‹ Œuvres complètes, Volume 6Chapitre 82 sur 99 · VI. — Hi · texte numérisé non relu

VI. — Hi

mettre habituellement en commmiicatîon directe avec les visiteurs.

Des leçons orales, publiques et gratuites n*ont commencé au Conservatoire qu'à partir de 1819. Le cadre de cet enseignement s'est graduellement agrandi; aujourd'hui il est complet. La foule qui se presse à l'ancienne abbaye Saint-Martin, témoigne de l'utilité des leçons qu'on y donne. Malheureusement les amphithéâtres sont très-petits, mal disposés, et la ch sse ouvrière souffre particulièrement de cet état de choses.

L'administrçition a fait rédiger un projet qui répondrait à tous les besoins de l'établissement, dans le présent et pour un grand nombre d'années. Les constructions nouvelles, les réparations, l'achat de deux maisons de la rue Saint-Martin, sur l'emplacement desquelles s'élèverait une entrée digne de notre première école industrielle, sont portés au devis pour une somme de 1 million 600,000 fr. Cette dépense ayant paru trop considérable, quant à présent , MM. les Ministres du commerce et des travaux publics ont extrait du projet général de M. Yaudoyer, architecte, les travaux qui leur semblent les plus urgents, et dont l'exécution n'engagerait ni ne compromettrait l'avenir, savoir :

La construction d'un amphithéâtre, 106,473 fr. 28 c;

La restauration de la salle Yaucanson, de la salle des filatures et des vestibules, déduction faite des frais d'agence, 89,076 fr. 02 c. ;

Ces deux travaux, y compris les frais d'agence, les honoraires et les objets imprévus, exigeraient une dépense totale de 160,000 fr.

La Commission, après avoir visité les lieux, a l'econnu unanimement l'urgente nécessité de construire un second amphitlxéâtre. Celui dans lequel on professe aujourd'hui une partie des cours, est vraiiAent au-dessous de toute critique. 11 n'existe nulle part dans le monde une salle de leçons publiques plus mal disposée, plus incommode, plus mesquine, tranchons le mot, plus dépourvue de conrvenance. D'ailleurs cette salle peut à peine contenir la moitié des auditeurs qui désireraient profiter du haut enseignement qu'on y donne. C'est vraiment pitié de voir tel simple ouvrier, perdre une demi-journée pour s'assurer la possession de la banquette qui lui permettra d'entendre la leçon de mécanique, de géométrie descriptive, de physique ou de chimie appliquée, où il apprendra les vrais moyens de surmonter les difficultés qui l'arrêtent.

La Chambre rendra un véritable, un éminent service aux classes industrielles, en accordant, sans retard, l'allocation destinée à la construction d'un nouvel amphithéâtre du Conservatoire des arts et métiers.

La réparation de la galerie Yaucanson serait certaine* ment utile, mais il est un travail qui nous parait pli^s urgent. Les 39,000 fr. q\^e la réparation proposée exigerait, semblent à la Commission devoir être appliqués au déplacement de la bibliothèque.

Il y a, dans la bibliothèque actuelle du Conservatoire, 15,000 volumes, la plupart fort rares, sur les sciences appliquées aux arts; mais la salle ne peut contenir que quarante^ à cinquante lecteurs; chaque jour, il s'en présente un plus grand nombre; le dimanche, surtout, on

Nous avons communiqué à Messieurs les ministres du commerce et des travaux publics, le projet de revirement que la Commission soumet aux lumières de la Chambre. Il n'a été combattu que par des motifs de pure forme. Ces moKfs n'ont pas prévalu à nos yeux, lorsque nous les avofis mis en balance avec les services réels, considérables, que rendrait au pays et surtout à la classe ouvrière, l'installation prochaine de la bibliothèque spéciale du Conservatoire dans un vaste local.

L^ Chambre statuera. ,

ÉCOLES D'aUTS et MÉTIERS

§ 1. — École de Chilons.

Plusieurs membres de la Commission ne sauraient voir dans les écoles d'arts et métiers, la solution la plus satisfaisante possible du problème si capital pour l'industrie nationale, que l'administration se proposa vers le commencement de ce siècle. H& sont convaincus que , sans augmentation de dépense, il serait possible 4'adopter un système d'apprentissage qui donnerait annuellement au pays de meilleurs résultats, c'est-à-dire des chefs d'ateliers plus capables, des contre-maîtres plus expérimentés, des ouvriers plus en mesure de concourir avantageusement ^ l'exécution des belles et excellentes raa-* chines qui sortent aujourd'hui de nos ateliers. Mais toute discussion sur ce point serait maintenant inopportune, et presque sans convenance. Un vote de Tannée dernière a

montré, en effet, avec une évidence con)plète, que les écoles d*arts et métiers sont, dans Topinion de la majorité de la Chambre, des institutions très-utilesi Après la création d une troisième école à Aix, le devoir de chaque Député est de s'associer à toute mesure tendant à perfectionner ces établissements.

