‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 65 sur 99 · VL-^UL · texte numérisé non relu

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grande profondeur son enfoncement ; on dut le laisser à 42". 85, Il était de 1"».31 dans la craie.

Le 29 mars 1834 on était parvenu à 73"**50, lorsque les marnes argileuses qui se trouvent au-dessous de l'argile plastique, se frayant un passage à l'extérieur du tube (qui probablement avait été ébranlé par les chocs continuels que faisait la sonde en pulvérisant les silex), comblèrent toute la partie inférieure du trou, sur une longueur de SO^^.ôS.

Après avoir opéré le déblai de toute cette partie du tarou, on descendit, pour éviter de nouveaux accidents, un quatrième tube de O^.SS de diamètre, de 55". 57 de longueur, jusqu'à 57". 98 de profondeur (le trou de sonde n'étant foré que jusqu'en cet endroit au diamètre de 0".â8).

Le 17 juin , étant à 115 mètres, la cuillère, ouverte de 0*".18, qui fonctionnait dans de la craie friable, fut scellée au fond du percement par un éboulement de craie et de silex. Elle était tellement prise, que tous les efforts pour la retirer furent inutiles. Après avoir coupé plusieurs fois sans succès, par une force de traction, les boulons des barres, on résolut pour dégager la cuillère d'y percer un trou à côté.

Avant d'en entreprendre l'extraction, on crut prudent d'essayer, pour empêcher tout éboulement ultérieur, d'enfoncer le tube de 0".85, qui n'était qu'à 57 mètres. Cette opération réussit au delà de toutes les espérances ; car, après quelques coups de mouton, il descendit seul à H™.32. Cette chute d'un tube du poids de 2,000 kilogr., fut probablement sollicitée par un éboulement de la partie

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qui le retenait; et comme il n'était plus soutenu, il s*enfonça jusqu'à ce qu'il eût trouvé un corps résistant. La grande vitesse avec laquelle il fut précipité empêcha une partie des matières arrachées de retomber au fond du trou, et il fut serré tellement qu'il n'y avait plus d'él)oulement à craindre.

Le 26 septembre 1834, on était parvenu à la pro^ fondeur de 126^.91; en agissant par percussion sur un banc de silex , la sonde se rompit d'un même coup en quatre morceaux. Cet accident, qui d'abord parut trèsgrave, fut réparé en quelques jours, parce que heureu^ sèment le bout de tige le plus court était celui qui tenait l'outiU

L'approfondissement se continua sans particularité re-marquable jusqu'à 150",35. On perçait de la craie qui devenait à la fois et plus grise et plus dure, lorsque la sonde tomba librement d'une hauteur de 0".47. On crut d'abord à un malheur; mais l'instrument remonté apprit qu'il y avait probablement à cette place une cavité, d'Une part assez profonde et de l'autre assez large, pour que le trépan de 0".20 y tournât sans frott^nent La cuillère à soupape a rapporté de cette fissure de beaux échantillons de chaux carbonatée cristallisée.

Cest à cette profondeur que le premier appareil moteur fut déclaré insuffisant et remplacé par un manège pour servir à manœuvrer la sonde. Par ce nouveau moyen, trois chevaux montaient en une heure ce que onze hommes ne montaient plus que très-difficilemœt en trois.

Les accidents occasionnés par la rupture des câbles.

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donnèrent Tidée d'approprier aux sondages de grandes profondeurs Tencliquetage appelé d*06o, du nom de son inventeur^. Cet instrument, qui a rendu de très-grands services, est formé de deux mors en fer tournant excentriquement autour d*axes très-forts, La sonde peut tomber librement entre ces deux mors, mais quand, par une cause quelconque , un des agrès ou la sonde viennent à se casser, ils ne la laissent jamais descendre.

La partie supérieure de la craie, d'une nature friable, g'éboulant de temps en temps, soit par Tinfiltration des eaux supérieures, soit par les vibrations incessantes de la sonde, amenait sur Toutil des silex qui retardaient considérablement la marche du travail ; pour y remédier on crut prudent de placer un tube, pensant qu'A partir de cette profondeur, la craie serait désormais assez dure. Le trou n'ayant que 0".l5, l'agrandissement fut opéré à 0'".â& ; le 11 mars 1835, le cinquième tube, du diamètre de 0".31, fut placé à 147".97; sa partie supérieure est à 2*.â9 du sol.

Après la pose de ce tuyau, qui fut faite avec soin , on put accélérer la marche du forage.

La craie se durcit un peu et contient des silex de plus en plus gros et plus rapprochés.

A 155". 61 la sonde entra dans un vide de 0".25, semblable à celui que nous avons signalé précédemment

De 157".85 à 190". 98, on eut à percer une nouvelle série de couches beaucoup plus dures que la craie ; ce furent huit bancs de dolomie de 0"*.24 à 1".07 d'épais-

i. On en fit successivement quatre, et c'est le dernier qui seul a parfaitement rempli le but qu'on s'était proposé.

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seur, séparés d'abord par de la craie grise très- dure, puis par de la craie blanche sableuse, avec parcelles de mica et une grande quantité de silex pulvérisés,

A 221 mètres, la craie est encore blanche, mais elle devient plus compacte; elle renferme des lits de silex plus ou moins éloignés, qui présentèrent d'extrêmes difficultés au percement.

