‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 102 sur 183 · AU SÉNAT DE SAVOIE · texte numérisé non relu

AU SÉNAT DE SAVOIE

Le Saint lui témoigne sa douleur de n'avoir pas réussi , par sa recommandation, à délivrer une personne d'une grande affliction, et lui recommande ensuite une affaire personnelle.

Paris, 18 mai 1619.

Monsieur,

Respondant à la dernière lettre que vous avés pris la peine de m'escrire, je vous diray que je n'ay rien oublié de tout ce que j'ay peu ^ pour servir le pauvre M. le collatéral de Quoex en son affliction. Mais, à ce que je voys, mes remonstrances et supplications ont esté charmées par quelque esprit contraire , la force duquel Dieu a permis avoir esté plus grande. De dire d'où ce malheur m'est arrivé , je ne le puis qu'en devinant. Les tribulations ne seroient pas tribulations si elles n'affligeoient ; et les serviteurs de Dieu n'en sont gueres exempts, leur bonheur est réservé pour la vie future : et néanmoins j'espère que le coup que M. le collatéral recevra ne sera pas si grand comme l'appréhension. Monseigneur Ç^^ duc de î^emours escrit à Messieurs ses officiers qu'ilz luy donnent advis sur la demande que je fay des protocoles ^ du

* Tirée de la Congrégation de la Aiis^ion. C'est la 460» de la collect.-Blaise.

* Lisez : pu.

* Protocole est un recistre où l'en écrit des minutes, des actes, ou un jour-

chastelain Musici, que M. Bathellisapris et gardés jusques à présent de son authorité. Je vous prie de prendre la peine de les instruire de mon droict , comme encor de ne vous lasser pas à bien conduire par vos advis l'affaire quej'ay avec M. de Marcossey. Je suis cependant, de tout mon cœur, Monsieur, vostre, etc.

GGV.

LETTRE

A s. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE,

Saint François excîise madame de Samt-George de n'avoir pu, à cause de sa grossesse, accompagner la Princesse en Piémont.

Paris, lô juin 1619.

Monseigneur,

La bonne Madame de St-George fait elle-mesme par lettre ses excuses à V. A., dequoy elle ne s'est peu mettre en che- 'min pour suivre Madfnne; muys elleoi^aipas l'asseurance de nommer la cause 'de son retardement, parce qu'elle est extraordinaire pour elle ; qui n'ayant peu devenir grosse en tant d'années de Bon mariage , a ?encantré ice contentement en celle-cy comme plus heureuse pour la bénédiction des noces ; et d'autant qu'elle m'a prié de l'escrire à Y. A., je l'ay fait, Monseigneur, suppliant encor pour moy vostre bonté de se resouvenir que je ne suis plus * icy, il y a quelques moys, qne pOftir y 'attendre les commandemens qu'elle

nal;,ei le châtelain est un juge ou officie? d'un seigneur. Celui dont il est fait ici mention étoit un officier de justice de M. le duc de Nemours.

» L'original en est cûûservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 243* inédite de Biaise.

« Au lieu déplus, il faudrait peut-être lire venu.

me fera au retour de M. Carron, puisqu'elle me Ta ordonné; et qu'en tout je veux vivre

DeV. A.,

MonseigneUi ,

Le très humble , très obéissant et très fidèle orateur et servi t^iîT,

François, Ev. de Genève.

CGvr.

LETTRE

AU MÊME

Sîûnt François se rappelle au souvenir de S. A.

A Paris, «8 juin 1619.

Monseigneur,

Bien que je n'aye aucun autre sujet d'escrire à V. A., si est ce que ayant prié ce gentilhomme mon amy , et qui est grandement affectionné à la Mayson de V. A., de luy faire la révérence de ma part, je lu y donne ces quatre lignes pour gage, et en toute humilité je demeure,

DeV. A.,

Monseigneur ,

Très humble , très obéissant et très fidèle orateur et

serviteur,

François , Evesque de Genève.

* Uoriginal en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 244* inédite de Biaise.

LETTRE

* AU MÊME

Sur le duc de Nemours, et sur madame de Saint-George.

A Paris, 4 juillet 1619.

Monseigneur ,

Je remercie très humblement V. A. du soin qu'il luy a pieu de prendre de m'advertir du retour de M. Carron, et attendray cependant les commandemens qu'e!>: aie fera pour les affaires qui regardent Monsieur le duc de Nemours, qu^on m'asseure devoir revenir icy samcdy, avec Madame sa femme, nue l'on dit estre grosse. Dieu , par sa honlé , prospérera parfaitement V. A., Monseigneur, s'il luy plait exaucer les vœux

De vostre très humbie et très obéissant orateur et très fidèle serviteur ,

François , Evesque de Genève.

