A. MADAME DE LA F LÉ CHÈRE
'Saint François s'excuse de ne pouvoir donner un bénéfice à un homme protégé par une Dame qui le lui avoit fortement recommandé.
Annecy, 28 août 1C17.
Ma très chère Fille,
Je le crois que cette bonne Dame sera un peu brune sur moy , parce qu'elle affectionne fort les serviteurs de sa mayson , et l'un d'iceux s'estant présenté au concours dernièrement sous sa recommandation, ne fut pas pourveu, quoy qu'il soit certes fort capable. Mais à la première commodité , je luy feray sçavoir qu'il m'est impossible de le gratifier, tandis qu'il ne sera pas prestre , ni lié aux ordres sacrés. Car quelle apparence de donner les charges ecclésiastiques de telle conséquence cà un qui n'est encor point ecclésiastique, au préjudice de plusieurs honnestes ecclésiastiques qui ont des-ja fait longuement l'exercice, et qui ont bien servy l'Eglise? Je laisse à part qu'il n'est pas du Diocèse , car en cela je me puis dispenser. Voyla, ma très chère Fille, tout le sujet qu'elle peut avoir. C'est grand cas comme l'esprit humain est amy de sa volonté, et comme chacun suit l'amour propre, sans regarder ce qui est plus au service de Dieu. Sur «cela, je luy escris l'advis requis pour l'affaire de M. le Prieur, je ne sçai si cela accommodera son cœur, mais il me tardoit que je le fisse.
Au reste , Mademoiselle de Chantai ne peut ne vous hon<
* L'original s'en conserve au monastèi:e de la Visitation d'Annecy. C'est la 220e inédite de la collection-Biaise.
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norer et clierir cordialement , puisqu'elle est la fille de sa^ mère et la mienne , certes , car je l'ayme bien, et je suis pa!*-' faitement vostre, mais je dis très absolument; et Jésus soit à jamais nostre vie. Amen,
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cajcxvi.
LETTRE
À MADAME DE CHÂNTAL.
Avant le 10 septembre 1617.
Helasl ma très chère mère, si j*osois, j'irois : quand il «era à propos, faites le moy sçavoir. Certes, mon ame est en peyne. Dieu par sa bonté nous veuille donner Famé de cet enfant et la vie de la mère , que j'ay dedans mon cœur , comme ma pauvre très chère petite fille.
«Communiquée par M. Cervetti, avocat do fisc royal àVigevoue. Ce^ U 14* des nouvelles lettres inédites de la collection-Biaise.
LETTRE