CHAPITRE XVIII
00 PARTI QU^EIf DIVERSES CIRCONSTANCES l'iNDDSTRIB A TIRtf DES EAUX PROVENANT DES FONTAINES ARTÉSIENNES
Je n^ai sans doute pas besoin de parler ici de salubrité publique, d'irrigations, etc« Ce chapitre sera donc destiné à signaler des applications moins connues.
Les sources artésiennes ont été recherchées comme moteurs, même dans les pays où les cours d'eau ne sont pas rares. Leur température constante et élevée permet, en effet, de les appliquer au mouvement des usines pendant les hivers les plus rigoureux , soit directement quand elles sont abondantes, soit comme moyen de fondre les glaçons qui arrêtent le mouvement des roues hydrau^ liques.
Dans le Wurtemberg, M. Bruckmann, en faisant circuler le long de tuyaux métalliques, convenablement disposés, de l'eau à + 12 degrés centigrades provenant de diverses fontaines artésiennes, est parvenu à maintenir à -|- 8 degrés la température de divers ateliers , quand le thermomètre extérieur était à 18 degrés au-dessous de zéro. Cest une simple imitation de la pratique depuis longtemps en usage dans le village de Chaudes- Aiguës; mais le résultat obtenu n'en est pas moins important
Il existe aussi des serres où la température varie peu dans l'année, par l'effet de la circulation constante d'un grand volume d'eau d'origine artésienne.
A l'époque des grandes pluies, le travail des papeteries était souvent interrompu, à cause de l'impureté des eaux.
i68 LES PUITS FORÉS.
Ces chômages forcés n'existent plus, partout où Ton se sert des eaux jaillissantes et constamment limpides des puits forés.
Dans quelques localités, les eaux toujours pures et d'une température invariable des fontaines artésiennes, ont servi à établir des cressonnières artificielles très-productives. La belle végétation du cresson dans les parties des lits de ruisseaux où il existait des sources naturelles, a donné l'idée de cette application. On assure que les cressonnières artificielles d'Erfurt ne rapportent pas moins de 300,000 francs par an !
Les lins de choix destinés à la fabrication des batistes, des linons, des dentelles, etc. , sont rouis dans les départements du Nord, avec des précautions particulières. Il existe dans une seule commune , entre Douai et Valenciennes , dix à douze routoirs alimentés chacun par une fontaine artésienne. On a cru remarquer que la limpidité des eaux et la constance de leur température , tout en accélérant la dissolution des gommes résines, laissent intactes les plus précieuses qualités des filaments de lin.
Dans les étangs, les poissons meurent, l'hiver, par de trop grands froids, l'été par de trop fortes chaleurs. En y versant les eaux, toujours tempérées, d'une abondante source artésienne, on prévient les variations extrêmes de chaleur que les saisons amènent. L'expérience a, dit-on, parfaitement réussi dans l'étang de Saint-Gratien , près de Montmorenci.