• . Le 30 juillet, lorsque le forage avait atteint la profondeur de 229 mètres, la sonde se rompit du même coup en sept morceaux ; de sorte qu'il fallut faire une nouvelle sonde pour retirer ïa première. L'extraction présenta de grandes difficultés : le bout que tenait l'outil accrocheur étant le plus long, les autres formaient coins autour de lui.

On dut employer le moyen extrême, c'est-à-dire celui de rompre par traction les barres tenant après l'outil, jusqu'à ce qu'un des autres bouts, le plus rapproché d* sol , se présentât On fit successivement la même opération pour les autres morceaux; enfin, la cuillère fut retirée le 11 novembre. Mais en mesurant exactement les débris de la sonde, on s'aperçut qu'il en manquait un bout de O^.OS. Plusieurs jours ayant été inutilement employés à tenter de l'extraire, on le rangea contre les parois du trou et on continua le forage.

Le 27 mars 1836, en perçant un banc de craie dure, on sentit que quelque chose s'opposait au mouvement du ciseau. On pensa d'abord que c'était un ou plusieurs silex; mais lorsqu'on voulut lui imprimer un mouvement de rotation, il fut impossible de le faire. On pensa donc que le bout de sonde de 0^.96 était retombé sur l'outil.

406 LES PUITS FOBÊS.

En descendant un cône taraudé pour le saisir^ les 16 premiers mètres de la sonde, composés de deux barres, se décrochèrent par la maladresse d'un ouvrier, et tombèrent de 280 mètres de hauteur. On craignit que les deux barres, dont le poids était de 600 kilogrammes, n'eussent brisé le cône qui était en acier cémenté ; mais un instrument semblable ayant été descendu, rapporta non-seulement les deux barres, mais encore le premier cône intact, tenant le bout de 0°'.98 qui était dans le trou depuis si longtemps.

A 279", 25 la craie est grise et dure, les bancs sont séparés par des intervalles plus tendres, les silex sont de plus en plus rares. Les derniers silex ont été trouvés à 336". 8. A partir de cette profondeur il n'existe plus de rognons siliceux, mais la silice qui se trouve disséminée dans la craie rend celle-ci très-dure.

A 341".35, la sonde, dont le poids était d'environ 8,000 kilogramjnes, étant trop pesante pour qu*on pût employer sans inconvénient la percussion, on dut la faire agir par un mouvement de rotation. Cette opération, qui jusque-là s'était faite péniblement à bras d'homme, fut désormais exécutée par trois chevaux attelés à un second manège.

Un engrenage placé à l'extrémité du rayon de ce manège, transmettait son mouvement par une roue intermédiaire à l'engrenage monté sur la sonde. Ce dernier était porté par un chariot, glissant au moyen de galets le long de deux bandes de fer, de manière qu'on pût dégrener facilement lorsqu'on voulait relever toute la sonde. Au centre de la roue était un carré dans lequel la tige de

sonde, carrée elle-même, pouvait monter et descendre en même temps que le manège tournait On lui imprimait par ce moyen une vitesse de 8 à 9 tours par minute.

Le travail put se continuer pendant quelque temps sans accident important; quelques barres se cassèrent, mais Textraction en fut facile.

Le 10 février 1837 on était parvenu à 393M7. Tandis qu'on remontait la sonde, 320 mètres de barres tombèrent de 75 mètres de hauteur ; la tête était une tige à anneau et la partie inférieure une cuillère à soupape , à vis, en quatre bouts.

Une première manœuvre de cône taraudé remonta la moitié de la tige; une deuxième rapporta les barres courbées en tous sens, et un bout de la cuillère. Il restait dans le trou la moitié de la tige, ses trois goupilles et trois bouts de Toutil.

Plusieurs essais d'extraction à Taide de tarauds tournant à droite et à gauche, furent tentés inutilement. Gepen* dant, les frottements qu'on remarqua sur la surface des instruments, prouvèrent qu'ils entraient dans la cuillère cassée. On nettoya ce qu'elle contenait avec une cuillère plus petite, et le taraud descendu ensuite la prit fortement

La plus grande difficulté n'était pas vaincue ; la cuillère, en tombant avec cet énorme poids, s'était déchirée par le haut et s'était scellée, pour ainsi dire, dans la craie dure.

Après de très-grands efforts, on parvint à la lever de 0".50. Arrivée là, elle ne voulut ni monter ni tourner : quatre crics et le cabestan du manège ne produisirent aucun effet On la fit redescendre avec peine et remonter

408 IBS PUITS FORÉS.

ensuite ; cette manœuvre répétée une quarantaine de fois, lui avait fait parcourir une hauteur de 3". 60; mais, comme précédemment, il était encore impossible de lui imprimer aucun mouvement. On dut la faire redescendre de nouveau en opérant par percussion. Enfin, après qu'on eut répété cette opération un grand nombre de fois, de centimètre en centimètre, la cuillère, soulevée de &".60, ne se trouvait plus arrêtée. On put Textraire, et on fut agréablement surpris de trouver dans son intérieur la moitié de la tige et ses trois goupilles. Cette extraction avait duré quinze jours.

Le 21 mars on était à la profondeur de &00 mètres, dans de la craie grise et dure. Le marché passé entre la ville et l'entrepreneui; était terminé ; néanmoins les travaux furent continués sans interruption.