La Révolution de juillet trouva les écoles de Châlons et d* Angers, dans une situation fâcheuse. Depuis, on y a opéré dé notables améliorations. Le vrai moyen de les consolider, de les étendre, d'éviter un retour vers la di*rection trop théorique qu'on avait jadis imprimée à renseignement, c'est évidemment de donner les soins convenables aux ateliers proprement dits. L'allocation portée au projet dé loi a précisément cet objet : elle doit être appliquée à la reconstruction du bâtiment de la fonderie, qui tombe en ruines. Tout ajournement pourrait compromettre la vie des élèves. La Commission, à l'unanimité, propose à la Chambre d'allouer le crédit demandé (76,000 fr.).

§ 2; — Histoire critique des Écoles d'arts et métiers.

[Le Rapport précédent rappelle la situatton fôcheuse dans lajnelle se sont longtemps trouvées les Écoles d'arts et métiers, et dWerses tentatives faites pour améliorer et étendre ces institutions. En novembre 1831, M. Arago fit à la Chambre des députés une proposition pour la création de dix écoles destinées à remplacer les éôoles 411! existaient alors & CMlotis et à Angers. Il écrivit le discours qu^il prononça pour développer le plan qu'il désirait voir adopter; dans ce discours il a fait l'historique de ces établisse-r ments e^ la critique de leur organisation. ]

Les écoles industrielles ne sont pas, comme quelques personnes se l'imaginent, une création de notre époque ;

on aperçoit déjà les premiers rudiments d'un établissement de ce genre, pour Thorlogeriô, sous le règne de Charles Y. Son directeur était un certain Henri de Yic, celui-là même auquel on est redevable de la première horloge qui ait donné l'heure aux habitants de Paris, et qui fut placée dans la tour du Palais-de-Justice.

Pendant la minorité de Louis XV, le régent fonda à Versailles une fabrique-école d'horlogerie, sous la direction d'un très-habile artiste sanglais nommé Sully. Le duc de Noailles suivit cet exemple à Saint-Germain-en-Laye. Ces deux écoles ne prospérèrent pas comme établissements industriels; ils durèrent très- peu d'années, mais du moins ils excitèrent le 2èle des artistes, et il en sortit des ouvriers distingués , dont le nom se rattache d'une manière brillante aux progrès de ThorlQgerie française.

S'il m'était permis de donner ici une notice historique complète sua- les établissements de ce genre , j'aurais à citer celui que Voltaire fonda à Ferney en 1770, et d'où sortirent quelques horlogers habiles, tels que Lépine; l'école de Bourg-en-Bresse ; une école analogue de Belleville, établie sous le règne de Louis XVI, etc. Mais je me hâte de faire remarquer que ces différents établissements avaient un but spécial et tout à fait circonscrit, l'horlogerie.

Si je ne me trompe, la création en France d'une école destinée à former des ouvriers de divers genres, d'une véritable école d'arts et métiers , date de l'institut que le vénérable duc de Larochefoucauld avait formé, avant la révolution, dans son château de Liancourt. Les événements qui jetèrent notre illustre compatriote sur une terre

étrangère, renversèrent aussi sa patriotique institution.

En 1802, la paix d'Amiens ayant fermé la carrière des armes aux élèves de l'École militaire de Compiègne, Napoléon la transforma en une École d'arts et métiers, où l'on devait enseigner l'art du forgeron, celui du limeurajusteur, l'art du fondeur, du menuisier, du tourneur et du charron.

En 1806, l'École de Compiègne fut transférée à Châlons- sur- Marne. Une école du même genre, mais sous une plus petite échelle, fut ensuite créée à Beaupréau, d'où, pendant les Cent-Jours, on la transporta à Angers.

