A CHAMBÉRI
n lui recommande l'affaire de deux personnes.
15 avril 1611.
Monsieur mon frère,
H n'est nul besoin que Ton vous recommande les œuvres pies, que vous embrassés, grâce à Dieu, avec tant de charité : mais puis que M. de Vege, passant icy, a désiré que je vous suppliasse de le favoriser et sa partie d'un soin particulier pour leur accommodement, je le feray volontiers, comme parent de Tune, et amy de toutes deux. Je vous en supplie donc très humblement , bien ayse d'avoir ce petit sujet de vous rafraischir les offres de mon service, qui suis, Monsieur mon frère, vostre, etc.
Nostre M. le prieur de Saunax se porte très bien , et sert Dieu et le prochain , r lechisant es hospitaux , non sans ferveur et consolation , et non sans une sainte impatience de ne voir encor point ses désirs accomplis d'idées pour lesquelles néanmoins il ne se départira de vostre direction.
* Tirée du monastère de la Visitation de la ville de la Flèche. C'est la 234« le la ccUection-Blaise.
xcr.
LETTRE
A MADAi^IE DE CHANTAL,
Sur les armoiries des monastères de la Visitation.
10 juin 1611.
Bon jour, ma très chère Fille, un accommodement qu'il faut faire ce matin entre deux de nos pasteurs de Gex, me prive de la consolation d'aller voir mes plus chères brebis, ^t de les repaistre moy-mesme du pain de vie. Yoyla jM. Rolland qui va suppléer à mon défaut ; toutefois il n'est pas assez bon messager pour vous porter la pensée que Dieu m'a donné cette nuict, que nostre maison de la Visitation est, par sa grâce, assés noble et assés considérable , pour avoir ses armes, son blason , sa devise et son cri d'armes ; i'ay donc pensé, aia chère Mère, si vous en estes d'accord, qu'il nous faut prendre pour armes un unique cœur percé de deux flèches enfermé dans une couronne d'espines, ce pauvre cœur servant dans l'enclavure à une croix qui le surmontera, et sera gravé des sacrés noms de Jésus et Marie. Ma Fille, je vous diray à nostre première veuë mille petites pensées qui me sont venues à ce sujet : car vrayement nostre petite congrégation est un ouvrage du cœur di; Jcsis et Marie; le Sauveur mourant nous a enfantés par l'ouverture àe son sacré cœur. Il est donc bien juste que nostre cœur demeure par une soigneuse mortification tous-jours environné de la couronne d'espiues qui demeura sur la teste de nostre
' Tirée du registre des lettres de saint François de Sales, conservé au monastère de la Visitation de Pignerol, C'est la 129« inéd. de la collection-Biaise.
chef, tandis que Tamour le tient attaché sur le throsne de ses mortelles douleurs.
Bon jour encor, ma Fille, j'apperçois entrer.'^os plaideurs qui viennent interrompre la paix de mes pensées.
XGII.
LETTUE*
A s. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE.
Saint François informe S. A. du désistement des poursuites qu'exerçoit M. de Blunay cuulre M. de Saint-Paul, cà cause de la perle de son (ils, et il implore la clémence du prince pour la rémission de la peine.
Ancci, 12 juin IGll, Monseigneur,
Quelques vertueux gentilshommes et moy, ayant Dieu
merci termine les poursuites que le sieur de Blonay faysoit
à raison de la perte de son lîlz contre le sieur de Saint Paul,
par un amiable et chrestien appaysement de toute ïn^bznliè et
dispute, j'ay creu que je devois en donner asseuraîice à