils portent le scapulaire; et ce que leschanuuies séculiers perçoivent par les distnl)utioi]s journalières , ceux-là le prennent par prébendes, lesquelles estant perceuës , ils assistent aux Offices quand ils veulent; si moins, ils n'en sont point plus pauvres pourtant. Au reste, il n'y a point parmy eux d'observance de la discipline régulière, point de Constitutions escrites, point d'expresses émissions de vœu. Pourquoy donc ne pourrontils pas estre changez en séculiers beaucoup plus utiles à la republique chrestienne? Joinctàcecy, qu'il y a un grand nombre de gentilshommes en Savoye destituez de revenus salfisans, aux enfans desquels, qui suivent la profession ecclésiastique, on prouvoirroit fort commodément en ceste manière. Et si l'on faisoit encore le mesme de quelques autres Moines, ce seroit une très-bonne chose, selon mon jugement.

num^ vel istos visitando quotannis, etcoërcendo^ vel denique in eorum locum sœculares canonicos sufficiendo, quod, etsi forsan in omnibus iieri duriusculum videretur, in plerisque tamen opportunum esset : nam canonici regulares nihilo distant à sœcularibus in liàc diœcesi^ prœterquàm quôd scapulare gérant^ et qiiod canonici •sœculares per quotidianas distrilsutiones percipiunt, ipsi per prœbendas soient accipere , quibus perccpUs, cùm volunt ofllciis intersunt ; sin minus, nihilô pauperiores efllciuntur. Cœterùm nulla inter ces discipluiai regularis observant ia^ nuUa^ scriptœ cunstitutiunes, nullius voti cxpressa emissio. Cur ergo isli non mul^entur in SLTCculares, reipublicschristanœ longé utiliores? Eô etiam maxime -quôd magna copia est in hâc Sabaudiâ nobiiium hominum qui censibus idoneis carent, quorum tiliis qui ecclcsiasticam profe?sionem ;sequuntur,hoc modo commode provideri posset ; atque si iiiem de aliiinoi aliis monachis fieret^ rcs meo quidenfjudicio feliciterse haberet.

Or quant à la visite , il ne seroit point à propos qu'elle fust faicte par les Supérieurs de ces Ordres -là : car les Moines et les Abbez de Cluny, de Savigny et de sainct Ruf ne sçavent pas seulement ce que e'est que reformation ; et puis qu'ils sont du sel gasté , comment pourront-ils servir pour saller et accommoder les inférieurs? Les Chanoines réguliers , en ces quartiers icy, ïie sont de point de Congrégation 5 ne tiennent point de Chapitres , n'usent de poiut de îisite, et n'ont point de Reigle ; et bien que le Monastère de Pellionex soit visité par FOrdinaiie, auquel il est subject Je droict ancien, quoy que jusques à présent à peine ayt-il VGtîiu obeyr, nous n'avons rien faict pourtant avec les Chajioines d'iceluy, parce qu'ils n'ont ny Reigle ny Constitutions, et se comportent assez modestement , quant à ce qui regarde Ja profession cléricale : c'est pourquoy ils devroyent estre visitez par un autre Visiteur. Mais, pour dire la vérité, ie premier remède est ti es-facile , le troisiesme très-utile , et qui tend grandement à la gloire de Dieu , ayant esgard à la nécessité de ceste Province ; le second très-difficile et très-incertain , car ce qui se faict par force à peine se faict.

Quod aiitem ad visitationem spectat^ eam à superioribus ordinum illorum (leri minime par esset ; nam Cluniaceriscs, Savigniacenses, Rupliiani monacbi et abbates, iieqiie qiiid sit reformatio nôruntjet cùm siiit sal infatuatum, quomodô condiendis inferioribus adbibeii possLint ? Caiionicorum \erô reguhirium in bis partibus monasteria nullius sunt congregationis^ neqiie ulla célébrant capitula, nullis \'isitationibus , nuUâ régula uluntur. Eisi verô monasterium Pell»';^nense ab Ordinario visitetur, oui antiquo jure subjacet ( Vicet bactenus vix obedire voluerit), nibii Uimen à nobis cum illius canonicis actum est, quia régula et constitution ibns carent, et satis modeste sé gerunt, quod ad clericalem professionem attinet. Itaque visilari ab aliC' ^isitatore deberent : sed ut verum falear, primum remedium longe lacillimum, îertium utilissimum, et ad n ajorem Dei gloriam, inspecta hujus provinciaî necessitate, prœstantissimum; secundum difficillimum et incertissimum : nam quod vi iï\ p vix lit.

