A UN ÉVÉQUE
Le Saint lui apprend qu'il s*est employé à la réconciliation de deux personnes auxquelles ce prélat s'intéressoit ; il attribue le succès au respect qu'elle» avoient pour ce même prélat.
Annecy, 1?» février 1616.
Monseigneur,
Je ne puis m'empescher de vous resaluer tous-jours quand les commodités s'en présentent , désireux de vivre continuellement en vos souvenirs et en la sainte bienveuillance dont vous m'honnorés : c'est le seul sujet de ces quatre lignes; car, quant au reste, ce porteur fidèle vous dira toutes nos nouvelles, qui sont petites, comme en temps de paix.
J'ay bien voulu essaver d'accommoder sa volonté avec celle du sieur de Barraux ; mais ilz ont réciproquement refusé les ordonnances uu médecin , disant qu'ilz n'estoyent pas malades : c'est à dirc^ ilz ont bien ad voué qu'ilz avoient sujet de s'en vouloir l'un à l'autre, mais qu'ilz n'avoienl uuUe iatention de se rechercher pour en tirer satisfaction, pour le respect qu'ilz dévoient à la vostre, laquelle je les exhorteray
î Tirée du monastère dû faubourg St. -Jacques. C'est la. 366e de la collec- »tt)n-Blaisc.
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tous-jours de révérer comme le sanctuaire de leur bonheur; et moy je le feray à jamais de tout mon cœur , comme estant sans fin , Monseigneur , vostre , etc.
LETTRE
A M. LE PRÉSIDENT RENÉ FAVRE, Sur une calomnieuse accusation portée contre ses frères.
6 mars 1616.
Monsieur,
J'ay passe cfuelques jours à Sales avec mes frères, et le saint tems de Car»>me m'ayant rappelle en cette ville, j'ay treuvé <le nouveaux advis sur la calomnie faite contre mes frères, et contre moy , qui me jouerois de tout cela si ce n'estoit que je voy le Prince en colère : cela m'est très sensible, parce que j'ay savouré autrefois si doucement sa bonté. Est-il possible que ce Prince ait encor adjousté foy au rapport qu'on luy a fait de mes frères, puisqu'il a des-ja trouvé autrefois, que ce n'estoit que des impostures? C'est un crime par tout ailleurs de hayr son prochain, icy c'est un crime de m'aymer, et Messieurs les collatéraux- gens hors de reproche, sont reprochés par l'authorité extraordinaire, seulement parce qu'ilz m'ayment de l'amour qui est deu à tous ceux de ma sorte. Certes, mon cher frère, j'ay delà gloire d'estre aymède vous; mais Dieu et nos cœurs sachent seulement, car jt; ne veux pas que vous couriés fortune d'estre disgracié pour l'amour
* Tirée du Registre des lettres de saint François de Sales, conservé dans le monastère de la Visitation de Pignerol. C'est la 181* des lettres inédites de la coUection-Blaise.
de moy . Un jour viendra que de m'aymer ne sera plus reproché à personne.
ai.
A S. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE ,
Sur les accusations calomnieuses portées contre ses frères.
8 mars 1616*
Monseigneur,
Je supplie très humblement V. A. de me permettre la discrète liberté que mon office me donne envers tous; les Papes, les Roys et les Princes sont sujets à estre souvent surpris par les accusations et par les rapports; ilz donnent quelques fois des escrits qui sont esmanés par obreption et subreption; c'est pourquoy ilslesrenvoyent à leurs sénats et conseils, affin que les parties ouyës ilz soient advisés si la vérité y a esté veué ou la fausseté proposée par les impetrans. Les Princes ne peuvent pas se dispenser de suivre cette méthode, y estant obligés à peine de la damnation éternelle. V. A. a reçu les accusations contre mes frères ; elle a fait justement d^ les recevoir, si elle ne les a receues que dans les aureilles ; mais si elle les a receuës dans le cœur, elle me pardonnera si estant non seulement son très humble et fidèle serviteur, mais encor son très affectionné, quoyque indigne pasteur, je luy dis qu'elle offense Dieu, et est obligée de s'en repentir , quand mesme les accusations seroient véritables ; car nulle sorte de paroles, qui soyent au
* Tirée du Registre des lettres de saint François de Sales, conservé dans le monastère de la Visitation de Pignerol. C'est la 182« V^édite de la collection- Biaise.
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désavantage du prochain, ne iloitestre crue qn'apres un examen, parties ouyes. Quiconque vous parle autrement, MonseÎE^neur, trahit vostre amo, et que les accusateurs soyent dî2:nes de foi tant qu'on voudra, on ne doit pas les croire, mais il faut admettre les accusés à se defFendre , etc.