CHAPITRE XXXII
DU PBRFECTI01I1CKMEIIT DES ARMES A fEU. — MACHINE GRIMPÉ POUR FAIRE LES BOIS DE FUSILS. ^ CARABINE DELVIGNE.
Le comité d'artillerie a sans doute grandement raison de ne pas adopter à la légère toutes les inventions qu'on lui présente; il est très-sage qu'il les soumette à des
épreuves sérieuses;. mais JMmmpbilité n'est pas de la sagesse,
. On disait jadis des académies qu'elles avaient pour devise : « Nul n'aura d'esprit que nous et nos amis. »
Les académies se sont corrigées ; que le comité d'artillerie se corrige à son tour; il y gagnera, et le pays aussi.
J'ai eu pour ma part plus d*une fois l'occasion de lutter contre cette espèce de parti pris de s^opposer à toute invention nouvelle, de n'accueillir qu'avec une incrédulité railleuse l'annonce des découvertes les plus importantes.
Je me souviens que je fis^ de vains efforts en 1842 pour exciter l'intérêt des députés mes collègues en faveur des télégraphes électriques. Je disais qu'ils frappaient à notre porte; je demandais qu'on fit des expériences, qu'on exécutât ces télégraphes. Mes paroles restèrent d'abord sans écho; ce genre d'appareH est aujourd'hui établi dans le monde entier.
Je vantai les balles cylindro-coniques. Les résultats que je citais soulevèrent des doutes. Eh bien, qu'on me permette de renvoyer les incrédules à l'organisation de chacune des divisions actuellement formées ; ils verront partout figurer des canonniers armés de carabines à balles cylindro-coniques.
Un jour, appuyé sur des recherches de physique terrestre 2, je parlai de la nécessité de construire le port d'Alger avec de gros matériaux : on avait alors fait pré-
1. Voir, t V des OEuvres complètes^ t II des Notieu scientifiques^ page /i75.