‹ Œuvres Completes Volume 6Chapitre 96 sur 145 · AU PAPE PAUL V · texte numérisé non relu

AU PAPE PAUL V

n fait réloge du Père Ancina ^, que le Pape songeoit à faire béatifier, et aa

sujet duquel il avoit consulté le Saint.

Vers la mi-novembre 1617.

J'ai reçu une joie et une satisfaction incroyables, lorsque j'ai entendu dire qu'on alloit mettre incessamment au jo'jr la vie et le détail de toute la conduite du très-illustre et révérendissime père et seigneur Juvénal Ancina. Car, comme selon le sentiment du grand évêque de Nazianze, saint Grégoire , les évêques sont les peintres de la vertu , et qu'ils doivent peindre une chose si excellente par leurs paroles et

1 Tirée de la Vie du Saint par Ch.-Aug. de Sales. C'est la 414^ de la collection Biaise,

2 Ancina (Jean-Juvénal) était né dans la ville de Fossano, à huit milles de Saluées, en Piémont. Il fut médecin de Frédéric Madruce, ambassadeur du duc de Savoie auprès de Sa Sainteté, puis de l'empereur Rodolphe. Pendant le séjour qull fit à Rome, il étudia en théologie, et s'y rendit fort savant en peu de temps : puis il reçut l'ordre de prê;=-'"\^e , et se mit sous la conduite de S. Philippe de Néri, fondateur de la congrégation de l'Oratoire de Rome. Enfin le pape Clément VIII lui ayaiit commandé d'accepter un des évêchés vacants, il choisit celui de Saluées, parce qu'il étoit de moindre revenu, et qu'il y avoit beaucoup à travailler dans ce diocèse, où les opinions de Calvin s'étoient glissées.

Gratissimtim mihi et jucundissimum est, qiiod audio de vitâ et Vivendi ratione perillustris et reverendissimi putris et domini Juvenalis Ancina) propedùm in lucem emittendâ. Cùm enim , ut magnus Nazianzenorum pontifex Gregonus dixit, episcopi sunt pictores virtutis^ rei prœclarissimœ, remque tam excellentem verbis ac operibus

par leurs œuvres, je ne doute point que dans la vie de notre très-illustre et très-admirable Juvénal , nous ne voyions une entière et parfaite image de la justice chrétienne , c'est-àdire de toutes les vertus.

Et véritablement pendant l'espace de quatre ou cinq mois que je négociois à Rome les affaires de cet évêché , par le commandement de mon très-dévot. p,t très-vertueux prédécesseur monseigneur Claude de Granier, j'ai vu, certes, plusieurs hommes excellents en sainteté et en doctrine , qui illustroient par leurs travaux la ville par excellence, et dans elle le monde entier ; mais entre tous ces grands personnages, la vertu de celui-ci frappa particulièrement les yeux de moa esprit.

J'admirois en effet, dans la science profonde de cet homme qui embrassoit tant de différents objets , et dans une si grande érudition , un égal mépris de lui-même ; dans la gravité parfaite de son extérieur, de ses discours et de ses mœurs , autant de grâce et de modestie ; dans le soin qu'il prenoit de pratiquer et de recommander la dévotion , une pareille application à la politesse , à la douceur et à l'affabilité : en sorte qu'il ne foidoit voint aux pieds le faste

conciniiè, etquoadfieri potest, accuratè pingere debeant, non dubito qum in nostri clarissimi et spectatissimi Juvenalis vitâ, justitiae Christianae, hoc est omnium virtutum omnibus numeris absolutam imaginem conspecturi simus.

Et quidem cùm Romae quatuor ilHs vel qii.»ique mensibus^ quibus piissimi ac ornatissimi preedecessoris mei Claudii Granierii jussu, hujus diœcesis aliquot rébus tractandis operam dedi, plurimos saaè vidi eximiâ sanctitate et doctrina viras, qui Urhem, et in Urbe orbeiB suis laboribus exornarent; sed inter eos omnes isiius seorsim yitim mentis oculos meae vehementer occupavit.