Ces deux écoles restèrent placées pendant plusieurs années sous la haute surveillance du duc de Liancourt. Tant que dura ce puissant patronage , les défauts de ces établissements attirèrent peu les regards du public , la bonté inépuisable de ce grand citoyen pourvoyait à tout; la juste influence dont il jouissait était dépensée tout entière au profit de ses chers élèves des Écoles des arts. Quel artiste, quel chef d'usine, quel manufacturier aurait refusé de recevoir un ouvrier que M. Larochefoucauld recommandait, pour lequel il allait solliciter en personne? Quand un certain temps d'épreuve avait mis en évidence le défaut d'habileté du jeune débutant, quand le moment de quitter sans retour la carrière industrielle était arrivé pour lui, M. de Larochefoucauld, comme une sorte de providence, se trouvait à la porte de l'atelier, le recevait encore avec bonté et parvenait par ses irrésistibles démarches à le placer dans quelque grand établissement avec la charge de concierge, à la porte de quelque ville comme employé des contributions indirectes, etc.

Les familles n'avaient alors garde de porter plainte contre les écoles de Châlons et d'Angers, car ces écoles se présentaient à elles comme un moyen assuré d'arriver à des emplois publics. Les industriels, de. leur côté, étaient persuadés avec raison que M. de Larochefoucauld, si 'éclairé, si patriote et manufacturier lui-même, avait dû tirer des établissements dont il avait accepté la surveillance , tout ce que la nature des choses permettait d'en espérer.

Les expositions successives des produits de l'industrie française vinrent bientôt miner jusqu'à un certain point la haute réputation dont les écoles d'Angers et de Châlons jouissaient. Quelques-uns de leurs produits étaient, il est vrai, très-soignés; mais ils ne pouvaient lutter quant aux prix communs avec ceu^ de l'industrie particulière; d'autres fourmillaient d'imperfections, soit comme plan, soït comme main-d'œuvre. La question de savoir si ces Écoles ne pourraient pas être remplacées par des établissements mieux adaptés aux besoins de nos arts, devint alors l'objet des plus sérieuses réflexions.

Je n'oublierai jamais une séance du jury de l'Exposition, où M. de Laroche foucauld, qui nous présidait, fut affecté jusqu'aux lannes en entendant le compte, trèspeu favorable, qu'une des sections du jury dut lui rendre au sujet des produits que les Écoles avaient exposés aux regards du public. Quelques changements dans le personnel , une surveillance plus active, plus rigoureuse, en furent la conséquence ; mais il en résulta une amélioration à peine sensible , si ce n'est cependant danè l'atelier de l'horiogerie , qui depuis a été supprimé. Je ne par-

lerai pas de l'acte brutal et insensé qui priva les élèves des Écoles des arts du glorieux patronage du duc de Larochefoucauld ; je n'analyserai pas non plus les modifications plus ou moins importantes que ces Écoles reçurent successivement : je me contenterai de dire que le régime actuel résulte de la réorganisation de 1827. On essaya , à cette époque , de renfermer l'enseignement mathématique dans de justes bornes. Cet essai dure depuis quatre ans, et, je dois le dire, il n'a pas produit tout ce que ses auteurs en attendaiertt.

En 1828, le conseil de perfectionnement du Conservatoire des arts et métiers, composé de MM. le duc de Doudeauville. Benjamin Delessert, Ternaux, Jauge, Say, Clément Désormes, Charles Dupin , Molard , Christian, Gay-Lussac, Thénard, Darcet, Pouillet et moi, fut invité à s'occuper de la question des Ecoles. Afin d'éclairer la discussion autant que possible, le ministre du commerce me chargea d'aller inspecter l'École de Châlons.

Un membre de l'Académie des sciences semblait devoir faire porter spécialement son examen sur les études mathématiques et physiques. Les professeurs et les élèves s'attendaient à couvrir leurs tableaux de formules algébriques; mais ils s'étaient trompés, les ateliers furent l'objet principal de mon attention. Je les parcourus' d'abord en détail, demandant à chaque élève de me dire à quelle carrière il se destinait.

Ici on me répondait qu'on avait la promesse de la survivance d'une place de concierge ou de garçon de bureau ; là qu'on avait tout lieu d'espérer un emploi dans les contributions indirectes ou dans l'administration de»

tabacs. L'un voulait tirer parti de sa facilité à jouer de tel instrument de musique; l'autre comptait s'engager dans un régiment d'artillerie ou du génie, parvenir proraptement au grade de sous-officier, et ensuite à celui de garde : je n'en rencontrai pas un sur dia> qui désirât se placer dans la carrière industrielle.

Descendu dans les ateliers, j'y trouvai les moyens mécaniques les plus imparfaits; aucune de ces nouvelles et ingénieuses méthodes qui rendent le travail plus expéditif et plus exact ne s'y faisait remarquer : c'étaient, en un mot, de véritables ateliers de village ; il n'y avait pas même, il n'y a pas encore aujourd'hui de moteur général.