Une nouvelle proposition pour percer 100 mètres de la profondeur de &00 à 500 mètres, fut soumise au con^ seil municipal, qui, animé du désir de terminer Tentreprise , s'empressa de l'approuver : le i** septembre , le nouveau marché fut signé par le préfet de la Semé. L'entrepreneur devait forer ces 100 mètres pour la somme de 52,000 francs, dans laquelle n'étaient pas compris les frais d'alésage et de tubage provisoire.

Le 25 mars, un c&ble neuf s'étant rompu , occasionna l'accident peut-être le plus grave qui soit arrivé pendant le cours du sondage.

Lorsque le forage était parvenu à la profondeur de &07 mètres, 325 mètres de sonde tombèrent de 80 mètres de hauteur dans le fond du trou.

En quelques jours les ))arres furent retirées à Taide

des cônejs, dans un mauvais état, comme on doit le penser; mais de la cuillère, qui avait 9". 43 de hauteur, on n'avait extrait que 2". 30 , c'est-à-dire la partie attenante à la sonde. Il en restait donc 7"". 13, dans lesquels se trouvaient trois ajustements à vis et deux boulets en fonte, formant soupapes.

D'abord on descendit sans succès plusieurs tarauds de divers diamètres; enfin, voyant qu'il était impossible de sortir la cuillère par ces moyens, on résolut de la prendre extérieurement avec le cône taraudé intérieurement; pour cela il fallut agrandir le trou qui n'avait que 0°'.13 de diamètre et le porter au diamètre de 0".16. Dans ce but, on descendit un alésoir fonctionnant par rotation; mais pendant cette opération « un nouvel accident, non moins grave que le premier, vint compliquer l'opération d'une manière décourageante.

La tige de suspension s'étant cassée, la sonde, qui tra* vaillait dans une partie tendre, s'enfonça de 13°". 50 dans un terrain où elle n'était pas parvenue avec le nouveau diamètre. Les lames de l'alésoir pratiquèrent en tombant quatre rainures de 2 centimètres de profondeur, dans la paroi du trou. Pour comble de malheur, le tenon cassé étant trop large pour passer dans l'^ncliquetage, brisa en tombant une des plaques de celui-ci et l'entraîna dans sa chute.

Ainsi , après deux mois de travail , employés à l'extraction de la cuillère, on avait en outre dans le trou un alésoir, toute la sonde courbée ou brisée, et un morceau de fer forgé, coudé à angle droit, recouvert d'une tôle épaisse.

Le premier cône taraudé rapporta le tenon cassé et la plus grande partie des barres, dans un état affreux. Une deuxième manœuvre du même instrument passa à côté de la sonde; après Tavoir cherchée longtemps à la place où elle devait être, sans pouvoir la sentir, on crut à un nouveau malheur; mais en laissant descendre le cône jusque sur le premier ajustement, on acquit la preuve du contraire. La tête de la sonde, qu'on ne pouvait toucher avec un outil du diamètre exact du trou, était rangée dans une excavation. Une caracole ^ instrument à crochet Horizontal , la prit sous le quatrième ajustement ; comme il n'était pas prudent de lui faire subir aucun effort de traction, dans la crainte d'aggraver la situation, on se contenta d'amener la sonde dans une autre partie du trou, de manière à pouvoir la saisir avec le cône. On avait bien réussi, car au premier essai on la tarauda fortement On tira dessus, d'abord avec le cabestan du manège, auquel on ajouta ensuite deux, quatre et six crics ; enfin la craie céda. On monta ainsi de. quelques mètres ; mais le morceau de fer forgé dont nous avons parlé, s' interposant entre la sonde et la paroi du trou, rendit inutiles tous les efforts de traction qu'on put faire : il formait coin. Il fallut redescendre en opérant par percussion ; opération qui dut être répétée plus de trente fois pour monter d'environ 30 mètres. Enfin on arriva dans un endroit où le trou avait un plus grand diamètre, et on put achever l'extraction sans nouvel obstacle.

Les grands efforts qu'on avait faits sur le manège l'avaient tellement endommagé, qu'il n'était pas prudent de continuer de s'en servir. On en construisit un autre

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beaucoup plus solide et mieux approprié à la manœuvre de la sonde ; on remplaça également les poulies fixes et leur chape, les boulons et les poulies mobiles; enfin, on substitua aux câbles, qui occasionnaient une dépense de /i50' francs par mois, des chaînes de fort calibre*

Quand l'appareil eut subi toutes ces modifications, on essaya de retirer le morceau de l'encliquetage, mais il n'offrait aucune prise aux instruments et descendit, poussé par la sonde, jusqu'à la cuillère.

Des outils de diflérentes formes furent employés en vain. Un cône fileté, d'un grand diamètre, fut descendu pour tarauder extérieurement, mais les silex tombés d'en haut et la pièce de fer fermaient hermétiquement le trou, de sorte qu'on avait à cette place une masse compacte de fer et de silex, sur laquelle les outils pivotaient sans entrer*

Dans cette alternative, on résolut d'avoir recours au moyen extrême, c'est-à-dire de pulvériser tout ce qui se trouvait sur la cuillère et au besoin la cuillère elle-même, jusqu'à son premier ajustement. On fabriqua en conséquence des douilles taillées à leur partie inférieure, dans l'intérieur desquelles on pouvait lire , à chaque fois qu'on les remontait , les frottements qui se produisaient en bas.