Mirabar etenimin tantâ viri eruditione, ac variarum rerum scieittiâ, tantam suî ipsius despicientiam j in tantâ oris, verborum ac morum gravitate, tantum leporem tantamque modestiam; in tantâ pietatis soUicitudine , tantam urbanitutem ac suavitatem; cùm wec/at*-

r orgueil par un autre orgueil, ce qui arrive à plusieurs;, mais par une vraie humilité ; et qu'il ne faisoit pas valoir sa charité par la science qui enfle, mais qu'il faisoit fructifier la science par la charité qui édifie. G'étoit un homme chéri de Dieu et des hommes, parce qu'il les aimoit d'une charité très-pure. Or, j'appelle une charité très-pure , celle dans la*quelle on auroit de la peine à trouver la moindre trace d'amour-propre ou d'égoïsme , charité rare et exquise , qui ne se trouve pas facilement , même dans ceux qui font profession de piété , à raison de quoi elle est plus précieuse et plus rare que toutes les curiosités les plus extraordinaires qui peuvent venir des extrémités du monde»

J'ai remarqué que , lorsque l'occasion s'en présentoit , cet homme de Dieu avoit coutume de louer sL ouvertement , si sincèrement et si amoureusement les- divers instituts des Religieux , des ecclésiastiques , et même des laïcs , leurs mœurs, leur doctrine et leur méthode de servir Dieu, que l'on eût dit qu'il étoit de leurs congrégations et de leurs compagnies. Et quoiqu'il eut une aiîection très-douce et tout-àfait filiale pour sa très-chère congrégation de l'Oratoire , si

tum, quod plerisquecontingit ^ alio fastu , sed verâ humilitate m/caret , nec injlante scientià^ charitatem o&iQ.ïiidXQi, sed charitate œdificante scientiam instrueret; dileclua plané Deo et hominibiis^, qui Deum et homines purissimâ dilectione prosequeretur. Purissimam autem appelle eam dUeclioriem, in qiiâ vix qaidquam amoris proprii, sive philautia), r;>j 'lire licebat : rara et exquisita dilectio ista, quœ eUani inter pieUiiis cullores rarô viget, undè procul et de ultimis finibiis pretiuin ejus ^.

Observabam verô hominem hune , cùm scse daret occasio, tara laculenter j lam sincère, tam amanter solitum laudare variorura religiosoruni et ecclesiasticorura , imô etiam laïcorum instituta, mores, doctrinam Deoque inserviendi methodum, ac si ipse eorum congregatlonibus aut cœtibus addictus esset. Cùmque suam sibique dilectissimam clarissimi Oratorii Congregalionem dulcissimo et plané

* Cor., VIII, 1. — « EccIp-s., XLV, 1. — » Prov.. XXXI 10

illustre entre les antres , lorsqu'il s'agissoit des autres sociétés et conf^agnies des serviteurs de Dieu , il n'en parloit pas pour cela plus froidement, comme il arrive quelquefois, il ne les aimoit pas avec moins d'ardeur, ne les estimoit pas moins , et ne les louoit pas plus foiblement.

C'est pourquoi, lorsqu'il trouvoit quelqu'un qui , touché intérieurement d'un mouvement de l'amour divin , désiroit s'attacher à une manière de vie plus pure , et dans cette intention venoit lui demander conseil , il ne regardoit que la plus grande gloire de Dieu : il le conduisoit pour ainsi dire par la main , et l'aidoit avec une charité incroyable à entrer dans la société qu'il croyoit lui être la plus propre. En effet ^ ce saint homme n'étoit ni à Paul , ni à Céphas , ni à Apollon, mais à Jésus-Christ seul ; et il ne vouloit point entendre parler de ces froides expressions de mien et de tien , soit dans les choses temporelles , soit dans les spirituelles ; mais il pesoit toutes choses sincèrement en Jésus-Christ et pour Jésus-Christ.

J'ai maintenant en main un exemple de cette charité si parfaite en cet homme apostolique. Il y a quelque temps qu'il mourut au collège de cette ville d'Annecy, gouverné

filiali corde complecteretur , non tamen proptereà aîios conventus cœtusque Deo servienlum frigidiùs^ ut pierumque aGcidit, niolliùs amabat, œstimabat^ extollebat,

Quamobrem eos qui tacti amore cœlesti intrinsecùs, purioris vitae rationem sequi cupiebant^ consiliumque ejus expetebant, sohi Dei majore gloriâ inspecta, in societatem quam illis magis congruam putabat, manu et opéra amantissimè deducebat : honio videUcetj qui nec Fauli ^, nec Cephœ, nec ApoUinis, sed Jesu Christi erat-, quique meiim ettuum, i'rigida illa verba, nec intemporalibus , née in spiritualibus audiebat ^ sed omnia in Chrisio^ ac propter Christuia, sincère expendebat. .

