‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 22 sur 183 · A MADAME LA DUCHESSE DE MERCŒUR · texte numérisé non relu

A MADAME LA DUCHESSE DE MERCŒUR

Le vSaint recommande à la Dnchpsse de traiter favorablement un de se$

débiteurs.

Annecy, 15 avril 1606.

Madame,

Le sieur de Manigod qui est fort bon et honneste gentilhomme m'a conjuré de l'assister de mon intercession auprès de vostre Grandeur, pour obtenir une grâce qu'il en désire. C'est, Madame, ^u'il vous piayse commander à Ponsabin d( ne point vouloir exiger de luy, ni le charger d'interest et ac^ cessoires, pour les sommes qu'il doit à V. E., sinon à la mesme mesure et qualité, que sa Grandeur en veut retirer,

* Communiquée à M. Datta par MM. les conservateurs de la Bibliothèque du roi. C'est la 27* parmi les nouvelles lettres médites de la collection-Biaise.

affin que non seulement l'un, mais l'autre aussi participe à sa charité et libéralité, et que l'un des débiteurs use à l'endroit de l'autre de la debonnaireté et gratification qu'il a obtenue de son seigneur et créancier, selon l'Evangile. Et je sçay bien, Madame, combien moy-mesme je devrois rechercher des intercessions pour impetrer pardon et du retardement du p;:ycment de Thorens, et d'avoir tant attendu à faire les actions de grâces que je doy à V. E. pour la douceur dont elle use en mon endroict pour ce regard ; mais je ne puis implorer à cette intention que la mesme bonté que le sieur de Manigod me fait implorer pour luy, et à laquelle j'auray plus ample recours à la fin de tout le payement que je ne verray jamais sitost achevé que je souhaitte , et cependant je prieray sans cesse nostre Seigneur qu'il multiplie ses célestes faveurs sur vostre personne, Madame, et sur celle de Madame vostre mère et de Madamoiselle, puis que je suis tres-humnle et tres-obeyssant serviteur de Y. E.

Fr., Ev. de G,

DK s. PRANCOTS DE SALES. 135

LETTUE*

DE m"' de BOISY a M""'^ LA BARONNE VEUVE DE CHANTAL.

Elle la prie de recevoir auprès d'elle sa fille 2 Jeanne après l'avoir retirée du

monastère du Puys d'Orbe.

Vers juin 1 GOG.

Madame ma très bonne Fille,

Ayant perdu Fesperance de vous revoir pour cett' année suivant ce que m'en a dit nostre evesque mOii tilz, j'attendiay avec impatience d'avoir ce bonheur la suivante , et cependant puisque la petite que j'ay au Puys d'Orbe n'est point portée à la religion, je vous veux ramentevoir la priera que je vous lis de la retirer en ce cas la, et vous supplie de reclief de luy faire cest honneur et à moy. Je r.'v tenue pour bien confiée avec madame du Puys d'Orbe si elle eii voulu suivre la vocation religieuse. Je la tiens trop heureuse aussi d'estre auprès de vous voulant prendre cet autre Xîhemin auquel je prie N. S. qu'il la veuille bien conduire ^elon les bons exemples qu'elle verra. Pardonnes - moy, Madame ma très chère Fille, cette liberté avec laquelle je vous incommode de cette fille, qui ne pourra jamais non

* Nous doR.tons ici cettG ^ ettre si curieuse, et inédite jusqu'à ce jour, dont nous avons emprunté Tautographe au couvent de la Visitation de Rennes, parce <\Vie , quoique rédigée sous le nom de madame de Boisy, née Françoise de Syonnas, mère de notre Saint^ et signée de sa main, elle paroît avoir été écrite tout entière, et à Vexception de cette seule signature, de la main du saint évèque. Elle fait d'aillea?» partie du rouleau de lettres scellé du sceau de l'évèché de Reanes, ayant pour titre : Ecrits de la main de saint François de Sales.

* C'est celle dont il a été question pms haut, page 103, dans la lettre à M. de Crepy, et page 111, à la fin de la lettre du 13 octobre 1604, à madame VAbbesse du PuitS-d'Orbe.

plus que moy correspondre à l'obligation qu'elle vous a. N. S', vous en veuille recompenser, et je suis, Madame ma très chère Fille ,

Vostre plus humble mère et servante très humble,

Fr.

LETTRE

A S. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE, Sur les revenus et charges du prieuré de Bellevaux.

A Loëx, le 28 septembre 1G06.

Monseigneur, Je reçeus l'année passée commandement deV. A. de m' enquérir soigneusement des charges et revenuz du Prieuré de Bellevaux, ce que je fis, st treuvay qu'à la vérité; les charges emportoyent tout le revenu , ou peu s'en faut , et cett' année , estant allé en personne au dit Prieuré pour les visiter, j'ay encor mieux reconneu la grandeur de la pauvreté d'iceluy, y ayant veu les édifices presque tous ruinés, à la réparation desquelz le revenu de plusieurs années ne sçauroit suffire. Dequoy le Prieur ayant àcmé que je rendisse tesmoignage à Y. A., je ne l'ay pa.-, sçeu refuser, puis que la vérité est bien telle. Je prie incessamment Sa Divine Majesté, qu'elle veuille de plus en plus prospérer y. A. de laquelle je suis , Monseigneur,

Très humble et très obéissant serviteur et orateur,

« L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 104* des lettres inédit-es de la cclection-Blaise.

LVIT.

LETTRE

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