AU RÉVÉREND PÈRE DON JEAN DE MALACHTE
Religieux Feuillautin Supérieur du monastère de S. Bernard, ù Fontaineslès-Dijon.
Annecy, 5 mai 1615.
Mon révérend Père , J'ay mille remercimens à vous faire des deux lettres que j'ay receues de vous, et que j'ay leues avec une incroyable eoEsolation selon Tinclination que Dieu m'a donnée à l'honneur du glorieux saint duquel vous habités le lieu natal, et l'affection que j'ay à vos mérites. J'ay bien désir desçavoir que sera devenue cette damoiselle muette; car on m'a dit qu'elle estoit retombée à son premier accident. Ce porteur, gentilhomme de marque, est mon parent, et je le pourray bien sçavoir par son retour. Le père Dom Henry, prieur de vostre monastère de Chamberi, est icy qui prescha hier à la Visitation. J'ay eu desplaisir de ne luy avoir peu rendre l'olBce d'hospitalité comme sçavés que je fais volontier à ceux de vostre compaignie. Je suis bien ayse de l'édification que Madame la première présidente donne : c'est à la vérité une fille que je chéris fort , et qui m'a bien donné de la consolation dés il y a dix ans que Dieu voulut qu'elle prit confiance en mon ame. Quand vous la verres, je vous prie de la saluer, mais sur tout salués quelques fois le fils de la maison en laquelle vous estes, et luy demandés son inter-
1 Communiquée par M. de Monmerqué, conseiller à la Cour royale. C'est la 9 e des nouvelles lettres inédites de la collection-Biaise.
cession pour la pureté de mon misérable esprit, le suppliant <ju'il implore la miséricorde de sa chère Maistresse et Mère <ie Dieu sur ma vie et sur ma mort. Nostre Visitation croist en nombre et mérite : Madame de Chantai est à Lyon avec Madame Faure, Madame de Chatel et Madame de Blonnay, pour l'érection d'une mayson que Montvigneur de Lyon y a désirée. Je suis, mon RR. Père, d'un cœur tout particulier, vostre très humble frère et serviteur.
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LETTRE
^ ALEMPEREURMATHIAS.
Le Saint s'excuse de ne pouvoir assister à la diète de Ratisbonne , convoquée le l^»" février 1615, pour demander du secours aux princes de l'Empire contre les Turcs, et à laquelle il fut invité comme prince de l'empire et souverain de la ville de Genève.
Annecy, 9 mai 1615.
Tres-auguste Empereur , je voudrois à la vérité pouvoir toujours dresser mon obéissance au niveau des commandements de votre Majesté impériale. Je désirerois bien d'assister aux assemblées qu'elle publie, d'apporter le concours de mon industrie, toute telle qu'elle est, et de mon travail, à
* C'est la 341* de la collection-Biaise, et la 20« du liv. I" des anc. éditions.
Serenissimo et Invictissimo Rom. Imper. Matthias^ sémper Au- ^sto.
Quàm vellem, Imperator Augustissime, mandalis majestatis vestne Cîesarcaî ad amussim obtemperare posse, comitiis nimirùm im- |>erialibus, quas nunc indicit, intéresse^ iûgeDJum^ si quod io me