Cujus quidem tàm perfecice ctiaritatis in hoc apostolico vir^ exernr plum nunc ad raanum* hakeo. Obiit nuperriraè in collegio hujua ci*

4i2 OPUSCULES

par les clercs réguliers de Saint-Paul , un homme très-religieux, nommé Guillaume Cramoisy, natif de Paris. Or, comme je m'entretenois familièrement avec luy, mon discours tomba sur noire révérendissime Juvénal Ancina. Ce Religieux, comblé de joie tout-à-coup , m'interrompit et rhe dit : 0 que la mémoire de cet bommo me doit être chère et agréable ! c'est lui qui m'a en quelque façon engendré de nouveau à Jésus-Christ. Et voyant que j'avois conçu le désir de savoir un peu plus amplement ce dont il vouloit parler, il continua de m'en instruire en cette sorte.

J'avois atteint , dit- il, l'âge de ving-quatre ans , quand la divine Providence m'inspira à diverses reprises d'embrasser la vie religieuse. Toutefois , eu égard à ma foiblesse , je me sentis agité de tant de tentations contraires , que, manquant tout-à-fait de courage , je pensai sérieusement à me marier, et la chose étoit tellement avancée de la part de mes amis , qu'il sembloit déjà qu'elle fût faite.

Mais combien grande est la bonté de Dieu ! Etant par hasard entré dans l'oratoire de la Vauxcelle , je m'arrêtai à entendre le père Juvénal Ancina qui prêchoit au peuple , et

vitatis Aniciensis clericorum regularium Sancti Pauli, virreligiosissimus Guilielmus Cramoësius Parisieiisis; cum quo, ut fit, dum verba miscerem, incidi in mentionem de reverendissimo Juvenali noslro Ancina. At ille subito gaudio perfusus : Quàm grata, inquit, hujus viri-, quàm chara mihi esse débet recordatio! Quippe qui me itemm in Christo quodammodo genni^ Cùmque vidisset me desiderium concepisse rem totam fusiûs audiendi, ità narrare perrexit.

Annos natus viginti quatuor, inquit, cùm jam multis inspiration nibus divina Providentia me ad vitam religiosam incitasse^ * ità tamen pro meâ imbecillitate, contrariis lentationibus exagitatum me sentiebam, ut despondens prorsùs animum, de matrimonio ineunda seriô cogitarem, resque jam apud amicos ità processerat, ut propemodùm acta videretur.

V'Vùm quai Dei est beniguilas! Cîim oratorium Valhscellaî mgrea Vs essem, ecce audio patrem Juvenalem Ancinam de humant

qui fît voir premièrement l'inconstance et la foiblesse de l'esprit humain, et ensuite recommanda fort cette magnanimité avec laquelle il faut mettre à exécution les inspirations divines ; ce qu'il traita avec tant d'habilité et d'énergie, et en un tel choix de mots et de sentences , qu'il me sembla presque porter la main jusqu'à mon cœur pour en secouer et faire tomber la triste à patliie ; en sorte qu'élevant sa voix comme une trompette , il me contraignit de me rendre. C'est pourquoi, aussitôt que la prédication fut achevée , lorsqu'il prioit Dieu , comme je pense , pour l'heureux succès de son sermon, et qu'il s'étoit retiré pour cet effet dans un certain coin de l'Eglise , je m'approchai de lui avec crainte et tremblement, et lui adressant la parole , je ne manquai pas d'exposer tout ce que je roulois dans mon esprit.

Mais il me dit : cette affaire mérite d'être traitée un peu plus exactement , et nous n'en aurions pas maint(!nant le loisir, parce qu'il se fait déjà tard. Mais si vous voulez venir me trouver demain , nous parlerons de tout cela plus commodément ; et cependant, ''e qui est la chose principale, attirez sur vous la lumière céleste par vos prières.

Je m'en allai donc le trouver le lendemain , et je lui dé-

primùm ingenii inconstantiâ et infirmitate, deinde de eâ magnanimitate quâ instinctus divini executioni mandandi sunt, ad populum verba facientem tantâ sermonis et sententiarum peritià, ut cordis mei miserandam pigrltiam, quasi manu injecta, excutere videretur; ilà ut tandem quasi tuba exaltans vocem mum^ , me ad dcdilionem cogeret. Quapropter, statim linito sermone, ad eiim in oratorii quodam angulo preces pro sermonis sui', ut reor, t'elici successu fundentem, hœsitans et anxius accedo, et quid animo voherem expono.

