‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 8 sur 183 · SA MÈRE · texte numérisé non relu

SA MÈRE

Il la console sur son absence, par l'espérance qu'il a de la revoir bientôt.

May 1599.

Je VOUS escrig cecy, ma tres-cliere et bonne mère, en montant à cheval pour Chamberi. Ce billet n'est point cacheté, et je n'en ay nulle inquiétude; car, par la grâce de Dieu, nous ne sommes plus en ce fascheux tems * où il falloit neces-

* Tirée des papiers de la maison paternelle du Saint, par Haute ville. C'est la 29e de la collection-Biaise.

2 Ce fâcheux temps étoit celui où son père, pour le forcer d'abandonner la mission du Chablais, avoit défendu de lui donner aucun secours, et même de lui écrire ; de sorte que sa mère étoit obligée de se cacher pour lui faire

Non possis credere quàm id me torqueat, pro arctissima quaî inter nos est, non tantùm dignitatis et ordinis, sed etiam, quod primum est, animorum conjunctione. Faxit Deus optimus maximus ut brevi convalescat, quem diutissimè sospitem salvumque esse non tua soïum, et meâ, sed totius quoque reipublicee causa cupio. inleiim vale, et me ut soîes, ama.

ôt) OPUSniLES

sairement nous cacîier pour nous escrire et pour nous dire quelques paroles d'amitié et de consolation. Vive Dieu î ma bonne mère ; il est vray que le souvenir de ce tems-là produit tous-jours en mon àme quelque sainte et douce pensée. Conservés tousjours la joye en nostre Seigneur, ma bonne mère, et soyés asseurée que vostre pauvre filz se porte bieiç par la divine miséricorde , et se prépare à vous aller voir al plus tost, et à demeurer avcj vous le plus long-tems qu'il luy sera possible ; car je suis tout à vous, et vous le sçavés que je suis vostre filz.

parvenir ce dont il avoit besoin, lui donner de ses nouvelles et recevoir de ses lettres.

Le duc de Savoie, qui venoit de reprendre ce pays sur les Bernois, avoit voulu faire escorter les missionnaires par des troupes; mais François de Sales les refusa, disant que Luther et Calvin avaient planté leurs hérésies par les armes ; mais, qu'à l'exemple des apôtres, il f allait les arracher par la seule parole. En conséquence, il s'étoit engagé dans le Chablais, accompagné seulement d'un de ses parents, qui étoit chanoine de Genève, et d'un donioslique. 11 y fut d'abord exposé à toutes sortes d'insultes, et bientôt après i' y courut les plus grands dangers : ce fut alors que le comte de Sales voulut l'ubligor de revenir, « étant d'avis que s'obstiner plus longtemps, ce seroit tenter Dieu, » et ajoutant, qu'à la douleur qu'il avoit eue lorsqu'il avoit été forcé de con- » sentir que son fils aîné, l'espoir de ses vieux jours, fût d'église, il ne vou- » loit pas ajouter celle de le voir périr inutilement. » Mais le saint missionnaire, qui avoit été envoyé par son évoque, cru^^devoir persévérer; et après quatre an? de travaux, ses prétiications, l'exemple de ses grandes vei'tus, et surtout sa patience et sa douceur inaltérables, ramenèrent tout le pays à l'Eglise catholique. Ce fut à cette époque qu'il fut nommé coadjuteur de l'évéque de Genève. Peu d'années après il assista son père dans sa dernière maladie : ce vieillard presque octogénaire « ne pouvait se rassasier de ses saints et » suaves entretiens, et se disait être trois et quatre fois /leureux d'avoir un » tel fils. » {Vie de S. François de Sales, pai Auguste de Saies.

LETTRE

m s. FRANÇOIS A S. A. CHARLES-EMMANUEL f% DUC DE SAVOIE.

Saint François entretient Son Altesse de l'amitié qui existe entre l'Evêque de Genève et TArchevêque Gribaldo, envoyé par le saint Père; il parle ensuite de l'établissement des Jésuites à Annecy.

A Thonon, 26 septembre 1599.

Monseigneur,

Suyvant le commandement que monsieur d'Avully m'a porté de la part de vostre Altesse de maintenir monseigneur le Reverendissime Evesque de Genève en bonne intelligence avec monsieur l'Archevesque Gribaldo envoyé par nostre saint Père , il m'a semblé que je devois Fasseurer qu'il ne s'est jamais rien passé entr'eux qu'avec toute sorte de discrétion , amitié et fraternité. Et crois que sa Sainteté n'aura que très bonne satisfaction du rapport qu'il aura de Testât de ces affaires ; mesmement , après ce bon commencement donné pour le collège des Pères Jésuites, l'une des pierres fondamentales de tout ce saint édifice. Seulement seroit-il expédient de faire paroistre quelque peu d'acheminement pour l'héberge , puisque, comme je l'ay apperceu, sa Sainteté raffectionne bien outre. Je prieray à jamais pour la prospérité de V. A. de laquelle je suis et dois estre ,

Monseigneur,

Très humble et très obeyssant serviteur et sujet, François de Sales , Prévost de Genève.

1 L'original en est conservé aux ArcMves de la Cour c1;î Turin. C'est la 63* 4es lettres inédites de la collection-Blaise.

LETTRE

A s. A. CHARLES-EMMANUEL I*', DUC DE SAVOIE.

Saint François remercie S. A. du jugement favorable qu'elle avoit porté sur lui, lorsqu'on eut donné la nouvelle que monseigneur^ de Granier étoit en danger de mort.

Avant 1602.

Monseigneur, Je remercie 1res humblement Y. A. du favorable jugement qu'elle a fait de moy dernièrement quand la nouvelle se donna que monseigneur le Revoie Evesque de Genève estoit en danger de mort, sachant que cet heur de comparoistre en vostre mémoire en une si honnorable occasion ne peut partir que de la bonté de Y. A. qui aura peu t-estre esté persuadée qu'il y ait quelque suffisance en moy proportionnée à cette sienne faveur; et je loue Dieu néanmoins qui a donné à Y. A. cette resolution de vouloir procurer des bons pasteurs à vostre peuple. Car encor que je sois le plus indigne de tous ceux qu'elle pouvoit se réduire en souvenance , si est-ce que l'inteniion droicte de Y. A. ne laisse pas d'en estre très recommandable. J'ay escrit des-ja à Y. A. des nécessités du Chablais; et quoyque je ne doute point que le zèle dont N. S. aeschauffé son cœur, ne luy en tienne tousjours la mémoire fraische, si ay-je prié M, le baron de Chevron de la luy représenter. >

Je prie la divine Majesté qu'elle confère et conserve toute bénédiction à Y. A. de laquelle je suis , Monseigneur,

Très humble , très obeyssant serviteur et sujet.

* L'original en est conservé au monastère de la Visitation d'Annecy. Cert la 70* inédite de la collection-Biaise.

LETTRE

A M. d'albignt, chevalier de l'ordre de s. a., et son lieutenant -général

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