P, S. Monseigneur, j'ay veu Madame de saint George de la part de V. A. à qui elle bayse très humblement les mains et luy fait la révérence avec actions de grâces de la souve^ lance qu'elle a eu d'elle-

» L'original en eiistô aux Archives de la Cour de Turin. C<2st la 245» inéd. de Biaise. Le post-scriptum mis au bas de cette lettre se trouve ensuite rapporté, no 248, sous la date de juillet, sans indication de jour, jomme faisant ^ loi seul une lettre particulière. Cette répétition est évidemment une erreur.

ccvriT.

' LETTRE'

AU MÊME

Sàmt François recommande aux bontés de S. A. le collatéral ^le Quoex , (ou Cfjex ) détenu à Ghambéry pour la somme de mille rfucatons.

A Paris, U juillet IGl 9.

Mon'seigîîfiTir,

Ayant sceu la peine en laquelle se treuve le sieur collatéral de Quoex détenu es prisons de Chamberi , pour la somme d'environ mille ducatons , esquelz il a esté cor^iamné par quelques uns des seigneurs sénateurs et maistres des comptes, à ce députés spécialement; asseuré que je suis d'ailleurs , qu'en tout ce dont il a esté chargé , il n'a commis aucune faute malitieuse, ni manqué en chose quelconque à la très humble subjecîion qu'il doit à V. i\.., en laquelle et luy et tous les siens ont tous-jours vescu très fidèlement ; et de plus estant fidèle tesmoin, qu'en l'occasion qui se présenta en GenevoySj i! y a quatre ans, et luy et son frère rendirent force bons et laborieux tcc, loignages de leur zèle au service de V. A. je ne puis m'empescher de la supplier très humblement, et si elle me permet de la conjurer par sa propre bonté de tendre sa main secourable à cet homme de bien et d'hoinieur, pour le retirer de la ruine en la quelle son malheur , et non aucun forfait, le va précipiter. îl n'y a au monde pt^rsonne si sage ni si juste, auquel on ne treuve quelque chose à cen- ^Ujer , si à toute rigueur et curieusement on espeluche par

* L'original en appartient aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 246« "iaédite de Biaise.

le menu la suite des actions de plusieurs années ; mays, Monseigneur, quand les fautes sont sans malice, sans dol , sans mauvaise intention, et de nulle cops^quence, la clémence <les grans princes ni mesme Teq^ité ne permet pas à leur justice d'user d'autre correction ÇSQ de celle d'nne repreliension et d'un advertissement. Et sur tout, Monseigneur, la debonaireté et grandeur de courage de V. A. n'a jamais manqué de support pour les bons; qui me fait espérer que A-eluy-ci en treuvera encor abondamment, et que ma très humble supplication sera receue aggreablement comme conforme à la magnanimité que chacun admire en Y. A., à laquelle souhaitant incessamment toute sainte prospérité ,

Monseigneur, je suis invariablement ,

Très humble , très obéissant et très fidèle orateur et serviteur,

François, Evesque de Genève.

LETTRE

AU MÊME

Saint Franjois parle à S. A. des revenus du dac de Nemours; il la supplie de permettre qu'il retourne à sa résidence.

A Paris, 29 juillet 1619

Monseigneur ,

La lettre que Y. A. a escrit à M. le duc de Nemours a esté receue par luy trois jours avant que la copie m^ayt esté re-

* L'autographe en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est 4a 247e inédite de Biaise.

mise en main , de sorte que des-ja il m'^avoit parlé sur le sujet d'icelle, non sans se douloir du retardement pour l'article qui regarde son payement, deu par le sieur Bonfilz dés il y a long-tems, à ce qu'il dit, et par le manquement duquel toute sa Mayson et ses" affaires sont extrêmement incommodés; dont il ne peut espérer le rempde que de la promesse qu'il a pieu à V. A. de luy Taire, tl -noii' du soin et de la bienveuillance pour luy, qui, à lavencé, n'est pas sans beaueoup d'inquiétude parmi la nécessité en laquelle il se trouve, ayant si peu de revenuz de deçà où ses terres sont presque toutes engagées, et ne jouyssant de celuy qu'il a en Savoye , qui est son fonds principal. Je me suis essayé de le soulager de parole et d'accroistre la confiance qu'il a en V. A., selon le commandement de la quelle j'arresteray ou partiray ainsy qu'il luy playra, ne doutant point qu'elle ne face toute la considération requise du devoir que j'ay de retourner en ma résidence, soudain qu'elle jugera que mon retardement de deçà ne pourra plus estre utile à son service. Et tandis , priant Dieu pour la prospérité de V. A.,

Monseigneur,

Je suis vostre très humble , très obéissant , et très fidèle orateur et serviteur ,

François, Ev. de Genève.

LETTRE

A MADAME DE CHANTAL

Le Saint lui fait part d'une maladie qu'il avoit essuyée à Mantes, du remèd© qu'y avoit apporté une femme, et de sa convalescence.