111e verô : Ues, inquit, liœc paulô accuratiùs tractanda est, neque nunc tempus nobis suppeteret, advesperascente jam die.Itaque cras, si ad me veneris, opportuniilis de re totà agemus. Tu intérim, quod caput est, lumen cœlesle precibus advoca.

Voni ergo prostridie, et quidquid in utramque pavtem circa voca-

» Isai., LVIII, 1.

couvris sM^è rement tout ce que je pensois pour et contre ma vocation ; mais en particulier, que je redoutois la vit* religieuse , surtout parce quej'avoisun corps foible et uï tempérament délicat.

M'ayant écouté attentivement, et considéré mûrement toutes mes raisons : C'est pour cela, dit le serviteur de Dieu, que la divine Providence a voulu qu^il y eût dans l'Eglise divers Ordres Religieux, atic que ceux qui ne pourroient supporter les austérités et les mortifications extérieures des plus pénitents, entrassent dans les plus doux. Vous avez la congrégation des clercs réguliers de Saint-Paul, où la discipline et la perfection religieuse sont souverainement en vigueur, et oii il n'y a pas tant d'austérités corporelles que ses coutumes et ses constitutions ne puissent être observées , avec la grâce de Dieu , par quelque homme que ce soit. Allez- vous-en à leur collège , et voyez si la chose n'esf pas telle que je vous le dis. Dès-lors cet homme de Dieu ne cessa de me presser jusqu'à ce qu'il m'eût vu enrôlé et admis dans cette vénérable congrégation. Yoilà ce que m'a raconté le Père Dom Guillaume.

tionem meam agitarem, sincère aperuij seorsim verô me ob id potissimùm religiosam vitam formidare , quôd corpus débile ac delicatas temperaturœ nactus essem.

Quibus attenté auditis et expensis : Et proptereà, inquit servus ille Dei , divinâ Providentiâ factum est, ut in Ecclesià varii sint ordines religiosorum; ut scilicet qui austeris et pœnitentice exteriori addictis non possit vitam addicere , mitiores ingrediatur. Et ecce tibi Congregatio clericorum regularium Sancti Pauli, in quà disciplina perfectionis religiosae summoperè viget, et nullo tamen tanto corporis labore premitur^ quin à quovis propemodùm homine ejus mores ac constitutiones facillimè^ Deo propitio, observari possint : accède ad eorum collegmm, et vide tu ipse num îtà se res habeat? Neque deinceps cessavit vir Dei quousque me huic colendissinice congregationi adscriptum videret et insertum. Et heec quidera narrabat Guilielmus.

De tout cela , il est facile de conjecturer combien étdit puissante la parole du grand Juvénal Ancina, quelle étoit sa prudence et sa sagesse à donner des conseils , et sa constante et parfaite charité à secourir le prochain. Car ce que j'ai rapporté tout à Theure par manière d'exemple, il l'a pratiqué à l'égard de bien d'autres : et pour ce qui me concerne en particulier, je confesse franchement que les lettres qu'il m'a écrites par une bienveillance singulière , ont beaucoup excité en moi l'amour des vertus chrétiennes.

Mais depuis qu'il eut passé de l'excellente manière de vivre de la congrégation de l'Oratoire aux très-saintes fonctions de l'épiscopat , sa vertu commença à briller et à rayonner bien davantage , comme il étoit très-raisonnable ; et il fut tel qu'w?2e lampe ardente et luisante , qui étant posée sur le chandelier, éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

En effet, lorsque , pour le saluer en l'année 1603 , je me détournai un peu de mon chemin , et que j'allai à Carmagnole, ville du diocèse de Saluées, où il faisoit alors sa visite

Ex quibus facile est conjicere quanta fuerit magni Juvenalis Ancinœ in dicendo efficacia^in consalendo sagacitas, et in juvandis proximis constans et perfecta charitas. Quod enim nunc exempli gratiâ à me recitatum est , id ipsum cum plerisque ahis actum cognovimus; et quidam, quod ad me attinet, ingénue fateor, plerisque quas pro sua in me propensione ab eo accepi litteris, vehementer ad amorem virtutis christianae incita tum fuisse.

Jam autem postquàm à prœclaro Congregationis Oratorii vivendi modo ad sacro-sanctum episcopal«» munus translatus est, tùm verô maxime ejus \irtus splendidiùs niicare, ac clariiîs, ut par erat, splendescere cœpit, ut lucerna nimirum ardens et lucens^,quœ suprà candelahrum posita, omnibus lucet qui in domo sunt ^.