Ce travail , comme on doit le penser, ne marcha que très-lentement; car, outre qu'on avait à broyer des matières très- dures, le trou de sonde n'étant pas tube sur une longueur de 250". 03, fournissait continuellement de la vase. On résolut de descendre un tube qui embrassât la presque totalité du trou. Pour cela on fit l'agrandissement à partir du tube de 0".31 de diamètre, jusqu'à

la craie pure sans silex. Le sixième tube fut placé le 14 juin 1838; il a O-'.aôS de diamètre, 208".82 de longueur; il descend à 349". 72 du sol, et il pèse 6,478 kilogrammes.

Le 5 juillet on reprit les travaux pour Textraction de la cuillère. Après en avoir détaché des fragments avec les douilles taillées, on les remontait avec les cônes filetés. On ramena une fois entre autres un ajustement tout entier et un des boulets qui servent de soupapes. On essaya les ciseaux pointus de O^.Oô, de 0".07, de 0"'.08; mais ils passèrent à côté de la cuillère. On opéra ensuite avec un ciseau à laiton, du diamètre exact du trou, comme pour le percement d'une roche dure; de cette manière on avançait davantage qu'avec les douilles taillées; enfin, on reconnut à la suite de Fintroduction un ciseau pointu, sur la frette attachée à la soupape ; on était donc certain de retirer la cuillère, puisqu'on entrait dedans. Son extraction fut annoncée deux jours d'avance. Après avoir extrait, avec une petite cuillère à soupape, la vase qu'elle contenait, on employa un taraud qui la remonta pleine de ses débris. Elle avait primitivement 7". 13 de longueur; on en retirait 3 mètres en très-mauvais état ; on en avait donc broyé 4". 13.

Tombée le 25 mai 1837, elîe fut retirée le 1*' août 1838, après quatorze mois de travail.

Le 3 août, on était parvenu à 408". 52. En perçant au ciseau, une barre se rompit, en tournant, à une profondeur de 361". 00. Le cône taraudé employé pour extraire la tige, passa à côté. Après trois jours d'essais avec la caracole, on put enfin la remonter.

Le 17 août, le même accident, accompagné des mêmes circonstances, se produisit à &!& mètres. Les mêmes manœuvres furent faites ; ce n'est encore qu'au bout de trois jours que la caracole prit la tige sous le quatrième ajustement. Lorsqu'on voulut sortir la barre , au lieu de suivre la direction du trou, elle passa derrière le tube et monta ainsi de 7". 35 entre les parois du trou et le tubage ; là se trouvait un ajustement : elle s'arrêta.

On voulut alors tout redescendre , mais la sonde resta suspendue derrière le tube et la caracole descendit seule. Arracher le tube n'était pas chose facile. Il fallait nécessairement renfoncer la sonde. Pour cela on fit une caracole beaucoup plus forte que la première , et l'on prit la tige au-dessus de l'ajustement ; après avoir frappé trèsfort, elle s'échappa. Lorsqu'on eut acquis la preuve de ce fait, on remonta la caracole et on en mit une autre qui, après bien des essais, retira enfin le k septembre la barre cassée.

On mit une barre plus forte, pour vaincre la résistance présentée par cette mauvaise place ; malgré cette précaution, le 15 septembre , il y eut encore une rupture à A14".60. On ne put, conune précédemment, prendre la sonde qu'au quatrième ajustement ; les barres passèrent de même deilîère le tube, restèrent suspendues, et la caracole descendit seule. Il fallait encore une fois les renfoncer ; mais on eut beaucoup de mal à saisir un ajuste^ ment. En frappant à petits coups sur le cinquième , on s'enfonça dessous et l'on ne pnt remonter la caracole. Espérant être plus heureux au sixième, on y descendit; l'outil passa encore derrière. On était arrivé à l'endroit

OÙ le trou avait un plus petit diamètre; Foutîl, avec la force dont on disposait, ne pouvait plus ni monter, ni descendre, ni tourner à droite ou à gauche : il fallut employer plus de force. On fit usage de deux crics , mais on cassa la barre qui tenait la caracole; celle-ci tomba. Heureusement la réaction avait fait échapper la sonde qui était derrière le tube , de façon qu'une autre caracole, d'une forme convenable pour la position de la barre, la retira le 27 septembre.

Après avoh: mis de très-fortes barres à cet endroit , on continua l'approfondissement. Le 31 octobre, en perçant un banc de craie siliceuse, un tenon se cassa à SIT^.9^; les cônes passèrent à côté de la barre, mais la caracole la remonta le. 8 novembre. On mit un tenon plus fort; il ne servit à rien, car le 11 novembre il cassa ; on ne put encore remonter la barre qu'avec une caracole*

Quelle était là cause de tous ces accidents? Le trou n'était pas de travers : on s'en était assuré. La seule explication plausible qu'on puisse donner à ce sujet est la suivante. On avait fait tant de manœuvres pour rethrer la cuillère cassée à 407 mètres, que les ajustements, en frottant toujours au même endroit, avaient pratiqué dans les parties les plus tendres du terrain une rainure , dans laquelle les barres venaient se placer. On conçoit, de cette manière, comment un cône du diamètre exact du trou passait à côté de la barre et même quelquefois à côté des ajustements; de sorte que, lorsque plus tard la sonde s'enfonça, les barres occupèrent la place des ajustements; celles-là n'étant plus soutenues, tendaient à se courber par l'énorme pression qui agissait sur elles, et, une fois

plies, agrandissaient Texcavation en tournant, enfin finissaient par se rompre.

