‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 33 sur 99 · STR LE RÔLE DES SORTIES DANS JLA DÉPENSE DES PLACES · texte numérisé non relu

STR LE RÔLE DES SORTIES DANS JLA DÉPENSE DES PLACES

Les forces renfermées dans Paris « seraient paralysées derrière un rempart en avant (Juquel elles ne pourraient, déboucher!» Cette objection du général Bernard a été. souvent reproduite par les adversaires de T^nceinte continue dont Paris a été entouré.

J'avais cru jusqu'ici que les fortifications modernes étaient disposées de manière que les troupes assiégées pussent faire des sorties; une simple assertion dénuée de preuves ne me fera certainement pas changer d'avis.

La défense des places fut longtemps fondée sur les sorties. Les généraux y recoururent plus rarement lorsque , Yauban introduisit dans l'attaque des perfectionnements importants. Quoique les places n'eussent pas changé de forme, ces progrès d'une des branches de l'art des pièges, rendaient les sorties très-meurtrières ; elles exigeaient une vigueur extrême, et n'offraient plus autant.de chances de réussite*

Nous voyons néanmoins à Philisbourg, en 1776, les continuelles sorties du brave commandant Dufay, entraver sans cesse les opérations de Farmée du prince de Bade. Dans la même année, les sorties de M. de Calvo rendirent vaines, pendant six semaines de tranchée ouverte, les intrépides attaques du prince d'Orange contre Maêstricht, et donnèrent au maréchal de Schomberg le temps d'arriver et de faire lever le siège. Les Mémoires du prince Eugène nous apprennent quel rôle

4WV LES fortifications;

admirable jouèrent les sorties, en 1708, dans Tiinmortelle défense de Lille par le maréchal de Boufflers. Ainsi, la continuité des remparts, des fossés de ces trois places,, n'empêcha pas les mouvements offensifs des assiégés.

Faut41 des exemples plus modernes? Je rappellerai que le maréchal de Belle-Isie sortit de Prague le 16 décembre 1742, avec 11,000 hommes, 3,200 chevaux, 50 pièces de canon, et arriva ainsi à Égra ;

Que le âO mai 179â, 6,000 hommes sortirent de Mayence avec une telle impétuosité, que le roi de Prusse et ses généraux eurent à peine le temps de rallier leurs troupes.

Je trouverai qu'en 1810 les Turcs de Schoumla, protégés par une ligne continue dépourvue de. tout ouvrage extérieur, sortirent à plusieurs reprises et sans difficulté pour livrer bataille aux Russes.

Je dir^ enfin qu'en 1811 la gamii^n d'Almeïda,. s'inspirant sans doute du glorieux souvenir que la garnison d'Haguenau avait laissé dans nos fastes militaires au commenceriient du xvni* siècle, sortit tout entière de la ville pendant la nuit, traversa les cantonnements de l'armée anglaise, et échappa ainsi à une capitulation qui semblait inévitable.

fl est vrai que dans Ih plupart des Mortifications modernes, le système des communications entre l'intérieur et l'extérieur de la place n'est pas sufiisamment bien établf ^ n'est pas assez facile. Turenne, le maréchal de Saxe, etc., se sont expliqués sur ce point en termes positifs. En fortifiant Paris, nos habiles officiers ont évité cet inconvénient autant que possible. Dans le corps

illustre da génie, personne n'ignore qu'une des causes de l'admirable défense de Grave, en 1674, fut que l'absence de traverses, l'absence de nlurs de contrescarpe dans les chemins couverts, y rendait là circulation entièrement libre ; que dès lors les troupes de Chamilly, la cavalerie elle-même , débouchaient sans difficulté de la place pour harceler l'ennemi, tantôt sur un point, tantôt sur un autre.

Au reste, dans une place destinée à être principalement défendue par des gardes nationales, les mouvements offensifs , les actions de vigueur au dehors devant être, toutes choses égales, plus rares que si la garnison se composait exclusivement de troupes de ligne, le nwde ordinaire de communication, malgré tous ses défauts, n'entraînerait pas de bien factieuses conséquences.

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