‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 38 sur 99 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

néCESSITÉ DE FORTIFIER LES CÔTES ET LES PORTS DE MER

Les premiers coups de canon qui se tireront au moment où la paix cessera iront de la mer à la terre, ou de la terre à la mer. C'est à la mer qu*est le danger le plus imminent

Le port du Havre, c'est l'opinion de tous les marins, je pourrais ajouter des marins les plus illustres, est tellement accessible aux bateaux à vapeur, à moins qu'on ne construise le fort du banc de l'Éclat, qu'une semaine après une déclaration de guerre avec certaine puissance maritime, l'entrée du port serait renversée ou bouchée, et tous nos établissements militaires et commerciaux seraient incendiés.

Jadis, quand une flotte pénétrait dans un golfe, elle était obligée de songer à la possibilité du retour. Avec les bateaux à vapeur, cette prévoyance est devenue inut tile; on entre et on sort quand on veut, et à peu près

comme on veut. Si Sidney Smith avait eu des bateaux à vapeur il n'eût pas été pris, il eût fait sur les rives de la Seine un ravage effroyable. Telles sont les raisons pour lesquelles je demande instamment qu'on établisse une formidable forteresse sur le banc de l'Éclat.

Les fortifications qui défendent Toulon du côté de la mer n'ont pas été entretenues avec l'attention , avec le soin que l'importance de cette place exigeait et que doit inspirer le danger de voir quelques bateaux à vapeur bien armés pénétrer dans la rade et incendier l'arsenal. Jusqu'à ces derniers temps les fortifications de Brest ont été laissées dans un état déplorable. J'appelle de toutes mes forces la sollicitude de mon pays sur les travaux que réclame la défense efficace de nos côtes, de l'embouchure de nos rivières, de Tentrée de nos ports.

Page 1