A UN GENTILHOMME DE COUR
Saint François lui demande un rend£z-vous avec le chevalier Bergera pour s'accorder sur l'entretien des églises des bailliages.
Juillet 1605.
Monsieur,
Yoyla le bon Père Sebastien qui brusle de zèle à la reduelion de ces âmes de Gaillard, et comme vous verres, il s'essaye de me communiquer de sa chaleur, et me charge de vous envoyer sa lettre. Je le fais pour m'accorder à son désir, bien que je sois certain qu'il n'est point besoin d'animer ni ressouvenir vostre zèle qui de soy-mesme à toutes ces
saintes ardeurs. Mais je ne laisseray pas de vous supplier, Monsieur, de faire appeller par devant vous le sieur Chevalier Bergera, et de me marquer le jour et le lieu auquel je ^ rends ensemblement presde vous, pour, par vostre authorité, terminer* une bonne fois les portions nécessaires à l'en-
1 L'original en est conservé au monastère de la Visitation de la ville d'Arona, diocèse de Novnre. C'est la 96^ inédite de la colleciion-Blaise.
2 L'an 1G05, il y eut guerre entre le duc de Savoie et le duc de Nemours. 'La ville d'Annecy, où le saint Prélat s'étoit retiré, fut assiégée par les troupes du duc de Nemours. Le prince de Piémont, Victor-Amédée, marcha à grandes journées au secours d'Annecy et força le duc à lever le siège. 11 paroît quecettf; lettre a été écrite par S. François à quelque Gentilhomme de la Cour du prince.
2 Peut-être faudroit-il lire ici je me rende. *' Peut-être faudroit-il lire ici déterminer.
tretîennement du service de Dieu des enlises des baillases. Je confesse la vérité, nul soin que j'aye en cette charge ne mord si souvent mon esprit comme celuy-là, et sur tout pour le regard de ces cincr ou six parroisses qui n'ont nul curé , entre lesquelles Tonnay, qui est sur les portes de Genève, est digne d'un bon et prompt secours. Monsieur, oii qu'il vous plaise de me voir près de vous pour cet effet, je m'y rendray tout aussi tost, et vous supplie tres-humblement de me favoriser en cet endroit de l'accoloration.
Je crain de me rendre importuo, mais non pas en
cette occasion en laquelle vous voyés bien , Monsieur, que mon désir est raysonnable, pour fort ei pressant qu'il puisse estre.
Je prie N. S. qu'il vous conserve et comble de ses grâces,
et je suis,
Monsieur,
Vostre serviteur plus humble,
François, Evesque de Genève.
lettre'
Le Saint lui annonce la visite pastorale qu'il se propose de faire , et le plaisir qu'il éprouve en recevant des nouvelles de la meilleure santé de sa tante et de son cousin.
Le 15 octobre 1605.
Monsieur mon oncle.
Le pied à l'estrier pour aller à la visite ces six semaines qui sont entre ci et T Ad vent, je vous remercie humblement du
* Communiquée par feu M. Jules Gossin, ancien conseiller à la Cour roy=il^ 4e Paris. C'est la 26e parmi les riiQuv. lettres inéd. de la collection-Biaise.