DE S. FRANÇOrS DE SALES- 237

Oi^iant à ce qui regarde les Religieuses , certainement les deux Monastères de saincte Claire sont très -Lien. Les portes de celles de Cisteaux sont ouvertes à qui que ce soit , aux Religieuses pour sortir, et aux hommes pour entrer. Or je ne vois point qu'elles puissent estre reformées , sinon en les réduisant dans les villes et leur baillant d'autres Supérieurs, qui ayent plus de soing de leurs âmes et consciences. Tant celles de Cisteaux que de saincte Claire sont privées de ceste consolation que le sacré Concile de Trente , non sans l'instinct du Saint Esprit, veut estre concédée, c'est à sçavoir, qu'elles ayent tous les ans un Confesseur extraordinaire : car elles sont contrainctes de se confesser tousjours à un mesme , et ne leur est jamais libre de demander l'assistance d'un autre; avec quel danger de leurs âmes, je n'en sçay rien , Dieu le sçait. Jamais elles ne présentent les filles à l'Evesque ou à son Vicaire , qui puisse apprendre leur volonté pour embrasser les vœux de la Religion.

Geste diocèse de Genève est posée au milieu de tres-

De monialibus reformandis.

Jam quod ad moniales attinet, monasteria duo sanctœ Claras

optimè sanè se liabent. Cisterciensium porta? omnibus omnmô patent,

et monialibus ad egressum, et Yiris ad ingressum. NuUâ autem ratione

reformari posse arbitrer, nisi in urbes reducantur, et aliis subdantur

superioribus , qui earum animabus tractandis majorera operani

adhibeant. Omnibus verô tam Cisterciensibus quàm sanctœ Clarœ,

iilud solatium deest, quod sacrum Tridentinum concilium, non sins

sancti Spiritûs instinetu, illis vultconcedi^ ut scilicet ter saltein

quotannis illis extraordinarius confessarius conslituatur : coguntur

enim uni eidemque semper conliteri , neque unquam illis liberum est

alterius operam expetere, quod quanto animaium illarum periculo

liât, nescio. Peus scit. Item nunquam puellas sistunt aut episcopo aut

ejus vicario, qui earum voluntatem ad religionis amplectenda vota ei-

plorare possit.

De numéro parœciarnra augendo.

Est bœc Gebennensis diœcesis in medio altissimorum moritium

238 oruscuLES

hautes montagnes, au sommet desquelles il y a pour la pluspart des villages fort peuplez , pour la consolation desquels , au faict de la religion , les devanciers ont basty des églises, ausquelles les Pasteurs demeuransaux basses vallées deussent aller tous les jours des festes pour célébrer le tressainct sacrifice de la Messe. Mais en ce commencement, qu'il n'y avoit pas beaucoup de familles en ces lieux si aspres, ceste extraordinaire visite des Pasteurs leur devoit estre plus que sufBsante, puis qu'à cause du peu de champs et de laboureurs, ils ne pouvoyent pas entretenir des Près très qui résidassent parmy eux ; mais maintenant que Dieu a multiplié ce peuple , et que , par le travail et industrie des habitans , les déserts sont changez en champs et prez, il seroit à désirer u' on leur establist des Recteurs de leurs âmes, et les dismes qu'ils percevroyent tous les ans seroyent bien suffisants pour les entretenir.

