AV PRIEUR ET AUX CHANOINES RÉGULIERS DE L*ABBAYE DE SIX , ORDRE DE
SAINT-AUGUSTIN. Tiret! de la Vie du Saint par Gh.-Aiig de Sales.
Il leur drmne r.ilification de la promesse qu'ils avoieni faite, par acte capitulaire, de reprendre la première règle et forme de leur institut.
25 janvier 1G18.
Il y a lon2;tems que nous avons désiré que tous les Religieux de nostre diocèse vinssent à reprendre la première règle et forme de leur institut, mais principalement nous avons désiré et tasché par exhortations que cela se fist es monastères qui ont esté laissés à nostre charge , sollicitude et jurisdiction ordinaire. C'est pourquoy nous avons non seuî lient approuvé et ratifié , approuvons et ratifions cet acte des promesses des dévots chanoines de saint Augustin du monastère de Six » mais les louons et a^^mons de tout nostre pouvoir dans les entrailles de Jesus-Christ ; et, selon nostre puissance et nostre autorité ordinaire sur ce monastere et chanoines réguliers d'iceluy, mandons et commandons qu'i\ soit observé; baillant nostre bénédiction paternelle à tous ceux qui embrasseront cette pauvreté qui s'observe.par tous ceux qui vivent en commun.
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LETTRE
AS. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE, Sur rétablisseiïient des PP. Chartreux à Ripaille.
Anneci, 11 février 1618.
Monseigneur^
Entre les saintz projetz que Dieu inspira à Y. A. tandis^ qu'elle fut icy pour restablir le lustre du service divin en ce pais de deçà , l'un estoit de mettre les Pères Chartreux à Ripaille , qui de tous tems ont une très particulière obligation et fîdelle affection à la Couronne de Savoye, et desquelz la vie et les offices sont d'une merveilleuse édification. C'est pourquoy, Monseigneur, le Père don Laurens de Saint Sixt, estant par delà, j'ay creu que ce seroit à propos d'en ramentevoir V. A., à ce qu'elle oye avec confiance ce qu'il luy en représentera ; puis que non seulement il a pour ce sujet la créance de son gênerai , mais aussi une spéciale fidélité au service et à l'obeyssance de S. A., de laquel' J il est né sujet et vassal ; et cependant je prieray Dieu qu'ix comble de ses grâces V. A., à laquelle faisant très humblement la reve-
^ leace, je suis,
Monseigneur,
Très humble , très obeyssant et très fidelleorateur et serviteur,
François, Ev. de Genève.
* L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 228»' inédite de la collection Biaise.
DE S, FBANÇOIS DE SALES; &l
cxxrv LETTRE '
AU MÊME
Saint François recommande à S. A. les affaires de la sainte maison
de Thonon.
A Notre-Dame de Myans, le 28 février 1618. Monseigneur,
La saincte Mayson de Thonon ne peut subsister que par la bonté et libéralité de S. A. qui en est la fondatrice, et laquelle partant est suppliée maintenant sur divers articles desquelz la resolution et exécution est nécessaire pour maintenir la ditte Mayson , ainsy que le sieur Gilette présent poreur représentera. Playse à V. A. S. d'estre favorable à cette bonne œuvre, comme elle l'est ordinairement à toutes : c'est la supplication seule que pour le présent je luy fay, et qu'elle me fasse la grâce de m'advouer tousjours,
Monseigneur,
Son très humble , très obeyssant et très fidelle orateur et serviteur ,
François , Ev. de Genève.
• L*original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 2Î9» inédite de la collection Biaise.
"nm
cxxv, LETTRE^
Saint François intercède auprès de S. A. pour la lib^'^té (ju Père Angelo Cal» cagnio, gardien des Observantins de Plaisance , ûetenu à Chambéry.
. A Grenoble, 8 mars 1618.