Ainsi , un élève de Châlons peut quitter cet établissement sans connattre, sans jamais avoir vu ces ingénieux manèges, ces puissantes roues hydrauliques, ces merveilleuses machines à vapeur, qui portent instantanément la force dans tous les étages de la plus vaste usine, partout, en un mot, où le mouvement devient nécessaire.

Ces défauts étaient d'autant plus graves qu'ils résultaient delà nature môme des choses. Toujours est -il du moins qu'il me parut impossible de. les faire disparaître.

Quelques détails sur les travaux que les Écoles exécutent montreront, j'espère, à la Chambre que le problème est très-difficile.

Les Écoleâ ne travaillent pas sur commande , à moins d'une autorisation expresse du ministre. La convenance de cet article du règlement est facile à concevoir.

En efiet, il n'arrive presque jamais qu'un manufacturier achète une machine sans avoir de discussions avec

celui qui Ta fabriquée. Ces discussions portent quelquefois sur rélégance de la machine , le plus souvent sur la manière dont elle fait son service, et enfin sur les accidents qui peuvent survenin

Si, par exemple, une chaudière éclate, il reste à décider si l'accident est arrivé par la négligence du chauffeur ou des ouvriers placés à côté de la machine, ou s'il est dû à des défauts de coûstruction.

De là d'importants procès dans lesquels le gouverne^ ment n'a pas voulu entrer. On a donc décidé que lés Écoles ne travailleraient pas sur commandes, à moins d'une autorisation spéciale.

Or, qu'est -il résulté de là? C'est que les Écoles de Châlons et d'Angers n'exécutent plus que des ouvrages d'une qualité fort commune, les seuls qui puissent se vendre dans les marchés qu'alimentent ces deux villes. On n'entreprend dans ces écoles aucun des travaux dans lesquels puisse se former un ouvrier Consommé.

Ce défaut est immense, et malheureusement il n'est pas susceptible de correction. Il importait de décider quels ateliers il serait convenable d'établir dans les Écoles d'arts et métiers. On y trouve des ateliers de charronnâge ; je ne sais pas trop jusqu'à quel point on peut placer dans des établissements de ce genre des ateliers de charrons ; mais enfin je passe sur ce point.

Vous y trouvez aussi des ateliers de serrurerie et de forge ; mais vous y chercheriez vainement ces machines ingénieuses qui sont désormais indispensables pour amener sous le marteau et forger les grosses pièces.

Vous trouviez un atelier d'ébénisterie , qui, à cette

époque» avait d'assez grands développements, d'autant mieux que la Uste civile faisait beaucoup de commandes. On«ne peut faire dans ces ateliers que des ouvrages trèscommuns, qui n'éveillent pas l'intelligence chez les artistes et ne donnent pQS la sûreté de la main-d'œuvre. Il faudrait que le gouvernement fit des dépenses excessives pour introduire dans les ateliers les machines perfectionnées dont on se sert dans les établissements particuliers.

Autre inconvénient : à Chftlons^, les ateliers de char- ' ronnage ont un petit nombre d'éjèves.

J'arrive un jour dans l'atelier de charronnage, et je rencontre , par hasard , un jeune homme qui voulait être artiste : il me dit qu'il se destinait à être fondeur ; je lui demandai alors pourquoi, voulant être fondeur, il était dans l'atelier de charronnage ; il jne répondit qu'il n'y avait pas de place à la fonderie. Vous sentez que les inconvénients de ce genre doivent se représenter, si vous comparez tous les ateliers les uns avec les autres.

J'ai fait, postérieurement à l'époquedont j'ai parlé, une inspection à l'École d'Angers, et j'y ai trouvé les mêmes résultats. J'ai consulté les maîtresi d'ateliers, je leur ai demandé si leur opinion était que les élèves de cette École pussent gagner leur vie en portant, et leur réponse, a été négative dans tous les ateliers.

A mon retour, j'ai présenté mes observations à l'École de perfectionnement, on y nomma une Commission qui s'entoura de toutes les lumières et qui appela à elle tous les artistes de Paris qui ont la plus grande réputation.

Cette Commission a préparé un travail que je soumets à l'attention de la Chambre.

Je dois dire que Ton reconnut la nécessité de faire une enquête. On consulta les plus habiles artistes de Paris ; en les questionnant sur les améliorations dont on croyait r École susceptible, et dans le cas où les améliorations ne seraient pas possibles, on leur demanda leur avis sur une nouvelle organisation.