Or que cela ne se fasse pas , la cause est que presque tousjours les dismes de ces lieux appartiennent aux Abbez et Monastères , leur ayans esté attribuez lors qu'ils estoyent abon-

posita, in quorum tamen plerumque cacuminibus et prccruptis pagos numerosissimis familiis refertos videre est; quibus ut de religione provideretur, majores ecclesias œdilîcaverunt^ ad quas pastores in imis vallibus commorantes, singulis diebus festis accédèrent^ piehem sacratissimo missœ sacrificio recreaturi. Verùm cùm initio raraî admodîim incolarum in tam asperis locis familiœ essent, extemporaria illapastorum visitatio satis superque esse debeat^ quandoquidem ob agrorum et agricolarum paucitatem^ non possent ex illoruni decimis ali ac sustentari clerici qui inler eos résidèrent. At nunc cùm Deus et gentem illam multiplicaverit, et déserta , gentis labore ac industriâ, in arva et prata mutata sint^ desiderandum esset illis quoque addici rectores animarum, quibus alendis decimtB quas quotanms persolvunt^ sufficerent.

Quominùs autem id liât causa hœc est : plerumque semper illorum locorum décimas ad abbates et monasteria spectant, quibus scilicet tune attribuebantur^ cùm promptuaria spiritualia monasterioriim

dans , voire regorgeans en secours spirituels , et que les Moines , comme des brebis fertiles , abondoyent en leurs sorties ; mais maintenant que l'on ne peut remarquer autre chose en leurs successeurs que le seul habit, ces pauvres habitans des monta2:nes crient comme des brebis destituées de pasquis : <( Pourquoy est-ce que ceux-cy se nourrissent de nostre laict, et se couvrent de nostre laine, et ne nous paissent point, ny par eux ny par des autres? » et certes, il semble qu'ils ayent raison.

J'ay veu moy-mesme et visité une église parroissiale située sur une tres-baute montagne , à laquelle personne ne pouvoit aller sinon en rampant de pieds et de mains, distante de six mille italiques de l'autre église , pour lesquelles deux il n'y avoit qu'un et seul pasteur, qui celebroit la Messe en l'une et en l'autre tous les dimanches; avec quelle peine, avec quel danger, avec quelle ignominie et indécence, il n'est point besoing que je le dise, principalement en temps d'byver, lors qu'en ces quartiers icy tout est couvert de glace et de neige. Je ne fus pas plustost arrivé, que me voilà

plena essent, eructantia ex hoc in illud ^ et monachi^ velut oves fœtosse, abundarent in egressibus suis. Nunc verô, cùm passim in successoribus solùm vestimentum animadverti queat^ clamant pauperes illi montium habitatores , velut oves pascuis destitutse : Quare lacté nostro nutriuntur isti^ et lanis operiuntur^ gregem autem nostrum non pascunt nec per se^ nec per alios? Et justa videtur eorum oratio.

Res perquàm notanda, et zelus S. Francisci.

Vidi ego et visitavi parœcialem ecclesiam in altissimo monte positam, ad quam nemo, nisi pedibus ac manibus reptans, accedere queat, per sex milliaria Itaiica distantem ab aliâ ecclesiâ cujus paslor unicus et solus utramque regebat , ac in utrâque singulis Dominicis diebus missam celebrabat, quo labore, quo periculo, quo dedecore non est quod dicam^ prœsertim hieme, cùm omnia glacie ac n!?o îstîs in partibus sint obruta. Ubi appuli. statim ad me cla-

des plaintes de tous costez , des hommes , des femmes , des petits et des grands : ce Que veut dire que nous observons tous les commandesnens de l'Eglise , que nous payons les dismes et les prémices, et on ne nous baille point de Pasteurs, mais sommes comme des moutons qui ne treuvent point de pasquiages ? » C'est que l'Abbé du voisinage percevoit le tout.

Il est bien vray qu'en ce faict il appartient aux Evesques d'y mettre de l'ordre ; mais difficilement cela se peut-il faire : car premièrement , on suscite des procès pour le possessoire devant les juges laies; que si leur faict ne succède pas, ils ont recours à diverses appellations, desquelles ils n'usent pas, mais abusent, non qu'ils soyent grevez (comme dict sainct Bernard ) , mais à fin de grever. Or pleust à Dieu , et pleust à Dieu derechef , que le sainct Siège apostolique envoyast un Visiteur prudent et fîdelle, qui distribuast à chaque Eglise, comme à chaque famille, la juste et nécessaire mesure de froment î

Outre les quatre cens et cinquante parroisses que nous

mores undiquè, à \'iris^ à mulieribus^ à majoribus, à minoribiis : Quid est quôd jura ecclesiastica oiniiia servamus^ décimas ac prirnitias persoh'imus^ et nullus nobis pastor conceditur, sod sumus sicut arietes non in\enientes pascua? ]Nimirùm ab abbate propinquiori omnia percipiebantur.