Monseigneur,
Le Père Frère Angelo Calcagnio, gardien des Observantins de Playsance, est prisonnier dés il y a trois moys à Chambery, et parce que je l'ay souvent veu à Annessi, où il a quelquefois demeuré des mois entiers avec son frère , et n'ay jamais rien reconnu en luy contraire à la pieté et religion , je l'ay visité en sa prison où je l'ay treuvé comme un homme que le tesmoignage de sa conscience tient asseuré, et parce qu'il m'a demandé pour l'amour de Dieu mon intercession auprès de V. A., je ne la luy ay peu refuser; c'est pourquoy croyant fermement que rien ne se treuvera contre son innocence, je fay très humble siipplication à V. A. de luy vouloir départir sa faveur pour sa briefve sortie, et son renvoy en son cloistre.
Dieu fasse de plus en plus abonder ses grâces sur la personne de V. A. de laquelle je suis.
Monseigneur,
Très humble , très obeyssant et très fidelle orateur
et serviteur,
François , Ev. de Genève.
* L'autographe en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 239e inédite de la ccilection Biaise.
DE S. FRANÇOIS DE SALES. 42f
AUTRE LETTRE
AU MÊME
Saint François demande à S. A. le payement d'une pension de cent écus assignée aux curés d'Armoy et de Draillans.
n y a dix-sept ans qu'à la poursuite de PEvesque de Genève, fut obtenu un arrest du Sénat par lequel les cures d'Armoy et de Draillens furent adjugées à leurs Curés efc légitimes titulaires. Mais soudain après, par commandement exprès et absolu de S. A. Ser., pour certaines justes et extraordinaires considérations, lesdites cures furent remises à la ville de Genève , les Curés en demeurant privés , et parce que S. A., selon sa pieté , voulut que néanmoins l'exercice catholique fust continué esdites deux paroisses et à ces fins ordonna que cent escus d'or seroient délivrés annuellement aux deux prestres qui feroient ledit exercice , assignation donnée sur la gabelle à sel, de laquelle somme néanmoins' on n'a jamais peu estre payé que pour trois ans, de sorte que les ecclésiastiques desservant es dits bénéfices ont esté contraints de s'entretenir d'emprunts faits tant par eux que par ledit Evesque , et parce que la pieté, l'équité et la justice requièrent qu'à l'avenir ledit exercice catholique soit continué et par conséquent les Prestres entretenus :
Son Altesse est suppliée en toute humilité de faire posei CQ payement au bilan pour cette année et les suivantes , et comme encore pour les arrérages.
' L'original s'en conserve au monastère de la Visitation d'Annecy. C'est la 23le inédite de la collection Biaise,
AUTRE LETTRE
Saint François remercie S. A. pour avoir ordonné que les curés d'Armoy
et de Draillens fussent payés.
Annecy, le 26 avril 1618.
Jq fais en toute humilité action de grâces à V. A. de 1?» lettre quel!' a escritte à M. le marquis de Lans, affîn qu'il mist ordre à faire payer les curés d'Armoy et de Draillens^ qui de si longtems estoient en extrême disette , et pretz à quitter leurs charges si je ne les eusse soulagés.
J'espère , Monseigneur, que ledit seigneur Marquis effec tuera l'intention de V. A., ainsi qu'il m'a asseuré à mon retour de Grenoble ; et ne me reste qu'à la supplier très humblement de vouloir tousjours ainsy protéger les affaires du service de Dieu , qui ensuite multipliera ses grâces sur la vie et la personne de V. A. Ser. à laquelle je fay très humblement la révérence et de laquelle ,
Monseigneur,
Je suis très humble , très obeyssant et très fîdelle orateur et serviteur,
François , Ev. de Genève,
* L'original en existe aux Archives de la Cour de Turin, C'est la 233» inédite de la col]3ction Biaise.
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Gxxvin.
AUTRE LETTRE
AU MÊME
Saint François supplie de nouveau S. A. d'ordonner le payement des cuiéi
d'Armoy et de Draillens.
