FRANÇOIS DE SALES, EVESQUE
ET PRINCE DE GENEVE, AUX SŒURS Dll MO\ASTERE DE LA VISITATION D'AN\ESSY.
Quiconque a tant soit peu de connoissance de la discipline de l'Eglise, ne peut ignorer que dés son commencement il n'y eust une très-grande quantité de filles et de femmes consacrées au service de Dieu par le vœu de la sainte continence. S. Ignace, disciple des Apostres, escrivant aux Philippiens : « Je salue, dit-il, Tas- » semblée des Vierges, et la Congrégation des Vefves. » Et ailleurs il recommande à ceux de Tharses «d'honorer les Vierges comme consacrées à Dieu, et les Vefves comme Tautel ou sacraire de Dieu.» Et en PEpistre aux Antiochiens : «Que les Vierges, dit-il, B reconnoissent à qui elles sont consacrées . » Et finalement à Héron : « Conserve les Vierges, comme joyaux de Jesus-Christ. » Rufin, en son Histoire^ tesmoigne que sainte Hélène, mère de Constantin, en trouva desja une troupe en Hierusalem. En somme , toute FAntiquité rend un ample tesmoignage à cette vérité; mais pour le présent celuy de saint Grégoire Nazianzene ^ suffira. « Il y a, dit-il, » plusieurs femmes en toutes les régions, que la salutaire doctrine » de Jesus-Christ a parcourues , desquelles une partie vit en so^ » cieté, nourrissant un mesme désir de la vie céleste, et suivant "^ un mesme institut de vie; mais les autres assistent soigneuse-
1 Nous donnons cette Préface et les Constitutions qui la suivent d'après la copie manuscrite qui nous en reste à la Bibliothèque impériale, n» 2471, où elle a été transportée de la bibliothèque de l'ancienne abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Cette copie elle-même avoit été prise sur un exemplaire imprimé à Lyon par Viret de Cœursilly Yvô Tupin à la fleur de lis, MDCXXVIIL
* L. I, c. 8 hist.
» Ad Helleniuni.