Que faire? On avait remplacé les barres et les tenons qui cassaient, par des barres et des tenons plus forts; ils cassaient aussi. Tous ces accidents, qui se présentaient dans des conditions aussi difficiles, retardaient considérablement le travail : il fallait y remédier. Malgré la grande volonté qu'on avait de conserver au troii le plus de largeur possible, on résolut de placer un tube jusqu'au fond

Pendant Talésage, qui commença le 19 novembre, on cassa encore plusieurs barres à cette maudite place, et toujours on ne pouvait les sortir qu'avec la caracole. Une fois entre autres, la sonde se rompit en trois morceaux.

On plaça le huitième tube le 28 janvier 1839 ; il a 0".21 de diamètre; sa longueur est de 340°*. 22; il descend jusqu'à 409".62, c'est-à-dire 2 mètres plus bas que Tendroit où s'était cassée la cuillère.

En continuant l'approfondissement, on trouva à cette profondeur de la craie grise, alternant avec des bancs siliceux excessivement durs.

De 430". 50, la cuillère a rapporté des pyrites de fer; la craie est un peu plus argileuse.

Le 29 avril 1839, lorsqu'on était arrivé à 449". 54, l'OTcliquetage sauva la sonde d'une chute certaine.

A 465". 80 le ciseau traversa une couche de craie verte chloritée, de 0^.30 d'épaisseur. Ce nouveau terrain fit renaître l'espérance : on était donc bientôt aux argiles inférieures. Des échantillons furent distribués aux géolo-

gues qui suivaient Topération, et accueillis par eux comme les précurseurs de la réussite.

On trouva ensuite de la craie bleue argileuse un peu plus tendre, dans laquelle étaient enfermées les deux couches siliceuses les plus dures qu'on ait eu à percer dans le forage, l'une à 469". 75, l'autre à 471^88.

La craie devient ensuite de plus en plus argileuse ; elle contient des parcelles de mica et par place des veines de sable argileux ; puis elle est verte, avec des points de silicate de fer; elle est ensuite d'un. bleu foncé, puis grise; enfin à 505". 95 on trouve l'argile brune, compacte, micacée, renfermant de nombreuses pyrites de fer.

A 500 mètres, M. Mulot fit un nouveau marché avec la ville*, pour percer de 500 à 600 mètres, moyennant la somme de 84,000 fr. , dans laquelle n'étaient compris ni les frais d'agrandissement du trou, ni la fourniture des tubes provisoires.

Le 9 novembre on était parvenu à 515".45 ; l'argile qui jusqu'alors était dure et solide, devint tellement coulante qu'il fut impossible de percer davantage sans le secours d'un tube. La partie inférieure de la craie n'étant forée qu'au diamètre de 0". 13, on dut en faire l'élargissement à 0".20. Cette opération présenta de grandes difiicultés ; la dureté du terrain était telle qu'on né pouvait augmenter le diamètre de l'alésoir de plus de 0*".02 à la fois. Comme dans le mouvement de percussion on cassait

L Ce marché fut soumis à Tapprobation du ministre, qui Tadressa au conseil des Mines. Le rapport fut fait par M. Héricart de Thury, et publié en octobre 18Z|0 dans les Bulletins de la Société d'eneou' ragement*

un nombre considérable de boulons de sonde, on remédia en partie à cet inconvénient en substituant à la place des douze premières barres du haut, douze barres à vis d'un nouveau modèle.

Le 8 avril , le trou était agrandi à 0'".20 de largeur jusqu'à 475 mètres , lorsque la première barre du haut se rompit. En cherchant la sonde , on fut étonné de ne la trouver qu'à 26 mètres plus bas; l'alésoir était descendu à 501 mètres, et avait pratiqué dans sa chute rapide quatre rainures d'un centimètre de profondeur sur 26 mètres de longueur. Après s'être assuré avec la caracole que la sonde n'était pas cassée en plusieurs morceaux reposant les uns sur les autres, on la tarauda fortement avec le cône.

Quatre crics et le cabestan ayant coupé les boulons d'une barre , on la retira facilement ; deux manœuvres semblables rapportèrent au sol chacune une portion de la sonde. L'appareil ayant été descendu une quatrième fois, la sonde se cassa au - dessus du cône qui resta dans le trou; à une cinquième et une sixième opération, les barres se rompirent successivement en s' approchant du sol, de sorte qu'il y eut dans le forage trois sondes formant une ligne continue dont les sections étaient reliées par trois cônes taraudés à droite , et se terminant en outre par l'alésoir, qui, avec ses tiges, formait une longueur de 49-.54.

Comme on ne pouvait employer plus de force de traction , puisqu'on rompait à chaque fois la sonde dans la partie supérieure, on résolut de dégager deux lames de l'alésoir en perçant un trou à côté. Mais auparavant il fallait retirer les parties de sondes tenues par les cônes, Vf.— m, 27

lis LES PUITS FORÉS.

et ne laisser que les ft9".54 tenant l'outil. A Cet effet, on descendit. des cônes filetés à gauche, qui sortirent facilen)ent les sondes.