Et quidem ciàm Carmaniolaî, quod oppidum est Salutiensis diœcesis, ubi visitationis pastoralis officio tune incumbebat, anno mil-

» Joan., V, 35. — « Matth., V^ 15.

If6 OPUSCULES

ipiscopale, je m'aperçus foit bien de Tamoiir et de la vénération que portoient les peuples de cette ville à sa piété et à la multitude de ses vertus. Ceir aussitôt qu'ils surent que j'étois arrivé , il n'est pas possible d'exprimer avec cruelle ardeur et quelle douce violence ils me tirèrent de l'auberge où j'étois logé , pour me mener dans la maison d'un noble bourgeois de l'endroit ; parce , disoient-ils , qu'ils auroient Toulu j s'il leur eût été possible , mettre dans leur cœur un liomme qui s'étoit détourné pour visiter leur cher pasteur. Et quoiqu'ils donnassent à l'envi mille témoignages de leur joie , soit dans leurs discours, soit dans l'air de leurs visages , pour la présence d'un si grand prélat , tout cela ^'étoit rien à leur gré ; parce que la noble affabilité que l'on remarquoit en lui , et son admirable bonté envers tous , attiroit sur lui les yeux et les cœurs de tous , et que comme on tiès-bon pasteur il appelait toutes ses brebis 2^ ar leur nom, pour les conduire à des pâturages verdoyants , qu'il les gUiroit , et même les entraînoit après lui , ayant ses mains pleines du sel de la sagesse.

îesîmo sexcentesimo-tertio, ejus salutandi gratiâ, relicto tantisper ilinere, venissem; sensi ego tune quantam dilectione mixtaiTi vene- Talionem ejus pielas et Yirtutum copia ir ;;>opulis illis excitaret. Nam Hbi me appulisse cognoverunt, dici salis non potest quo ardorc mentis^ amicà quàtlam vi ex hospitio publico in domum cujusdani no- Mis civis invexerunt^ quando ' ndein, inquiebant^ hominem qui honoris gratiâ ad suum dilectissimani pastorem diverteret, vellent, si modo possent, in medio pectorum recondere.

Keque unquam sibi Snfisfaciebantin la^iitià, quam ob tanli pontificis prœsentiam conceperanf. verbis ac vultu jucundè exprimendà^ cùm ïlle nobilissimâ quadam aiïabilitate ac suavissimà erga omnes bene- Yolentiâ, omnium pariter oculos animosque in se converterct, ac lanquam pastor egregius et beneficus, oves suas nominatim ad vi- ««nlia pascua evocaret ^ , manibusque sale sapientiœ plenis, ut |K)»i se venirent aUiceret, imô et tralieret.

* Joan., X, 3.

DE S. FRANÇOIS DE SALIjS. 417

Et pour tout dire en un mot , et sans offenser personne, je ne me souviens pas d'avoir jamais vu aucun homme qui fût plus abondamment rempli et plus richement orné des qualités que TApôtre désiroit tant aux hommes apostoliques.

Uno tandem dicam verbo, oui absit invidia; non memini me \idisse hominem qui dotibus, quas Apostolus apostolici.s virjs taaU>» perè cupiebat, cumulatiùs ac splendiçliùs ornatus esset.

4i8 OPUSCULES

LETTRE

A S. A. CHAULES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE,

Pour la confirmation des privilèges accordés aux personnes qui s'occupent

du soin de préparer la soie.

Annessi, 29 novembre 1617.

Monseigneur,

V. A. a dés le commencement favorisé l'establissement de , Tart et traffiq de la soye en ces quartiers de deçà comme une ceuvre de grande utilité au pays et de grande importance pour la gloire de Dieu , affin de divertir les artisans et ouvriers d'aller perdre leurs âmes dans Genève. Playsedonq à V. A. de confirmer les orivileges desja accordés aux maistres et apprentifs et autres personnes qui font profession de cet exercice; je l'en supplie très humblement, et ne cesse jamais de souhaitter toute sainte prospérité , comme je suis obligé de faire, puis que j'ay l'honneur d'estre,

Monseigneur,

Très humble , et très obeyssant et très fidelle orateur et serviteur de V. i.

François, Ev. de Genève.

» L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 2Î6* des lettres inédites de la collection Biaise.

LETTRE

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