‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 17 sur 183 · A MESSIEURS DU CONSEIL DE LA SAINTE MAISON DE THONON · texte numérisé non relu

A MESSIEURS DU CONSEIL DE LA SAINTE MAISON DE THONON

Saint François leur envoie des papiers concernant ladite maison.

7 décembre ICO 4.

Messieurs,

Je vous envoyé l'original que vous aves désiré de moy avec quelques autres papiers qui regardent le mesme sujet. Et ne sçai pourquoy les syndicques de Thonon prennent

ce de nier une chose si claire et qu'ils ne peuvent ignorer.

Je prie nostre Seigneur qu'il vous donne abondamment l'assistance du St. Esprit et suis,

Messieurs, Vostre serviteur plus humble en noslre Seigneur,

François, Evesque de Genève.

» L'originai en est conservé chez la marquise de Camerano, née de Tornon, i Turin. C'est la 94^ inédite de la coUeclion-Blaise.

XLYIII.

LETTRE

à. M. DUiNA?<T, CURÉ DE GEX, Avis du Saint sur la discipline des maisons religieuses,

Annessi, le xi mai 1603.

Monsieur,

Je ne retarde d'aller à Gex que pour y aller plus à propos. Mays en attendant, je vous prie d'advertir tous nos ecclésiastiques de delà, de faire retirer promptement les femmes qu'ilz ont peut-estre en leurs maysons; et je dis peut-estre, parce que je sçai que nul n'en avoit cy-devant, sinon M. Jaquin, auquel j'en ay parlé et m'asseure qu'il y aura suis ordre. Que s'il ne l'a pas faict, il a tort , car il sçait bien ce que je luy en ay dit. Ni ne veux pas qu'il soit contrecuidide dire comme quelques-uns, qu'il est en l'Eglise gallicane, en laquelle les prestres sont privilégiés. Car je pense qu'il sçait que l'Eglise gallicane est un membre de l'Eglise uni-' verselle, et que les anciens canons des Conciles y sont receus, et que les Evesques ne sont pas moins Evesques en France qu'ailleurs. Et qu'en particulier je ne suis rien moins de là le Rosne que deçà, ains j'affectionne d'establir la discipline ecclésiastique de delà , et sur tout à Gex , avec plus de soin que de deçà, parce qu'icy les adversaires de l'Eglise sont moins puissans, et moins presens. Mays de tout ceci communiqués-en avec le P. commissaire qui est, je

1 Communiquée par M. le comte de Sales, ambassadeur de Sardaigne près de la cour de France. C'est la 24* parmi les nouvelles lettres ine'ditesâe la collection de Biaise.

ra'asseure, maintenant vers vous, aiTin qu'il fortifie mon intention de ses remonstrances, s'il y eschoit.

Or, mon intention est que nul prestre n'ayt en sa mayson aucune femnif, qui y habite, sinon les mères, belles-meres, seurs, belles-seurs, tantes, c'est à dire seurs du père ou de la mère, et nièces, filles de frère ou de seur, selon l'ordre porte par le Concile de Nicèe. Et ce soit assés dit quant à ce point, auquel je veux estre obey absolument, sachant combien il iaiporte à l'honneur de l'Eglise. Toutefois, si ledit M. Jaquin n'avoit pas obtempéré , et qu'il demandast quelques quinze jours de deslay, vous luy pourrés donner. Il n'est pas expédient pour encor, que M. Jaquin aille faire résidence ; car comme pourroit-il faire commodément la charge de l'œconome que vous luy avés remise? Il a promis defa'/e reparer la mayson presbiteriale de sa cure et accommoder les choses requises à l'exercice : ce qu'attendant il pourra bien suppléer. Le P. Commissaire estant là, je m'asseure, employera sa prudence à discerner ce qui sera expédient, alïin que quand j'y iray avec luy , nous puissions tranchei- nettement et ordonner à chacun son oilice et ce qu'il devra faire. A tant , me recommandant à vos bonnes grâces et prières, ei saluant humblement tous les Pères et nos confrères messieurs les Curés, Je demeure, Monsieur, vostre très humble confrère,

François, Ev. de Genève.

Je dis de mesme de la distribution des saintes huiles, en quoy tous nos confrères doivent suyvre l'ordre mis au Synode.

T)K S. rnANCOIS r>E SALES. 127

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LIÎTTRE*

A UiNE NIÈCE.

Le Saint la remercie des nouvelles qu'elle lui adresse ; il lui en dorme de plusieurs personnes qu'il pense lui faire plaisir, et l'engage à supporter avec patience les peines de cette vie.

Le 31 mai 1605.

Je ne sçauroîs vous dire combieir mon ame se vsent obligée à la vostre pour le soin que vous avés eu de me faire advertir de Pestât de la santé de nostre mère, et Dieu soit loué dequoy il luy a pieu nous la conserver. Je veux espérer que ce sera plus longuement que la foiblesse de sa complexion ne nous permet d'espérer; car cette bonté qui a commencé à nous gratifier ne s'en lassera point, si nous sommes fidèle-;^. J'eusse bien désiré vous donner quelque bonne nouvelle en contrescbange; mais n'en ay, si ce n'est que Monsieur le Président et Messieurs ses frères et seurs se portent bien ; si est-ce que N.-S. a retiré à soy le bon oncle M. Ladvocat, le jour mesme de l'Ascension, pour bon présage qu'il luy prend part du

ciel où il jouyt maintenant ^ ; aussi ce bon défunt recout

tous les saints sacremens convenables à ce dernier passage, et tesmoigna une grande constance. Ma tres-chere fille ma nièce, relevés tous-jours bien vostre cœur en N.-S., esvertuésvous de surmonter toutes les humeurs melancboliques et chagrines, demeurés en paix. Amen. Je suis plus qu'il ne se peut dire tout vostre, et à nos chères seurs, et aussi à vos

1 Communiquée par feu M. Gossin, ancien conseiller à la cour royale de Paris» C'est la 25' parmi les nouvelles lettres inédites de ia colicction-iiiaise. * Mots illisibles.

i 28 OPUSCULES

bien-lieureuses novices, que j'appelle ainsy, parce que je connois de plus en plus le bonheur de ceux qui se dédient à l'amour et service de Dieu. Je suis donc, irjà tres-chere fille ma nièce, etc.

LETTRE

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