Une première frette taillée, montée sur un cylindre de forte tôle, descendit jusqu'à 458'". 17 sans presque forcer; mais quand on voulut la retirer, elle tenait tellement qu'on ne pouvait ni monter, ni descendre , ni tourner. Après avoir essayé sans succès de l'enfoncer en frappant, on mit d'abord deux crics, puis quatre, puis enfin six; c'est alors que les craintes devinrent sérieuses. On pouvait avec ces six crics, casser soit la sonde, soit les boulons, et alors les difficultés devenaient presque insurmontables. 11 n'en fut pas ainsi, très-heureusement; le cylindre de tôle remonta hors de service , après avoir adhéré sur une longueur de 8 mètres. On fora à côté de l'alésoir, et jusqu'à 2 mètres au-dessous, un trou de 0'".12; ce n'est qu'après avoir mis la sonde dans une autre poisition avec la caracole, que le cône fileté put tarauder; mais on cassa de nouveau la barre, sans que l'alésoir fût remonté. Ayant coupé les barres et les boulons plusieurs fois encore, sans plus de succès, on remplaça de nouveau douze barres à boulons par douze barres à vis; on ajusta des boulons neufs sur tout le reste de la sonde, et l'on tira; cette fois il ne resta plus dans le trou que 25"'.67, y compris l'alésoir. On crpt en ce moment qu'il était possible de pouvoir ainsi couper les barres jusqu'au bas, mais bientôt on fut désillusionné. Un cône ayant été remis, la sonde se cassa à 425 mètres : le mal était donc empiré. Un nouveau cône ne rencontra la partie supérieure de la sonde que 16". 60 plus bas qu'elle ne devait être, ou à 441~.50 ;

LES PUITS PORES. m

l'effet de la réaction l'avait fait casser à une autre place. Ayant taraudé, on déploya toute la force possible, mais de manière cependant à ne rien rompre; la résistance étant trop grande, on détarauda.

Un cône d'un plus petit diamètre parvint, après bien des tâtonnements, à saisir l'autre bout; il était de 21'".58 plus bas que le premier, ou à 463'". 08. On tira dessus, sans succès, de toute la force du cabestan , et on le dévissa.

Il y avait donc dans le forage deux sondes cassées à côté l'une de l'autre , se serrant mutuellement et de telle sorte qu'elles résistaient à un effort de traction de S0,000 kilogrammes; de plus, il était difficile de savoir laquelle des deux tenait l'alésoir, puisque la barre pouvait être cassée à 16*". 50 du haut, et que, tout aussi bien, elle pouvait s'être rompue à 16"". 50 du cône. En effet, en en tombant de ces 16™. 50 elle pouvait s'être placée dans les mêmes conditions que dans la. première hypothèse , c'est-à-dire que la partie supérieure, dans ce second cas, devait se trouver également descendue à 441 ".50. Il est bon de faire observer qu'il était d'une importance extrême de connaître celle des deux sondes qui tenait l'outil, parce qu'en tirant sur l'alésoir, on ne pouvait que serrer davantage le morceau retombé à côté du cône. Quel était donc le bout sur lequel il fallait forcer? Le raisonnement suivant le fit découvrir : en tenant compte du diamètre du cône et de celui de l'ajustement d'une part, et du diamètre du trou d'autre part , on savait le point où l'ajus tement devait nécessairement s'être arrêté ; en ajoutant à cette profondeur les deux longueurs possibles de la tige

cassée, on devait retrouver 463". 08. lin calcul bien simple indiqua que le bout qui avait subi le premier quelques efforts, était précisément celui qui tenait le moins. On remit des boulons à toutes les barres, et on remonta une longueur de tige de 88".08, celle justement prévue par le calcul, car on a 425"*-!- 16™. 50 4- 21". 58 = 425- + 38-. 08 = /i63".08.

Ainsi , après trois mois de travail pour retirer Talésoir, on avait réparé bien des accidents graves, mais on n'était guère plus avancé que le premier jour. La force de traction ne pouvait plus être augmentée, puisqu'un effort de 75,000 kilogrammes suffisait pour rompre et barres et boulons; nécessairement il fallait avoir recours à d'autres moyens. On compléta d'abord une sonde neuve à vis de 500 mètres de longueur, en fer d'excellente qualité ; puis on mit à son extrémité un cylindre creux, de 27". 72, se démontant à vis en trois morceaux • et taillé à sa partie inférieure à grosses dents. A chaque fois qu'on voulait se servir de cet instrument (dont le but était de frayer un passage entre la sonde cassée et la paroi du trou) , on était obligé d'introduire dans son intérieur la barre tenant l'alésoir, qui, comme on le sait, était à une grande profondeur. Mais la cuillère à soupape qu'il fallait descendre de temps en temps pour extraire les matières broyées par la douille taillée, pressait de plus en plus contre le trou les quelques barres qui étaient au fond, de telle sorte que lorsqu'on voulait de nouveau remettre le cylindre creux , on était obligé préalablement de les changer de position avec la caracole. Quand on fut ainsi arrivé sur l'alésoir, on descendit un cône qui vissa fortement la barre ; on fit

LES PUITS FORÉS. iî4

force avec huit crics et le cabestan , on coupa les boulons de la deuxième barre (c'est-à-dire de celle qui tenait l'alésoir). Il n'en restait donc plus dans le trou que 17". 13, y compris Tinstrument.

