ADRESSÉE A MADAME DE GOUFFIEZ A MOULINS
A ma très chère fille en N. S. madame de Gouffiez.
vigne; et voylaque ces infirmités se sont interposées,
qui la tiennent au lit, et hors du train requis , et à cela surviennent des avercons et répugnances , infirmités spirituelles. Or sus embarques pourtant que l'on est, il ne faut pas perdre courage ; mais user de toute la dextérité possible, pour empescher que nos imbécillités ne scandalisent point ceux du monde. Et puis que le P. Recteur propose un expédient, il le faut prendre, tel qu'il le dit, hormis, qu'après
* Ce fragment de lettre est publié ici pour la première fois, tel que nous l'avons trouvé entre les mains des Dames de la Visitation de Reims. Il s'f" trouve renfermé sous deux enveloppes, dont la première porte ces mots: C'est une lettre d^ N- B. P. François de Saies tout te escritte de sa main, et ce qui est au bas cest de celle de iV«"e Fondatrice et B. H. 7nere Jeanne Françoise Chantai. L'autre plus récente porte pour suscription les mots suivants: Lettre de saint François de Sales eveque de Genève écrite de la jiropre main de ce saint n lat , qui m'a été donnée par une Dame de la Visitation en 1750. de même que la lettre cy jointe qui est de la bienheureuse tnen- de Chantai et ixirei/lcivcnt écrite de sa main. La lettre est munie du cachot du saint prijiat.
* Ce mot de Moulins, que nous croyons avoir deviné, n'est pas bien lisible.
avoir envoyé à vostre choix, ce qui sera plus propre pour celte inaysoii-la et pour Rion; vouloir encor faire faire des absences a nostre mère, c'est dire qu'il faut démanteler cette mayson et la laisser a la merci des vens, car comme vous sçaves, il y a peu de mères, et beaucoup de jQlles, dont les unes sont des-ja venues les autres viendront au premier jour et il faut une mère icy qui suffise a tout. Laissant a part les grandes bonnes affaires qui sont par deçà pour cette congrégation , ausquelles nostre seule mère peut respondre. dépendant donq , supportes , ma très chère Fille , le fardeau que vostre bonne volonté au service de Dieu vous a fait désirer et prendre sur vos espaules, lesquelles seront asses fortes pour cela, si vous vous appuyés un peu sur la croix de N. S en laquelle il a porté sur les siennes le faix de tant d'iniquités et misères. Si vous juges avec le P. Recteur qu'il soit expédient que vous venies vous-mesme , nous vous verrons, et parlerons plus clairement des raysons que nous avons de ne vouloir pas meshuy multiplier les familles de cette congrégation jusques à ce que nous ayons des mères de familles convenables. Mais tenes vostre cœur en charité , c'est a dire supportes le prochain, car ce support est la charité, et la charité ce support. Pries bien Dieu pour moy et saches que je suis invariablement vostre , de toute moix aifection. Le 8 oct. 1616.
Post-Scriptum écrit de la main de sainte J"e F»e de Chantai,
Je ne voy pas comment vous puissies avoir des filles quen les venant choisir vous mesme. Lutillile et nesaisite * le requiert. Ainsi il mest permis de vous dire cecy et que je suis toute vostre vous suppliant derechef dasurer le Père Recteur que sa charité moblige d'estre a jamais toute sa très humble fille et servante en N. S. Vive Jésus.
» La Sainte vouloit dire ici : L'utilité et la nécessité.
3i6 Ol'USClLES
A M. N***, SECRl'iTAIRli DE SON ALTESSE SÉRÉNISSIME.
Il le prie de lai expédier une lettre de recommandation qu'il avoit obtenue du duc de Savoie pour lo vice-lég:at d'Avignon, au sujet de quelques bourses dans le colli^ge de S,-ivoie en cette ville, auxquelles le Saint et son Chapitre avoient droit de n^uuner, et qu'on leur contestoit.
Annecy, 13 octobre 1616.
Monsieur,
Je vous supplie de me faire la chanté que je puisse avoir la lettre que son Altesse a accordée au Vice-Legat d'Avignon, en recommandation de TaiTaire que la sainte Mayson de Tonon, mon Chapitre et moy y avons, sur le sujet des places du collège d'Annessy, ou de Savoye , fondé audit Avignon, qui appartient à la nation de Savoye, allia que nous soyons remis en possession de les avoir.
Je vous envoyeray le Mémorial , et M. Boschy me fît ^a faveur de me- promettre l'expédition de laditte lettre, laquelle nous desirons avoir, affin de faire partir au plus tost le personnage que nous envoyons pour faire la sollicitation.
Cependant je vous conjure de m'aymer tous-jours, de me tenir en la bonne grâce dudit seigneur Boschy, que je salue humblement, <et de me croire, Monsieur, vostre, etc.
* ïirée du pnmier monastère de la Visitation , rue Saint-Antoine. C'est la 382e de la collection-Biaise.
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LETTRE'
â s. A. CHARLES EMMANUEL l", DUC DE SAVOIE , Sur le président de Sauter eau.
Anueci, 18 novembre ICI 6.
Je supplie très humblement Y. A. de se resouvenir de h faveur qu'il luy a pieu d'accorder à M. le président de Sautereau , sur la recommandation que Monseigneur le mareschai Lesdiguieres luy en a faite, et continuant d'invoquer Dieu sur V. A., je luy fay très humblement la révérence,
comme estant,
Monseigneur,
Son très humble, très obéissant et très fidèle
orateur et serviteur,
François, Evesque de Genève.
1 L'original en est conservé aux Archives de l« C!nur de Turin. C'est 1% Î0O* inédite de la collection-Biaise.
LETTRE
A LA MÈRE FAVRE, SUPÉRIEURE DE LA CONGRÉGATION DE LA VISITATION, A LTOIU
Nouvelles particulières sur diverses personnes.
21 janvier 1617,
Ma très chère Fille,
Je vous voy, certes, assés occupée parmi tant d'occurrences; Dieu soit à jamais vostre force. M. Faumosnier m'escrit que Monseigneur l'Archevesque le vous oste : je croy que ce ne sera pas sans vous bien pourvoir. Je crains pourtant la variété des opinions au maniement des âmes; mais Dieu aura soin de vostre chère troupe, affin qu'elle aille tous-jours le mesme chemin, puis que c'est celuy auquel il l'a mise.
Nostre mère ne sçayt pas que j'escrive : elle n'est pas sans affaires , mais bonnes et aggreables , ayant Madame la Comtesse de Tornon et ses deux lilles, qui font les exercices, et préparent leur confession générale.
Hé, Dieu! quelles nouvelles du Puys dorbe? cela me traverse le cœur. Ohl qu'il faut bien regarder à qui Ton donne accès en telles maysons, et quelles hantises, quelz devis on admet !
La chère seur de la Valbonne pensoit venir ; mais le frère n'a pas voulu. Il y a obéissance en leur monastère, ouy, et mortification.
Mais celle-cy est bien plus grande à Sales , où ma seur a fait sa troisième couche d'une fille, laquelle, une heure après
1 Tirée du monastère de la Visitation de Grenoble. C'est la 385^ de la collection-Biaise.
son laptesme , est morte. Pour moy , je n'en aurois nul sentiment, si ce n'est pour compatir un petit aves la mère.
Yivés tous-jours toute à Dieu, ma très chère Fille ; c'est le continuel souhait de mon cœur, qui chérit le vostre incomparablement. Vive o jsus !