Voir plus haut, p. 31S
préférable, Uair froid qui entre dans les mines et en sort difficilement influe-t-il sur la roche dans laquelle des thermomètres sont plotigés, et cause-t-il le ralentissement dans l'accroissement de la température?
« M, d'Oyenhausen dit dans un de ses Mémoires : Je ne doute pas qu'avec l'appareil que nous employons nous pourrions parvenir à 2,000 mètres de profondeur et bien au delà en se servant d'une machine de douze chevaux ; les frais ne s'élèveraient pas chez nous à plus de 300,000 francs. Une grande masse d'eau à une haute température (70 degrés centigrades) serait d'un grand prix , et dans nos mines nous entreprenons des travaux dont le terme est de plus d'un demi -siècle. Un puits foré, de 2,000 mètres serait tenniné en moins de quinze à dixhuit ans. »
Quand bien même on n'aurait pas la certitude d'obtenir de l'eau très-chaude venant d'une profondeur de 2,000 mètres, il n'en serait pas moins d'un grand intérêt scientifique de procéder à un tel forage. C'est là une expérience que devrait certainement entreprendre un gouvernement ami des sciences.
Le puits de Pregny dont parle M. de Humboldt dans la lettre précédente et où ont été tentées les expériences de MM. de la Rive et Marcet avait été foré dans le but de se procurer des eaux jaillissantes, but qui ne put être atteint; les deux habiles physiciens y ont descendu un thermomètre à maximum de Bellani qui a marqué au fond, à une profondeur de 225 mètres 17*. 5; la température moyenne de Genève est de 10*. 07.
9* Puits de Neuffen (Wurtemberg).
Le puits foré près de Neuffen en Wurtemberg, dont nous avons déjà parlé (voir plus haut page 367), est d'après les observations de M. Mandelslohe publiées en 1844, celui qui donne l'accroissement de température le plus rapide. Ce puits est creusé jusqu'à 245 mètres dans des schistes noirâtres bitumineux appartenant à Toolithe inférieur ; plus bas il pénètre dans les couches calcaires et marneuses du lias. Sa profondeur totale est de 385 mètres; son orifice est à 420 mètres au-dessus du niveau de la mer, et à 326 mètres au^-dessous du plateau de r Aipe de Wurtemberg, si remarquable par de nombreuses éruptions basaltiques. Des mesures ont été prises en douze points différents dans le puits avec le thermomètre de M. Magnus depuis la profondeur de 30 mètres jusqu'au trou, où l'instrument a indiqué 38". 7 centigrades. La moyenne de toutes ces mesures donne un accroissement de 1" centigrade pour 10".5 d'approfondissement. Dans une discussion savante à laquelle il a soumis les diverses observations faites sur les températures des couches terrestres, M. l'ingénieur des mines Daubrée établit avec beaucoup de probabilité que l'anomalie constatée à Neuffen doit provenir de réchauffement communiqué par le basalte aux couches stratifiées jurassiques, échauffement moderne, qui n'a pas pu encore se dissiper dans l'espace.
10* Puits de Mondorff {grand duché du Luxembourg).
Le forage exécuté à Mondorff , dans le grand-duché du Luxembourg, par M, Kind, a attemt une profondeur de 730 mètres, mais la source jaillissante qui alimente rétablissement thermal de Mondorff provient non pas du fond du trou de sonde , mais de 502 mètres seulement. Il est donc difficile d'obtenir une indication précise de la température de la terre à la profondeur à la quelle on est parvenu. On conçoit, en effet,. comme le fait remarquer mon ami M. Walferdin qui s'est rendu sur les lieux en 1852 pour faire des observations avec ses thermomètres d'une précision •si remarquable , que l'espace compris entre 502 et 720 mètres étant rempli d'eau, il se forme des courants , et l'accroissement de température doit ainsi différer de celui qui aurait lieu dans la partie solide du globe terrestre. Toutefois M. Walferdin a cru devoir faire séjourner ses thermomètres à maximum dans la vase du fond du puits; trois expériences ont donné d'une manière concordante 27^63.
tMais, dit M. Walferdin, la source artésienne provenant de 502 mètres pouvait seule indiquer la température du sol dans la zone d'où elle jaillit avec un débit de 606 Ktres d'eau par minute. J'ai donc fait descendre à 502 mètres mes trois thermomètres déverseurs ; ils y sont parvenus en une heure trente minutes ; je les ai laissés séjourner à l'orifice de la colonne liquide descendante pendant cinq heures, et ils ont été remontés en une heure. Cette expérience a également été répétée trois fois, et la moyenne a donné 25*.65.
398 • lES PUITS FORÉS,
t Pour obtenir la détermination la plus probable de la température moyenne du sol, inconnue à Mondorff, j'ai observé régulièrement celle d'un puits fermé qui se trouve près de l'établissement thermal; sa profondeur est de 7 mètres, dont 4".50 d'eau. Douze jours d'observations ont donné en moyenne 9**.7. Cette détermination concorde d'ailleurs , en ayant égard à quelques différences dans les hauteurs, avec la température des puits d'Altwies, de Remerschen et d'Elvange, situés à peu de distance de Mondprff , et ne s'écarte pas de la température moyenne de Metz , résultant d'Une longue série d'observations. On sait que Metz est situé à 178 mètres, et Mondorff à 205 mètres au-dessus du niveau de la mer.
€ Ainsi en retranchant 7 mètres pour la profondeur du puits où j'ai cherché l'indication de la température moyenne, on a 25*. 65 — 9*. 7= 15*. 95 d'accroissement pour 495 mètres ou 1 degré pour 31". 04.
« Les terrains que la sonde a traversés sont les suivants :
yas 54M1
Keuper 206 .02
Muschelkalk. Iû2 .17
Grès bigarré, et, dans la partie inférieure,
grès vosgien 311 .46
Schistes anciens et quarzite du terrain de la
grauwacke des Allemands 16 .2/ii
tLe forage de Mondorff avait été entrepris pour la recherche des eaux salifères et du sel gemme qui se U'ouvent dans le trias; après qu'on eut atteint les schistes anciens , les travaux furent abandonnés , et c'est alors que les analyses de l'eau jaillissante ayant démontré son
analogie avec celles de Kreutznach et de Hombourg, il s'est formé à Mondorff un des établissements thermaux qui sont appelés à obtenir le plus de succès. »