Un nouveau cylindre, plus mince que le précédent, fut descendu ; cette fois il arriva jusque sur les lames. On força sur la sonde, pour tenter de l'ébranler ; un cône taraudé fut descendu, mais n'étant vissé que sur un tenon desonde, il s'échappa, mais sans causer d'accident.

Il restait un dernier moyen, qui fut aussitôt employé ; l'alésoir formait bien par la saillie de ses lames le diamètre à peu près juste de l'intérieur du tube ; mais comme il fonctionnait depuis plusieurs heures dans de la craie siliceuse très-dure , il devait nécessairement être un peu usé; or, quelques millimètres suffisaient pour se tirer d'embarras. On ajouta donc un nouveau cylindre, en tôle d'acier de 0"*.003 d'épaisseur, taillé à sa partie inférieure à dents de scie, et de la longueur des lames de l'alésoir.

Trois manœuvres de ce cylindre suffirent à faire sa place entre les lames et la paroi du trou. Comme il n'y avait plus rien qui dût retenir l'outil , un cône fut descendu; à peine avait-on taraudé, que l'alésoir tourna comme la sonde. Il fut enfin remonté.

Pendant son extraction , qui a duré quatre mois et six jours, on a cassé la sonde vingt-deux fois.

L'alésage du trou fut continué, et le 8 septembre 1840 le huitième tube fut descendu. Son diamètre est de 0"'.185, il a 129". 14 de longueur, et il descend jusqu'à 51 4"*. «^8 dans les argiles éboulantes.

Le trou étant tube, on travailla avec l'espoir d'arriver

in LES PUITS FORÉS.

bientôt au résultat. Le creusement des argiles présentait de grandes difficultés , attendu que chaque fois que le tube s'enfonçait (et on était obligé de l'enfoncer tous les 2 mètres), il se remplissait sur une assez grande longueur, qu'il fallait nettoyer à grands frais. On trouve dans ce terrain des parties de sable aggloméré et de grès friable, au travers desquelles le tube eut beaucoup de peine à passer. Les argiles renferment beaucoup de pyrites de fer, et des nodules de chaux phosphatée. De 531 à 540 mètres, la sonde a rapporté, outre les pyrites, de nombreux débris de coquilles fossiles, parmi lesquels on a reconnu : Ammonites Bucklandii; Pectenquinque costatus; Hamttes rotundus; Venericardia; Mytiloides Brongnartii; Spatangtis^ etc., etc.

Le 28 décembre, à 537". 50 on cassa une cuillère ouverte. Pour la retirer, on descendit une cuillère à soupape, portant à sa partie inférieure une douille filetée ; en tournant pour la visser, une barre se brisa. Craignant que les argiles qui se resserraient continuellement, ne vinssent augmenter les obstacles, on mit toute la célérité possible dans la descente du cône; mais, en remontant, l'arbre du manège , qui était d'excellent fer et qui avait 0". 07 d'épaisseur, se rompit ; on dut passer deux jours et deux nuits pour le remplacer.

On fit des eiîorts inutiles pour retirer la cuillère ouverte jusqu'au 26 janvier 1841. Les cônes et les caracoles passaient à côté, parce qu'elle n'offrait aucune prise, sa partie supérieure étant cassée. On voulut la ranger dans le terrain ^ de manière cependant à ce que la verticalité du trou de sonde ne fut pas altérée ; on éprouva quelque

difficulté à faire cette opération , et l'on acquit bientôt la certitude qu'elle était exécutée convenablement, lorsque le tube fut descendu plus bas que la partie inférieure de la cuillère.

Les tubes, une fois arrivés à 537«.97, résistèrent aux efforts qu'on faisait pour les descendre; le trou était percé jusqu'à 545". 01 et le terrain était composé d'argile verdâtre sableuse. Voyant la presque impossibilité d'arriver au but sans le secours d'un autre tube, on avait préparé d'avance une longueur de 60 mètres.

La cuillère fermée sans boulet, de 1"*.85 de hauteur, fonctionnait dans de l'argile extrêmement compacte, lorsqu'elle se rompit. Les ciseaux et les cuillères ouvertes avaient été essayé dans ce terrain, mais les premiers s'empâtaient après avoir percé quelques centimètres, et les secondes étaient remplies par les débris éboulés avant d'arriver au fond du trou. L'accident pouvait avoir des suites funestes, si l'on ne s'en fût aperçu à temps. Qu'on se figure , en effet , l'état dans lequel on eût mis la cuillère, 3i l'on avait continué de laisser tourner les deux bouts l'un sur l'autre. Infailliblement celui du dessous se serait déchiré, et alors comment le tarauder dans un trou qui se bouchait continuellement ? •

Lorsque la sonde fut remontée, on s'aperçut qu'il en manquait une longueur de 2"*. 50, Un premier taraud fut descendu sans succès; un. second, fait exprès, rapporta le morceau cassé. Ainsi, on n'avait plus que 2 mètres à percer, et il s'en fallait de peu que le succès ne fût retardé de bien longtemps : c'eût été échouer au port.

