‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 56 sur 183 · A MONSIEUR DE BLONAY · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE BLONAY

Jl lui donne avis du choix qu'on a fait de la mère de Blonay sa fille, pour servir avec madame de Chantai à la fondation de la seconde maison de l'ordre à Lyon , et il le prie de donner son consentement à l'éloignement de sa fille, pour le bien de la chose.

2 janvier 1615.

Monseigneur mon très cher frère.

Dieu nous visite en sa douceur, et veut que la Visitation soit invitée par nostre très bon Monseigneur de Lyon, de l'aller visiter dans son diocèse, pour y establir une mayson le nostre Dame comme la nostre d'Annecy. Or, d'autant que l'entreprise est grande, et que c'est la première saillie ou production de nostre mayson (que je désire qui ne produise que rien de bon), nous voulons y envoyer la crème de nostre Congrégation.

1 Tirée de la Vie de la mère de Blonay, par Gh.-Aug. de Sales. C'est la 328* de la coilectioû-Blaise.

Et parce que nostre très chère liUe Marie-Aymae est nu des plus précieux sujets, je désire de la poser aux fondemeiis de ce nouvel édifice. J'espère que vostre pieté, mon cher frère, vous fera volontiers acquiescer à Tesloiguement de cette chère fille, puisqu'il est requis à la gloire de Dieu; et encor (pour parler un peu humainement à un père qui ayme bien son enfant) cette mission est glorieuse à nostre fille, à laquelle je ne me haste point de demander si elle voudra aller, me tenant asseuré de son obéissance, comme je suis asseuré de vostre résignation, et que vous le devés estre de l'affection fraternelle de vosti^e, etc.

LETTRE

A MADAME DE CHANTAL

Le Saint souhaite à toute la communauté de Lyon bien des bénédictions, encourage ses chères Filles, augure très-bien de leur fondation, et promet de les aller voir la semaine suivante.

4 février 1615.

Que j'ay d'envie, ma très chère Mère, de sçavoir vostre abord, et quel commencement Dieu aura donné au service pour lequel il vous a appellée ! Tout ira bien , je m'en asseuré, et la très sainte Yierge nostre Dame tiendra vostre cierge allumé , affin que vous esclairiés à ces bonnes ames> qu'elle a marquées de sa bonté pour estre ses servantes. Je l'en supplie continuellement, estant perpétuellement à Lyon, non seulement avec vous, mais aussi en vostre petite

1 C'est la 33le de la collection-Biaise, et la 58« bis {al, 54* ) dçs ancienne» éditions.

DE S. FR\NCOTf^ V^F. SAT.ES. 2CI

mavsnn, où je suis présent, ce me semble, en esprit, et à tout ce petit mesnage spii'ituel (jue Dieu fait naistre.

Il faut croire que la divine providence , qui m'a dédié à nostre chère Congrégation, me donne quelques particuliers monvemens pour elle. Je rne contente bien de toute cette obère troupe icy, que j'iray entretenir en commun l'un des jours de la semaine prochaine. Oh ! que Dieu est admirable , ma très chère IMere î et (pie nous sommes bien heureux d'avoir un grand désir de le servir! Je vous salue mille et mille fois, la plus aymée mère qui soit au monde, et ne cesse point de respandre des souhaits sacrés sur vostre personne et sur vostre troupe. lié ! Seigneur, bénisses de vostre sainte main le cœur de ma très aymable mère, aiïln qu'il soit benil en la plénitude de vostre suavité, et qu'il soit comme une source féconde qui vous produise plusieurs cœuis qui soyent de vostre famille et de vostre génération sacrée.

Bénisses ma première chère fille Marie-Jacqueline {Favre)^ aiïin (ju'elle soit le commencement permanent de la joye du père et de la mère que vous luy avés donnés. La chère fille Perronne-Marie (de Chastel) soit un accroissement continuel (\' consolation en la Congrégation en laquelle vous l'avés plantée, pour y fleurir et fructifier longuement. La chère iîlle Marie-Aymée [de Blonay) soit aymée des Anges et des hommes pour provoquer plusieurs âmes à l'amour de vostre divine Majesté ; et bénisses le cœur de ma chère fille Marie- Elisabeth, affin que ce soit un cœur de bénédiction immortelle.