Et quidem episcoporum est in bis decernere quid expédiât; sed hoc Yix fieri potest. Nam primùm Htes excitantur pro posscssorio coràm laïcis : tùm si res non succodit. appellationibus variis onerant dccernentum, quibus non utuntur^, sed abutuntur; non quôd '^raventur^, inquit sanctus Bernardus^ sed ut gravent. Utinam vero, atque utinam aliquis auctoritate apostolicà visitotor veniret, fidelis €t prudenSj qui singulis ecclesiis^ veluti familiis,, darettritici necessariam cuique mensuram,

De h;Bre!ici?«

Prœter quadringintas quioquaginta illas parœcias quas à veris

avons dicl estre habitées par de vrayes catholiques, il en reste autres cent et quarante qui en partie sont sous la puissance tyrannique des Bernois, en partie sous la subjection du Roy tres-Chrestien. Et quant à celle qui sont occupées par les Bsî-nois , il .n'y a point d'espérance jusques à ce que la ville de Berne soit reduitte.

Quant aux autres, qui sont possédées par le Roy tres- Chrestien, c'est la vérité que sa Majesté me dict tousjours que j'aye bonne espérance ; et certes il y a quatre ans que par son commandement j'ay tousjours espéré, mais maintenant mes yeux manquent quasi en sa parolle, disant : ce Quand sera-ce qu'il me consolera ? )) De toute ceste affaire le cardinal Bufalo est très-bien instruict , lequel estant Nonce du Siège apostolique en France , selon son zèle à la gloire de Dieu , ne laissa rien en derrière pour faire que le Roy nous laissast le mesme droict de remettre l'exercice catholique en ces parroisses qu'il a laissé à tout le reste du Royaume , et à tous les Evesques et Ecclésiastiques.

catholicis incoli dicimus,, supersunt alise centum quadraginta numéro, quaB partim in potestate tyrannicâ Bernensium sunt, partim in ditione Régis Christianissimi. Et^ quidem quod ad illas attinet, qua?, à Bernensibus occupantur , nihil sperandum est, donec urbs ipsa Bernensisin ordinem redigatur.

Quod autem speclat ad alias, quœ à Rege Christianissimo possidentur, rectè quidem ipse Rex semper sperare jubet, et ejus jussu hactenùs toto quadriennio spera\i; sed nunc deliciunt propemodùm ocuii mei in ejus eloquium, dicentes : Quandô consolabitur me? Hâc de re totâ scientissimus est <^.ardinalis Bubalius, qui dùm sanctaî Sedis Nuntius esset in Gai Va, viagnâ contentione, pro suo erga Dei gloriam zelo, conatus est Regem adducere, ut nobis in illis paroociis idem jus faceret ecclesiastica bona recipiendi, ac quod caput est, catholicae religionis munera obeundi, quod alibi toto regno caeteris episcopis ac clericis constitutura est.

mm^'

Je ne dirav rien de Genève : car elle est aux diables et aux hérétiques ce que Rome est aux Anges et aux Catholiques. Ce doit estre tout le soing de tous ceux qui font profession de la îoy et Religion Romaine, c'est à dire, orthodoxe, mais principalement iu Pape et de tou 5 les Princes, que cesteBabylon soit renversée ou qu'elle se i onvertisse, mais plustost qu'elle se convertisse et vive , et qu'ainsi elle lotie le Dieu qui vit aux siècles des siècles.

De Genevâ.

De Genevâ autem nihil addam ; ciim enim quod Roma est angelis et catholicis, illasit idem diabolis et haereticis. Omnibus qui Romanam, id est orthodoxam fidem colunt^ ac maxime summo Pcntifici et Principibus cura sit, ut scilicet aut evertatur Babylon illa^ aut convertatur^ sed magis ut convertatur, et vivat, laudetque viventera in secula seculorum.

LETTRE

Page 1