L'argile est de pins en plus dure; les parties non tubées

fournissent continuellement de la vase, et la cuillère n'entre à chaque manœuvre que de O^'-IO à O^.IS.

A 545"* 19 on fut obligé d'employer un ciseau ; il entra par des mouvements de pression et de rotation continués pendant cinq heures, de Q'^.lii. Une cuillère à soupape, mise ensuite, ne descendit plus bas que de 0".03. C'est dans cet outil qu'on trouva des gros grains de quartz, empâtés dans de Fargile verdâtre avec des fragments dq chaux phosphatée et des pyrites de fer. Une deuxième manœuvre, du même instrument descendit de O^.OS seulement, et rapporta également de gros grains quartzeux.

L'avant-dernière cuillère entra de O^.SS et remonta pleine. Sa partie inférieure contenait du sable vert trèsargileux, qui vint faire renaître l'espérance un moment refroidie, par cette longue série de bancs d'argile. On touchait presque au but; aussi le lendemain, bien avant six heures, maître et ouvriers étaient à leur poste. La cuillère, qui fut montée en â heures 45 minutes , vint de nouveau confirmer les prévisions de la veille. On, ne peut peindre le bonheur qu'éprouvèrent tous les assistants quand il fut constaté que la sonde avait rapporté le sable vert si impatiemment attendu !

On se hâta ^e redescendre la cuillère sans que personne voulût pour aucun motif consentir à s'éloigner du chantier de travail. Au bout de. deux heures l'outil était arrivé au fond du puits; il tourna d'abord assez librement et entra de 0~.50; c'était bon signe. Comme la sonde était un peu plus dure à tourner, on la dégagea en l'enlevant de 0"*.65, et l'on frappa légèrement au frein ; cette secousse fit entrer la cuillère de 0"\10. Les chevaux

éprouvèrent d'abord de !a résistance, et après une violente secousse, qui ébranla tout l'atelier, ils tournèrent sans effort. « La sonde est cassée ou nous avons de l'eau », dit alors le directeur du travail. Comme il descendait dans l'excaVation pratiquée pour la manœuvre de la sonde, afin de voir si le niveau de l'eau était plus rapproché du sol, un sifflement se fit entendre et l'eau jaillit avec force au-dessus de l'encliquetage.

On était au 26 février 1841, à 2 heures 35 minutes.

La sonde est entrée de 1 mètre seulement dans le sable quartzeux qui contient la nappe jaillissante. L'eau a charrié avec elle beaucoup de dents de squales, des gryphées virgules et un fragment de trigonie alifoime. Sa température est de 27". 7 centigrades.

D'après l'analyse que notre confrère M. Pelouse voulut bien faire immédiatement, elle est plus pure que l'eau de Seine. Malgré la masse de sable dont Tembouchure du puits est recouverte , l'écoulement à la surface du sol se monte à 24 millions de litres en 24 heures. Nous donnons ci-jointe (fig. 9 et 10) la coupe géologique de tous les terrains traversés. Cette coupe, sur laquelle sont marquées les profondeurs et les épaisseurs des diverses couches traversées par la sonde, rendra facile l'étude de tous les détails donnés plus haut et de ceux qu'il nous reste à rapporter.

Les travaux du tubage furent commencés le 29 juin suivant. Les tubes étaient en cuivre rouge, de 0"\003 d'épaisseur^ étamés en dehors et en dedans ; ils formaient une seule colonne pesant 10,000 kilogr., de trois diamètres différents (0"'.18, 0"'.22, et 0'".25), qui devait se

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LES PDITS FORÉS.

TsrruB d'attéfitteamt.

C«lf«ir« rhlonté

SaMc jaune ferrvjiiarus.

Argile hiruf et pyntei de fer.

Smbi« f u»rtagii« et fer f^ulfurc.

^Itle «fijiileus

Argile p«nach«e.

Ar||îl« crMjem*^

Manie uble««ën tmÀult^r^"

Sable arsiloM-airAire.

Craie fcraaehe mm ttlvr p^ron«4|wef noir* ea rogmou, etparvs V t a 3 Mi«<ree .

Ri>«'h<« doloMtiit^ue^ Ira» dun 1 an oombcr de huU, Mp.,«e« i ^ de^ baae, de rraie gntc et 4«r ^ rei»/r*Mant do» ulei |i«ilim«ei i c 4r* parce Un de Hur*.

Cr»i« Uwrbc »Tee sOn c» i

Silex «ib*M Mitim.

Rfi 9. .

- Cnf* C^loin-p*. d^ la partie s^^pénmr^ dn pnits .rt«sieii d* l'Abattoir de Gmirlle.

Ellf flrTi«nt de plus en plus ■ Ki|pu«a et fOQtient, dan* se» b«ncinférieurs, det pyritr^ de ter.

Argile brune inicar»e ttalf rmmnt <ie« pyrite» de fer, des nudulen d.

chaux phosphatée et de nombreusecoquille* foistles, trllet que: myti loidei ammonite.» Buchlandii. Herten quinqut-coitatus, Hamite* rtitur« du», Veneneardia, ete., etc.

Artile ^t «ro» sfAtm de quartz,

8ai>le,v«rt aritileui , pui« nnbli , quarlzeui, dans lequel m l'eau

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