‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 30 sur 99 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

VILLES ASSIÉGéBS QUI n'QNT PAS ÉTÉ PRISES

Tai lu quelque part : t Toute armée qui s'enfenne est perdue pour la victoire. » La sentence , vraie ou fausse , n'attaque mon opinion en aucune manière. Je n'ai pas voulu de forts détachés, par la raison surtout qu'une por-

tîon notable de l'armée s'y enfermerait inévitablement. J'adopte l'enceinte continue, car elle pourrait être défendue par la population, car elle laisserait à l'armée la liberté de ses mouvements, car, suivant l'expression de Napoléon , pour défendre une forteresse , des soldais ne sont pas nécessaires, des hommes suffisent.

Il n'est pas jusqu'aux proverbes dont les adversaires de la fortification n'aient cru pouvoir se faire une arme puissante. Ville assiégée, se sont-ils écriés, ville prise. Malgré tout mon respect pour les dictons populaires, je ne puis m'empécher de remarquer que

Mézières ne fut pas pris en 1520

ni Marseille en 1524

ni Péronne en, 1536

ni Landrecies en , 1543

ni Metz en 1552

ni Montauban en 1621

ni Lerida en 1647

ni Maêstricht en 1676

ni Vienne en. 1683

ni Turin en 1706

ni Coni en 1744

ni Lille en 1792

ni Landau en 1793

ni Burgos en 1812

etc.

A l'appui du proverbe on a cité Madrid ; mais Madrid n'était pas fortifié, il n'avait pas de nwrs d'enceinte. On a cité Varsovie qui, de même, n'était entouré que d'où-

vrages de campagne. 11 faut s*y résigner, les faite, en toute circonstance, ont un rôle brutal. Ils ne revotent même pas la prétenclue sagesse des nations.

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