SUPÉRIEURE DES FILLES DE SAINTE-MARIE, A LYON
Il l'engage à porter avec courage , humilité et confiance , la charge de
Supérieure.
4 octobre 1615.
Or SUS , ma très chère Fille , puisque vous voyla sous la charge avec un peu d'appréhension , oyés ce que nostre Seigneur dit en FEvangile aujourd'huy ^ : Apprenés de moy que je suis doux et humble de cœur, et vous treuvcrés du repos en vos âmes; car mon joug est suave, et tnon fardeau léger*. Ma très chère Fille , moyennant Fayde de Dieu , nous ferons prou : mais il faut avec ime courageuse humilité rejetter toutes les tentations de desfîance en la très sainte confiance que nous avons en Dieu. Certes , vous devés croire que cette charge vous ayant esté imposée par le choix de ceux à qui vous devés oheyr, Dieu se mettra à vostre dextre , et la portera avec vous; ains la portera, et vous aussi : mais ne vous €stonnés point.
Faites cet office pour Tamour de ce Sauveur, qui vous y a appellée : vous en serés deschargée quand il luy plaira.
Vous nous reviendrés voir quand il en sera tems. Pour moy, il y a long-tems que je prie Dieu pour vous fort parti-
' C'est la 353e de la collection-Biaise, et la 89* {aliàslS*) du livre VI des anciennes éditions.
> L'Evangile du jour de S. François d'Assise.
* Discite à me quia mitis sum et humilis corde, et invenietis requiem aniiiiabns vestris : jugum emm mnum suave est, et onus meum levé. Matth., XI, 29.
culierement, estimant que sa divine providence se serviroit de vous pour l'acheminement de l'édifice spirituel de cette petite Congrégation. Dieu soit à jamais au milieu de vostre cœur. Amen.
LETTRE