Anneci, le 2B août 1618.
Monseigneur^
Quoyque V. A. Ser. ayt souvent commandé, comme la justice et pieté requeroit, que les curés d'Armoy et de Draillens fussent payés de leurs pensions, néanmoins ils n'ont jamais peu retirer un seul liard depuis quatre ans en ça , quelle sollicitation qu'eux et moi en ayons sceu faire, et quelle remous trance que nous ayons proposée de l'extrême nécessité que ces paroisses ont d'estre assistées. C'est pourquoy, Mon*seigneur, je suis forcé de recourir de rechef à l'équité et bonté de Y. A. , affin qu'il luy plaise d'user de sa providence en cett' occasion et d'ordonner ces payemens , en sorte que meshuy ces pauvres ecclésiastiques puissent en naix faire Le service de Dieu en leurs églises ; et cette Divine iVlajesté. en bénira de plus en plus Vostre Altesse,
Monseigneur, Très humble , très obeyssant et très fidelle orateur et serviteur,
François , Evesque de Genève.
1 L'original en est conservé aux Archives de la Coup die Turin. C'est la 2f5« inédite de la collection Biaise.
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AUTRE LETTRE
A S. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE.
Saint François recommande à S. A. les pauvres gens de la vallée d'Âui.
Annecy, 30 août 1618.
Monseigneur,
Ces pauvres gens de la val d'Aux, comme esperdus d'une ruine présente qui les accable, n'ont sceu où se jetter à refuge qu'aux pieds de V. A., et certes je ne voy nullement qu'une main moins forte et une providence moins paternelle que la vostre, Monseigneur, les puisse garantir. Car je pense qu'ilz n'ont à se plaindre principalement que de leur malheur, contre lequel rien ne peut leur donner allégement que le bonheur d'estre regardés en pitié de V. A., à laquelle Dieu qui voit leur extrême misère inspirera , comme ilz espèrent, quelque moyen favorable pour les retirer de ce gouffre. C'est ce en quoy j'implore avec eux la grâce de V. A., à la quelle faisant très humblement la révérence et sGêihaittant ]c- comble de toute sainte prospérité , je demeure ,
Monseigneur,
Très humble , très obeyssant et très fî délie orateur et serviteur,
François , Evesque de Genève.
1 L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 237« inédite de la collection Biaise.
T)E S. FRANÇOIS t^R gALES. 433
cxxx, LETTRE
BN FAVEUR DU CHAPITRE. PE SA CATHÉDRALE» ^ M. I^ FROTBARAIN , CONSEILLEE AU PARLEMENT DE BOURGOGNE;
Le Saint lui recommande le Chapitre de sa cathédrale, dans une affaire qu'il avait avec les habitants de Seyssel.
Annecy, 3 septembre 1618.
Monsieur,
J'ay un chapitre autant bien qualifié qu'il se peut dire ; c'est pourquoy, outre le devoir que j'ay au service de Dieu et de l'Eglise, j'en ay un bien particulier à mes chanoines, qui, par un assez rare exemple, ne sont qu'un cœur et qu'une ame avec moy au sein de ce diocèse.
Pour cela , Monsieur, j'implore avec eux vostre justice et pieté , pour la conservation de leur droit en l'affaire qu'ils ont avec messieurs les Syndic et habitans de Sessel, lesquelz, si je ne suis grandement trompé, ont bon besoin d'estre rangés et remis en devoir, tant envers les ecclésiastiques qu'envers les magip'^rats.
Mais de cela. Monsieur, vous en discernerés et jugerés, tant que priant Dieu qu'il vous face de plus en plus abonder en sa grâce, je veux estre à jamais de tout mon cœur vostre, etc.
* Tirée du monastère de la Visitation de la ville d'Amiens. C'est la 451* lettre de rédiiion Biaise.
Vï.