‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 101 sur 183 · A UNE SUPÉRIEURE DE LA VISITATION · texte numérisé non relu

A UNE SUPÉRIEURE DE LA VISITATION

Dans les couvents de la Visitation la communication avec le confesseur extraordinaire doit être libre, mais sans affection et sans détriment de la Règle.

Paris, 21 janvier 1619.

î la très chère Fille,

Pour les points que vous me marqués, il ne faut nullement altérer la Règle du Confesseur extraordinaire, ni aussi estonner les Seurs infirmes qui ont appétit d'avoir commu-

• C'est la 456e de Elaise, et la 7* du livre VII des anciennes éditions.

liication avec le Confesseur extraordinaire plus souvent que quatre fois Tannée ; mais il faut que si les Seurs n'ont pas la confiance de demander à parler à luy, luy-mesme la doit avoir de demander à parler à elles quelquefois; et, s'il ne l'avoit pas , il faut que vous la luy donniés , si c'est un père qui la puisse recevoir.

Car comme il faut pourvoir d'une juste liberté aux Seurs pour la communication, aussi les faut-il tenir dans la règle de la simplicité et humilité ; et il n'est pas raysonnable que la foiblesse de quelques-unes fasse multiplier les confessions extraordinaires à toute la Congrégation, et mette en tristesse et ennuy le pauvre Confesseur ordinaire.

Bref, si chaque Seur veut estre libre de croire en ses appétits intérieurs , la sousmission et liaison se perdra, et avec elle la Congrégation; dequoy Dieu nous veuille garder! Celles donc qui voudront communiquer extraordinairement, qu'elles le facent en l'esprit d'une douce liberté; qu'elles se confessent, s'il leur plait, en communiquant, sans solliciter les autres au mesme désir, et sans les forcer par menées à les imiter.

Icy nous taschons à vaincre les tentations suscitées contre l'introduction de la Visitation , et espère que nous le ferons. Dieu vous bénisse ! Yostre très affectionné père et serviteur en Jesus-Christ, etc. *.

Voyez, pour l'éclaircissement de cette lettre, le XXe Article des Constitutions des Filles de la Visitation de Sainte-Marie, qui a pour titre : De» confessions extraordinaires.

LETTRE'

A MADAME DE CHANTA L

Saint François lui parle d'acheter la maison de mademoiselle de Creil, pour

y établir probablement le monastère.

Ma très cliere Mère,

Voyci le conte de ma journée. Ayant pasà,'^ toute la matinée à saint Germain , et deux heures tant au chemin qu'en chaire, et une heure et demie avec des Dames qui me sont venu voir; après le sermon, j'ay treuvé le hon M. Berger, qui ira voir M. le grand Vicaire pour luy annoncer et faire treuver bon le jour auquel vous commencerés à paroistre, estimant que ce compliment estoit nécessaire. De là , je suis allé chez Madame la marquise de Verneuil, que j'ayme certes bien , car elP est à mon advis bien franche. Or, elle ra'a dit enfin qu'il failloit prendre la mayson qui est près de Thostel de Guyse et qui est, ce dit-elle, à Madamoiselle de Creil; et qu'elle la nantira d'une rente, qu'elle respondra de valoir 24 mille escus ; dont par après vous luy tiendréi conte à commodité, ce qu'elle veut donner de trait. Elle dil f)lus, que l'hostel du cardinal de Guyse qui est proche d( <îette mayson, nous sera encor vendu si nous voulons. Mai6

* L'original en appartenoit autrefois à madame la comtesse de Camerano, née de Tornon. C'est la 282" inédite de la collection-Biaise , où on lui donne pour date l'an 1621, sans marquer le jour; mais cette date est évidemment fautive. L'église de St.-Germain-des-Prè3 ayant été consacrée par le Saint le 28 avril 1619, nous présumons que ce fut à cette même époque qu'il écrivit cette lettre, sans en avoir toutefois d'autres indices que le contenu de la lettre même.

prenés garde néanmoins qu'on ne luy desrobe pas ses tapisséries. Ne voyla pas une bonne négociation? Dieu soit au milieu de nostre cœur, ma très chère Mère.

\/\y\^\/N/>/N/\Ay\/ .

LETTRE

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