DU MÊME AU MÊML
aîîtir l'attente de Tarrivéc du Sénateur à Annecy.
Tout le monde, mon cher frère, vous attend pour le lo
juin ^ Mais mon allié M. de Charmoisi et moi, nous vous
attendrons avant cette époque. Il est juste que ceux qui
doivent jouir d'une félicité plus grande la désirent plus
longtemps.
* L'original en est conservé au monastère de la Visitation d'Annecy. C'est la 15e inédite de la collection-Biaise.
' Le texte porte : le 14^ jour avant les calendes de juillet.
Antonio Fabro Senatori Franciscus de Sales, Prœpositus Ecclesias
Gebennensis, S. D.
Expectabunt te quàm plurimi, suavissirae frater^ ad extremum Jiem decimum quartum calendas juUi : ego verô cum domino da Charmoisi affmi meo paulô citiùs expectaturi sumus. Quorum enim longé majusfuturum est bonum^ expectationem anteriorem par est.
Ne vous inquiétez nullement de ce que vous appelez uvji maison de ville dans voire lettre à M. de Cliarmoisi. Nous t-n avons non pas une, mais deux et même trois : car je lie veux pas que la mienne soit censée n^appartenir qu'à moi. D'après ce que je vois , vous n'avez pas voulu de celle de M. de Cliarmoisi. Puissiez-vous le trouver aussi sûrement que le pied-à-terre qu'il vous offre.
Le temps me manque plutôt que les paroles, et me force d'être court. Adieu, mon cher frère, nous vous attendons avec impatience. Je ne sais si je dois adresser ici mes hommages à mon aimable sœur, votre épouse chérie, car il ne me convient pas de mettre son nom dans mes lettres, à moins que vous ne le mettiez vous-même dans les vôtres. Que Jésus-Christ vous soit en aide , ainsi qu'à vos chers enfans.
De domo , quam urbanam in epistolâ ad dominum de Charmoisi appellas^ nihil est quôd cures; habemus enim paratam, non unam tantùm aut alteram , sed tertiam quoque , quandoquidem uti mea hoc nomine censeatur velle non debeo; D. verô de Charmoisi^ ut video, tu ipse noluisti; utinàm verô non magistibi hîc deesset quàm domus ! ^
Laconismum non (am verborum quàm temporis inopiâ sequar; benè vale, expectatissime frater. Suavissimae sorori, conjugi tuée clarissimae et cliarissimse salutem dicerene debeam non satis scio, qui te illi jam nolim sanè addicere, nisi tu ipse vicissim eam etiamnobis tecum addicas. Cbristum vobis precor propitium et nobilissimis li-^ beris.
AUTRE LETTRE
DU MÊME AU M Ê xAI E.
Il lui parle de l'attente de son arrivée à Annecy.
Sur votre lettre à mon allié M. de Cliarmoisi , où vous promettiez de venir vendredi ou samedi dernier, M. de CliifFe , grand-vicaire de noire évêque , M. de Montrotier , M. de Groveri et moi, nous nous sommes tenus ces deux iours en embuscade jusqu'au soir entre les deux chemins <]ui mènent à Annecy, afin, comme je vous l'écrivois procédemment, de pouvoir vous attendre et vous voir un peu plus tôt que ne feront les autres. Cela ne nous a pas empêchés de vous porter force santés chez M. de Charmoisi, où nous -avons soupe, discutant, mon bien cher fière, assez avant dans la nuit, les raisons qui avoient pu vous arrêter.
' LViriixirial en est conservé au monastère de la Visitation d'Annecy. C'est la 16e iiiédiie de la collection-Biaise.
Antonio Fabro Senatori Franciscus de Sales, Prœpositus Ecclesiae
GeDennensis, S. D.
Qiiôd domino de Charmoisi affini mec scripseras, te ad diem postremum vencris vel sabbati venturum , utroquc die fiiimus cum domino de Chiffe vicario reverendissimi Episcopi noslri, dominis de Montrotier et de Croveri, in insidiis inter utrumque lier au solis occasum usque, ut te, sicuti prioribus scribebam litteris, paulo citiùs Bxpectaremus quàm reiiqui plurimi. Atque nihilô ferè minus teinter cœnandum apud dominum de Charmoisi frequentissimè salutavimus, quid causœ esse possel, mi f rater, cur non veneris, in ulramque
On pensoit que le dimanche et la fête du Saint-Sacrement vous avoient retenu; mais M. de Charmoisi, d'après votre lettre, réfutoit notre hypothèse. Quoi qu'il en soit, votre retard, dussiez-vous maintenant venir aujourd'hui, est loin de m'être indifférent, obligé que je suis d'aller mercredi à la Roche, où j'ai promis de prêcher. M'en irai-je donc piécisèment quand vous arriverez? S'il n'y avoit scandale à éviter, je n'en ferois rien; et si j'avois pu prévoir que vous neviendriez pas plus tôt, il n'y a pas de raison au monde qui m'eût fait consentir à prendre cette sorte d'engagement. C'est à vous de voir comment vous m'indemniserez d'une aussi grande perte. Songez seulement que les sept premières heures du jour font la plus longue partie de la journée. Puis donc que vous ne voulez pas venir, laissez-moi saluer, avec toute l'effusion de mon âme, votre vertueuse femme et vos excellens enfans. Je comprime autant que je le puis, et avec bien des efforts, la peine que vous me faites, ne pouvant, dansune lettre écrite à la dérobée , à la fois me fâcher et rester dans les bornes d'une juste modération. Adieu.
partem ad multam noctem disputantes. De solemrii quidem S. Sacramento ( et ) dominico die veniebat in mentem , sed dominiis de Charmoisi ex tua ad eum epistolâ confutabat. Plurimùm autem interesthacc retardatio, etsi liodiernâ die venires^ qui die mercurii ad RupensGS concionandi gratiâ pcrgo. Egone te accedente disccdam? Id non facerem omninô , nisi scaudali vitandi causa subesset ; et si te non anleà venturum credidissem, nuHis rationibus iturum me recepissem. Tuum est \idere quânam ratione tantam meam jacturam resarcire vehs; sanè cujusvis diei major pars est horarum septem primarum. Jàm ergô quandô venire non vis, salutem plurimam clarissimœ uxori lUcC quàm impensissimè dico, itemque nobihssimist liberis. Dolorem quem sentio cohibeo quantum possum maximo eonatu^ ctim qui raptim scribere cogor, eum stomacho et modestiâ simul non possim. Benè vale.
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