Ma très chère mère, que bénédiction sur bénédiction,et jusques au comble de toute bénédiction, soit adjoustée à vostre cœur! Que vous puissiés voir vostre fille aisnée tous-jours recommençante par de nouvelles ardeurs , la seconde tous-jours croissante en vertu , la troisième tous-jours ay mante, la dernière tous-jours bénite , affin que la benedic-

lion du saint amour croisse et recommence à jamais e^, rostre petite assemblée ! et sur tout que le cœur de ma très ^'îhere mère , comme le mien propre , soit à jamais tout destrempé au très saint amour de Jésus , qui vive et règne es siècles des siècles î Amen. Dieu soit bénit!

Je salue de tout mon cœur nos seurs de delà, et leur souhaite un cœur doux, maniable, aymable; c'est à dire, qu'elles ayent un <^œur d'enfant, affin qu'elles entrent au Royaume des cieux. J'ay grande consolation en l'espérance que je sens des bénédictions que Dieu leur donnera.

GXXIX.

A MONSEIGWBUB LE CARDINAL MAURICE, FILS DU DUC EMMANUEL l" DE SAVOIE.

Le Saint «excuse du retard qu'ont éprouvé pour lui parvenir les pièces dont il s'étoit chargé, et reçoit avec surprise cet avis de la part de S. A.

Annessy, 17 février 1615.

J'envoyai au seigneur Ranze, il y a fort long-tems, tout ce que j'avois peu recueillir, non seulement en ce diocèse de Genève , mais encor ailleurs , pour l'avancement de la canonisation du très heureux prince Amé troisiesme ; et suys asseuré que le tout a esté receu , ce qu' me rendit d'autan*" plus estonné il y a quelque tems c|uand je receu une lettre de V. A. serenissime, par laquelle elle tesmoignait d'estre esbahie elle-mesme dequoy il tardoit tant à rendre ce devoii d'obéissance envers elle et de pieté envers ce saint ; mays-

* Communiquée par M. le professeur B ggiolini Christophe, ordonnateur i\es Archives et historiographe de ra ville de Verceil. C'est la 32« des nouvelles: lettres inédites de la collection-Biaise.

j'ay jiip:é que le trespas dudit seigneur Ranze avoit esté cause de l'esgarement de ces pièces et de l'apparence par conséquent de la négligence de laquelle je n'avois pas commis la vérité; or voyla donq de reclief, iMonseigneur, des authentiques attestations de Thonneur religieux qui a esté porté à ce bienheureux Prince en divers endroits, avec un petit mémorial pour la correction de ce que le P. Maleto en a escrit en desordre, faute d'avoir entendu le^^ actes que j'avois envoyés en langue françoise.

Au demeurant, Monseigneur, V. A. nous ayant fait le bien de procurer la venue des bons Pères Barnabites en cette ville, dont nous la remercions très humble^.^nt, nous la supplions très humblement aussi , tous tant que nous sommes ses très obeissans serviteurs de deçà , qu'il playse à sa bonté de vouloir prendre en spéciale protection cette œuvre de laquelle le fruit sera incrovable et qui portera sa splendeur à la postérité. Si les revenus de ce collège estoyenV insuffisans pour l'entretiennement d'autant de personnes qu'il en faudroit pour faire les fonctions que ces pères feroyent excellemment en un lieu si propre, regardé de tant de nations estrangeres , centre de la Savoye et à la j'iste distance qu'il faut pour jetter les bons exemples et la (! cLiine dedans Genève, V. A., Monseigneur, et en qualité de ce qu'eir est de sa naissance, et en qualité du rang qu'elle tient en Feglise, ne pourroit à Fadventure pas plus dignement loger son soin et son zèle , qu'en l'aggrandissement d'un œuvre si illustre , fe^uctueux, saint , et nécessaire. C'esf pourquoy je la r dpplie ci toute révérence de l'embrasseï avec cette pieté ^^ui reluit en elle, et ne cessant point d'invoquer sur sa personne la grâce céleste, je demeure à jamais, Monseigneur,

Très humble et très obéissant orateur et serviteur de V. A. Ser'"*' et Rêver""'.

Franc., Evesque de Genève,

LETTRE

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