DE SAIMT FRANÇOIS DE SAIJ S A ].A MÈRE FAVRE
SUPÉRIEURE DES FILLliS DE LA VISITATION DE LYON.
Il lui recommande d'entretenir l'union et la charité parmi ses religieuses, et de se garder de la prudence humaine.
10 septembre 1616.
Cette grande chère Fille qui n'escrit point meriteroit qu'on la laissast aussi dans son silence ; mais mon affection ne le permet pas. Et que vous diray-je donc, ma très chère Fille? Je vous recommande la confiance en Dieu, la parfaite sim- I licite, et la syncere dilection.
Vous avéslà ces pauvres seurs*, lesquelles sont sous votre crédit, et dépendent de vostre assistance au progrès de vostre service , pour lequel elles sont allées : unisses vos cœurs et foib] es forces , car par Funion vous prendrés des forces invincibles.
Nostre mère ' vous dira peut-estre , si elle en a le loysir, la crainte qiiej'ay que les renardeaux n'entrent dans cette petite nouvelle vigne pourladcsmolir; je veux dire les aversions et répugnances , qui sont les tentations des Saints. F.stouiFés-les en leur naissance. Tenes vostre chaiité bamh'^e, et tenés pour suspect tout ce qui sera contraire à rnnion, au
1 C'est la 380e de la coliection-Blaisc, et la 91' {al. 78^ ) du livre ÎV des anciennes éditions^
2 La mère Favre avoit pour coaiijnlricos dans la fondation du monar-iorc de Lyon les mères Marie-Aimée de Blonay, son assistante et maîtresse des ^'^• vices ^ et Péronne-Marie de Chaslel.
* Madame de Chantai.
mutuel support, à la réciproque estime que vous devés avoir les unes envers les autres.
Gardés-vous de la prudence humaine, quenostre Seigneur estime folie, et travaillés en paix, en douceur, en confiance, en simplicité. Sitost que vous a-urés fait ce que vous avés à faire, vous ferés bien d'achever vostre affaire particulière. Yivés toutes dans les entrailles de la chargé divine , ma très chère Fille , à qui je suis de tout mon cœur vostre, etc.