LA PROTECTION ET DU LIBRE ÉCHANGE
Il est des questions sur lesquelles il n'est pas permis de dissimuler son opinion ; lia question de savoir quel est le meilleur système douanier qui convient à la France est aujourd'hui dans ce cas. Je suis pour le principe de la liberté, mais j'ai dû quelquefois, dans la pratique, ne pas suivre rigoureusement les conséquences du principe que. je regarde comme celui de la vérité. C'est que tout s'enchaîne dans une loi de douanes. 11 suffit d'un article déjà volé pour entraîner les personnes qui l'ont repoussé dans une route opposée à celle qu'elles eussent voulu parcourir. Cest ce qui m'est arrivé notamment à l'occasion de la discussion du projet de loi sur les droits de douane présenté aux Chambres en 1836. J'ai soutenu toutes les diminutions de tarif proposées par la Conmiission, j'aurais même désiré voir la Chambre des députés entrer plus largement dans la voie de la liberté commerciale, mais il ne dépendait pas de moi de réformer les articles déjà votés. Dès qu'il n'était pas accordé de diminutions de droits pour les matières premières, je ne pouvais con-