‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 72 sur 99 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

DES PUItS FORÉS A GAZ

En cherchant de Teau dans les entrailles de la terre, à Taide de la sonde du fontainier, on rencontre parfois, au lieu de ce liquide , de grands réservoirs d'un gaz qui monte rapidement à la surfaces. Ce gaz est ordinairement inflammable; quelquefois c'est de l'hydrogène pur, le plus souvent de l'hydrogène carboné, c'est-à-dire le gaz qui se dégage spontanément des couches de houille, et donne lieu, dans les galeries des mines, à de si terribles accidents, ou bien, car c'est la même chose en d'autres termes, le gaz employé maintenant pour l'éclairage.

Les Chinois ont beaucoup de puits de cette espèce. Le gaz qui se dégageait de celui que l'abbé Imbert visita vers 1830 était conduit par de longs tuyaux sous plus de trois cents chaudières où on l'enflammait. On n'employait là aucun autre moyen d'évaporation. Des rues, des halles, des ateliers étaient aussi éclairés par le même gaz amené sur place à l'aide de tubes de bambou.

Il y a dans les États-Unis d'Amérique plusieurs villages dans lesquels on a mis à profit, pour éclairer les rues et les maisons, des courants de gaz qui se dégagent sans cesse, depuis un grand nombre d'années, par des trous qu'on avait faits en cherchant de l'eau.

On lit dans Pline le passage suivant :

cil sort perpétuellement du mont Chimère, près de Phaselis, une flamme qui brûle nuit et jour. »

M. le capitaine Beaufort a retrouvé cette flamme en

1811. Elle est évidemment le résultat d'un dégagement de gaz par une fissure naturelle du terrain. L'ancienneté de ce phénomène m'a paru devoir justifier cette citation. Le plus ordinairement, des réservoirs de gaz contenu dans les entrailles de la terre , ne peuvent pas fournir à un écoulement de quelque durée. A Cormeilles, département de Seine-et-Oise , il s'opéra un si abondant dégagement d'hydrogène par le trou de sonde d'une fontaine qu'y forait M. Dego\isée, que les ouvriers furent obligés de se retirer pendant toute une journée ; mais après trois ou quatre fois vingt-quatre heures, il n'en restait plus de traces. Le phénomène, accompagné des mêmes circonstances, s'est présenté récemment près de Trieste.

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