‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 64 sur 99 · HISTOIRE DU FOBAGE DU PUITS DE GRENELLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU FOBAGE DU PUITS DE GRENELLE

J'ai pris une part* active au creusement du puits de Grenelle; j'ai défendu cette grande entreprise lorsque beaucoup de personnes, jouissant d'une légitime autorité, voulaient l'abandonner. Je pense utile à l'intérêt des sciences de placer ici une histoire détaillée d'une opération qui est devenue célèbre par les difficultés qu'elle a rencontrées, par les résultats qu'elle a produits et par ceux qu'elle promet pom* l'avenir.

Le conseil municipal de la ville de Paris ayant eu connaissance des excellents résultats que donnaient les puits artésiens d'Épinay, Stains, Saint-Denis, etc., etc., adopta l'idée d'alimenter par de semblables moyens les quartiers de la capitale qui avaient le plus besoin d'eau. En conséquence, dans sa séance du 28 septembre 1832, il décida qu'une somme de 18,000 francs serait affectée au forage de trois puits placés : le premier au carrefour Montreuil (faubourg Saint-Antoine), le deuxième à la Madeleine et le troisième enfin au Gros-Caillou.

Mais de l'examen plus approfondi de la question auquel se livra M. Emery, directeur des eaux de Paris, il résulta la démonstration que la nappe souterraine alimentant les puits d'Épinay, de Saint-Denis, etc., ne donnerait pas

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d'eau jaillissante à Paris. Des essais de forage tentés inutilement par M. Mulot en plusieurs endroits , avaient fait reconnaître que pour avoir quelque chance de succès il fallait percer la craie qui forme le bassin parisien. L'objection qu'on pouvait faire et qui portait surtout sur la grande épaisseur de la craie, n'arrêta pas M. Emery, qui proposa au conseil municipal de confier l'exécution du travail à M. Mulot. Le conseil des mines fut consulté ; il approuva le projet. Une décision du 15 novembre 1833 désigna l'Abattoir de Grenelle pour le théâtre de l'expérience qu'on allait tenter.

Le 29 novembre 1833, les équipages et instruments nécessaires à l'opération furent apportés à l'Abattoir. L'appareil pour monter et descendre la sonde était alors composé d'une chèvre ordinaire et d'un treuil mû par deux volants de 3"*. 50 de diamètre. Cinq ou six hommes étaient appliqués aux extrémités des rayons de ces volants.

Le 30 décembre, la sohde commença à fonctionner; elle traversa d'abord les sables et galets, connus sous le nom de terrain (Tatterrissement^ qui ont en cet endroit 9". 65 d'épaisseur. L'eau des puits ordinaires fut trouvée dans la partie inférieure de ces sables , et resta stationnaire à 7". 50 du sol.

Ce terrain, naturellement éboulant, nécessita l'emploi d'un premier tube, auquel on donna 51 centimètres de diamètre (au lieu de 0".45 prescrit par le cahier des charges) et une longueur de 9 mètres.

En l'enfonçant au travers de cette masse de galets, sa partie inférieure se refoula; comme elle interceptait le passage des outils, on dut la redresser, ce qui se fit avec

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quelque difficulté. La fin du calcaire grossier (marne cbloritée de 0",85) fut ensuite traversée; puis l'argile plastique, alternant avec des bancs de Hgnite et les sables quartzeux à grains plus ou moins fins avec pyrites de fer.

On trouva dans ce dernier terrain la deuxième nappe d*eau, dont le niveau s'est maintenu jusqu'à l'arrivée de l'eau jaillissante à 10".âO du sol, c'est-à-dire à 2". 80 audessous des eaux ordinaires.

Le trou de sonde se trouvant sans cesse rempli de sable apporté par cette nappe ascendante, on dut mettre un deuxième tube, auquel on donna un diamètre de 0".45 et 21 ".07 de longueur. Sa partie supérieure étant à 6". 73 du sol , il descend par conséquent jusqu'à la profondeur de 27^80.

On perfora sans difficulté les argiles panachées, et le passage du terrain tertiaire au ten*ain secondaire, composé de sable argilo-calcaire plus ou moins foncé, renfermant des nodules de craie dure, empâtés dans"^ des débris argileux.

La craie commence à 41 ".54 : d'abord très-friable et très-facile à percer, elle alterné bientôt avec des silex pyromaques en rognons, dont les bancs sont espacés de 2àâ mètres.

Un troisième tube est jugé nécessaire pour maintenir la partie de la craie qui menace de combler le trou. Son diamètre intérieur est de 0".40, sa longueur est de 51 ".09; sa partie supérieure est à 11". 76 du sol, et sa partie inférieure à 42". 85.

L'argile se resserrant continuellement contre les parois extérieures de ce tube, rendit impossible à une plus

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