‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 70 sur 99 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

HOmnSAU SYSTÈME DE FORAGE EMPLOTÉ A PERPIGNAN PAR M. FAUYELLB

M. Fauvelle, procédant un jour au tubage d'un puits artésien qu'on élargissait du haut en bas, s'aperçut qu'il ne fallait plus remonter ta sonde pour se débarrasser des déblais , que ceux-ci , entraînés par l'eau ^ remontaient sous forme de bouillie. Sur cette observation, M. Fauvelle a fondé un procédé de forage très-expéditif qu'il a employé avec succès en i8&6 à Perpignan. Je laisse Fauteur décrire lui-même son système ingénieux.

• L'appareil dont je me sers, dit-il, se compose d'une sonde creuse formée de tubes vissés bout à bout ; l'extrémité inférieure de la sonde est armée d'un outil perforateur, approprié aux terrains qu'il s'agit d'attaquer. Le diamètre de cet outil est plus grand que le diamètre des tobes, afin de réserver autour de ceux-ci un espace annulaire par lequel l'eau et les déblais puissent remonter. L'extrémité supérieure de la même sonde est en communication avec une pompe foulante au moyen de tubes articulés qui suivent le mouvement descendant de la sonde sur une longueur de quelques mètres.

€ La sonde est animée d'un mouvement de rotation au moyen du toume-à-gaucbe, ou de percussion par un treuil à déclic.

• La chèvre et le treuil pour monter, descendre et soutenir la sonde, ne présentent rien de particulier.

«Lorsqu*on veut faire -agir la sonde, on connnence toujours par mettre la pompe en mouvement On injecte jusqu*au fond du trou, et par Tintérieur de la sonde, une colonne d*eau qui, en remontant dans Tespace annulaire compris entre la sonde et les parois du trou, établit le courant ascensionnel qui doit entraîner les déblais; on fait alors agir la sonde comme une sonde ordinaire, et, à mesure qu'il y a une partie de terre détachée par Toutil, elle est à Tinstant entraînée dans le courant ascensionnel.

t II résulte de cette marche que les déblais étant constamment entevés par Teau, on n'a plus besoin de remonter la sonde pour s'en débarrasser, ce qui est 'une bien grande économie de temps. Un avantage aussi précieux, pour le moins, c'est que l'outil perforateur n'est jamais engorgé par les terres, qu'il agit toujours sans entraves sur le terrain à percer ; ce qui diminue de plus des neuf dixièmes la difficulté du forage. Si l'on ajoute à cela que l'expérience prouve que les éboulements sont nuls dans des terrains où la sonde ordinaire en déter^ mine toujours; que la sonde agit à 100 mètres avec autant de facilité qu'à 10 mètres, et que cette sonde, par cela môme qu'elle est creuse, présente plus de résistance à la torsion qu'une sonde pleine à volume égal, et autant de résistance à la traction, on aura énuméré ses principaux avantages.

« Ils sont d'ailleurs constatés par le forage que je viens de faire, à Perpignan, sur la place Saint-Dominique. Ce

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forage, commencé^e !•' juillet, était terminé le 23 par la rencontre de Peau jaillissante à une profondeur de 170 mètres. Si de ces vingt-trois journées (de dix heures de travail) on défalque trois dimanches et six journées perdues, il restera cpiatorze journées ou cent quarante heures de travail réel, ce qui représente plus de 1 mètre de forage à l'heure. C'est plus de dix fois le travail d'une sonde ordmaire.

• Dans le système que je viens de décrire, on voit que l'injection de l'eau a lieu par l'intérieur de la sonde/^ l'expérience m'a fait reconnaître que, lorsqu'il s'agit de rencontrer des graviers ou des pierres d'un certain volume, il valait mieux injecter l'eau par le trou et la faire remonter par la sonde. La vitesse plus grande qu'il est possible d'imprimer à l'eau, et le calibre plus exact

de l'intérieur du tube, permettent de remonter tous les corps qui peuvent se trouver au fond du puits, et que la manœuvre ordinaire ne pourrait pas attaquer avec avantage. J'ai remonté, par ce moyen, des cailloux de 6 centimètres de longueur sur â centimètres de grosseur.

• L'idée de faire remonter l'eau par l'intérieur de la sonde offre un moyen facile de forer au-dessous d'une nappe d'eau jaiUissante sans avoir besoin de pompe; il suffira de fermer hermétiquement l'orifice du puits, de manière à laisser libre le jeu de la sonde, et à ce que l'eau jaillissante soit forcée d'aller toujours chercher le bas du tube pour trouver une issue : elle y entraînera et ramènera au jour tous les déblais, i

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