Avant le 31 juillet 1619 Ma très chère mère ,

n est vray que je suis revenu tout gay , à mon advis. Les cinq premiers jours de mon séjour à Mantes je fus travaillé de foiblesse et d'inquiétude. La femme de Port-Royal , qui est une archimedecine, me traitta tout à fait comme il le falloit , avec de Teau de rhubarbe que je meslay avec mon vin, qui me purgea et me restreignit insensiblement. Depuis, je me porte bien , non pas pour aller faire encor de grands efforts, mais pour me renforcer de jour en jour.

Si je puis, je vous iray voir cette apres-disnée, non toutesfois pour vous entretenir , mais c'est après avoir confessé des Dames qui n'attendent que cela pour s fen aller aux champs; et je ne voy pas que passé cela je me treuve fort occupé que pour aller dire mes adieux tout bellement. Bon jour, mu chère Mère. Nostre Seigneur soit au milieu de nostre cœur. Amen.

* Tirée du monastère de la Visitation de la ville d'Angers. C'est la 464« da la collection-Biaise.

CCXÏ.

LETTREE

A MADAME DE CHANTA L

Il lui apprend qu'il a obtenu du clergé une pension de trois cents livres pour une personne de sa connoissance.

3t juillet 1619.

Les letlres sont de Monsieur de Mncliere, vostre nepveu bien-aymé, qui me fît la faveur d'une requeste que j'avois addressée au clergé pour M. Boucard, et a obtenu cent escus de pension anmielle; reste que je m'essaye de gaigner ceux qui doivent le« délivrer.

Ce matin à quatre heures le flux de ventre m'a repris , et m'a mené huit ou neuf fois jusques à disner : ii semble que cela soit un peu accoisé maintenant; c'est pourquoy j'ay envoyé à ces bonnes Dames leur dire que sur les deiix heures je pourray avoir l'honneur de leur visite ; et si Monsieur de Meneville venoit sur les quatre heures, j'en serois bien ayse. Cependant il faut avoir patience de demeurer sans vous voir pour cejo-ard'huy, et de demeurer sans rien faire; car j'ay contremandé par tout où j'avois promis de presclier; et, ce qui m'a bien fasché , j'ay contremandé le Père Recteur du Noviciat des Jésuites, qui a les {juarante heures et les octaves du bieidieureux Ignace, duquel j'avois désir de parler; mais il faut demeurer en paix en tout nostre cœur , et unis en la très sainte volonté de nostre Seigneur.

Bonsoir, ma très chère Mère; j'ay grand désir de vous

» Tirée du monastère de la Visitation de la ville d'Angers. C'est la 465*' de la collection-Biaise,

entretenir et apprendre de vous les pensées de vostre bon seigneur de Lyon '.

La bonne mère de Port-Royal ^ me prie de la recommander derechef à vos prières; je le fay de tout mon cœur. Dieu soit à jamais vostre vie, ma très chère Mère, amen, et de toute vostre petite troupe.

ccxir. • LETTRE

A m"" de CHANTAL, supérieure de la VISITATION, A PARIS.

Les Religieuses de la Visitation peuvent admettre à la profession les personnes infirmes, et celles même qui ont des difformités de corps.

Ma très chère Mère ,

Puisque le révérend Père et vous treuvés bon de donner la somme que vous me marqués, je l'appreuve grandement, puisque cela est plus conforme à la douceur que nostre Seigneur enseigne à ses enfans. Je voudrois pourtant bien que cette chère fille pratiquast de son costé ce mesme enseignement, et j'espère qu'elle le fera un jour. 0 que la paix est une sainte marchandise qui mérite d'estre achetée chèrement l

Je ne croy pas que Monsieur le Curé de saint Paul vous face aucune sorte d'ennuy , puisqu'il n'y a point de Religion \m porte tant de respect aux Curés que la vostre, ni qui ayt jant de o avenance avec Testât ordinaire de FEsrlise.

« C'est odns doaU*, monseigneur de Marqueraont, archevêque de Lyon.

« Madame Angélique Arnauld , abbesse de Port-Royal.

* C'est la 466e de la collection -Biaise, et la 2e du livre VI des anc. édit...

J'ay treuvé fort bon que la Supérieure puisse oster, quand bon luy semblera, les Officieres, comme c'est à elle de les establir.

Je suis bien ayse aussi que vous aymiés les boiteuses , ies bossues, les borgnes et mesme les aveugles, pourveu qu^ elles veuillent estre droictes d'intention; car elles ne laisseront pas d'estre belles et parfaites au Ciel; et, si l'on persévère à faire la cbarité à celles qui ont ces imperfections corporelles, Dieu en fera venir contre la prudence humaine une quantité de belles et aggreables, mesme selon les yeux du monde. Ma très chère Mère , je suis très parfaitement vostre très affectionné serviteur, etc.

CGXIir.

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