Gomme j'avais émis une opinion tranchée, il me parut que je ne devais pas être membre de la Commission ; je n'ai donc concouru en rien à l'enquête ni à la rédaction du projet que j'ai soumis à la Chambre, et qui est l'œuvre du conseil de perfectionnement ; je n'ai fait qu'une seule modification ; j'ai demandé que pour stimuler les élèves on leur offrît une prime, qu'ils pussent être exemptés de la conscription quand ils se seraient fait remarquerpar un travail distingué soit comme main-d'œuvre, soit comme conception.

Le projet que je vous présente a été délibéré par le conseil de perfectionnement; je crois qu'il y a eu seulement deux dissidents sur le nombre de tous les membres que j'ai cités.

Maintenant ce projet pare-t-il aux inconvénients que j'ai signalés. Je dois dire que l'instruction théorique des élèves, dans les Écoles d'Angers et deChâlons, est fort bonne; que les élèves y ont développé beaucoup plus d'intelligence qu'on n'en attend ordinairement des classes ouvrières.

Ceux qui ont consenti à recommencer leur apprentissage au sortir de l'École sont devenus d'excellents artistes, j'en pourrais citer un grand nombre. Ceux qui sont entrés dans la carrière fort utile des conducteurs des ponts et

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chaussées sont devenus d'excellents conducteurs, et les ingénieurs en font le plus grand éloge.

Mais leur nombre total est très-borné ; vous ne trouvez dans ces deux écoles, quand elles sont complètes, qu'environ six cents élèves. Je crois que nous pouvons supposer que chacune des écoles que nous vous proposons de fonder en renfermerait cent cinquante à cause des grands avantages qui y seront attachés, et qui consistent pour les dix premiers élèves de chaque école, dans un apprentissage gratuit dans des ateliers déjà pourvus de moyens de travail perfectionnés.

Il n'est peut-être pas inutile de dire les noms des artistes que la Commission a consultés: vous verrez qu'elle s'est entourée de tous les artistes les plus distingués. M. Chappert, qui est à la tête de la grande fonderie de Chaillot , a répondu que dans son opinion il fallait envoyer les élèves dans des ateliers particuliers, et non dans des rudiments d'ateliers tels que sont ceux de Châlons et d'Angers.

M. Saunier, élève lui-môme de l'École, a répondu de même que, pour améliorer la fabrication des machines, il fallait envoyer les élèves dans des ateliers particuliers, et qu'il n'y avait rien à en attendre au sortir de l'École. M. Saunier a employé quatre élèves de l'École dans ses ateliers. M. Alletz a fait la même réponse.

MM. Calla fils et Fournier ont été du même avis.

M. Moulfarine a répondu exactement de même.

Nous avons consulté M. Gambey, le plus habile artiste de l'Europe pour la construction des instruments de précision, qui non-seulement nous a affranchis du tribut que

nous payions à Tétranger pour ces sortes d*instruraents, mais qui en fournit maintenant aux étrangers eux-mêmes. L'Observatoire n'empFoie aujourd'hui que de ses instruments, et si nous les avons préférés, ce n'est nullement par amour-propre national, mais parce que nous avons reconnu leur supériorité,

M. Garabey, qui a été contre-maître dé l'École, m'a dit qu'on lui avait envoyé un élève de l'École de Châlons; qu'il l'avait gardé trois mois , mais qu'il n'avait pu le garder plus longtemps, et que depuis quinze jours il était sorti de chez lui.

M. Albouy, M. Perrelet, qui a attaché son nom à des machines d'horlogerie ; M. Mottel, constructeur des chronomètres de la marine , élève de l'École , mais qui à recommencé son apprentissage dans l'atelier de M* Berthoud, m'ont déclaré qu'il leur avait été impossible d'occuper différents ouvriers sortis de cette École*

On a dit que l'instruction mathématique et physique n'était un peu utile qu'aux cbefe d'ateliers, qu'aux contremaîtres ; que les véritables ouvriers n'en ont aucun besoin; que le temps qu'ils passeraient dans nos Écoles industrielles préparatoires serait complètement perdu pour eux, etc., etc.

Je pourrais d'abord demander à quel signe certain on peut reconnaître dans un enfant de douze ans s'il est destiné à rester toute sa vie simple ouvrier; mais ce que personne n'ignore, pour peu qu'on soit initié dans l'histoire des arts et des sciences, c'est que si Mulhausen n'avait pas eu des écoles publiques gratuites en 1728, Lambert, au lieu de devenir uu des géomètres et des

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