‹ Œuvres Completes Volume 7Chapitre 98 sur 183 · A. S. A. VICTOR-AMÉDÉE , PRINCE DU PIÉMONT · texte numérisé non relu

A. S. A. VICTOR-AMÉDÉE , PRINCE DU PIÉMONT

Sur la conclusion du mariage du Prince avec Marie-Christine de "France, sur les vertus de la Princesse, et sur le Prince Cardinal ea la Cour ae France.

Paris, 18 décembre 1618.

Monseigneur,

En cette générale allégresse de tout ce royaume sur l'heureuse conclusion du mariage de V. A., je ne puis ni ne dois

* L'original en est conservé aux Archives de la Cour de Turin. C'est la 239* inédite de la collection-Biaise.

eetto lanto allô délia S"^=^ religione catholica , che si ha da sperare ogni benedizione in questo regno.

Al buon padre n. Giusto mille et mille saluti, e non mancarô di fare tutti li uflic] che si potranno per sua congregazione nell' occorenze. Iddio sia eternamente lodalo , e egli dalla sua santa mano tengha e benedica Y. S. 111. délia quale io sono humilissîmo e certissimo servitore,

Francesco , Yescovo di Ginevra.

m'empescher de rendre quelque lesmoignage de la mienne, laquelle , certes , est d'autant plus grande , que d'un costé je suis plus obligé à la bonté de Y. A., et de l'autre j'ay reconnu plus particulièrement un très parfait assemblage de perfections en Madame, au visage, au maintien, au parler, en la conduite de laquelle on remarque tant de traits de bonté, de prudence, de douceur et de dévotion, qu'on ne sçayt discerner laquelle de ces perfections y est plus parfaite. Et parce que la S*^ Ecriture dit que le mary d'une femme bonne est heureux, je puis dés à présent augurer toute sorte de bonheur à V. A. pour ce regard, et en bénir N. S. de tout mon cœur, puisque, comme la mesme Escriture nous annonce, la rnayson et les richesses nous sont acquises par nos pères, mais la femme sage et vertueuse , à proprement parler, est donnée comme un précieux présent de la libéralité divine.

Au surplus, Monseigneur, je ne sçaurois exprimer avec combien d-e grâce Monseigneur le Cardinal se comporte en cette cour, et combien il est adroit à mesler la qualité de grand Prince que sa naissance luy a donnée, avec celle de très digne Cardinal que sa profession luy fait tenir, alliant admirablement bien la franche et générale courtoisie qui est si désirée et estimée de cette nation, avec la modestie et bienséance qui y est si précieuse comme par tout le monde.

Ainsy donques. Monseigneur, à Dieu soit de toutes parts honneur et gloire avec très humble action de grâces pour les consolations qu'il donne et qu'il prépare encore à S. A. Ser. et à la vostre, de laquelle je suis sans fin,

Yostre très humble , très fidèle et très obéissant orateur et serviteur,

François, Ev. de Genève*

LETTRE

A MADAME DE CHANTA L

Saint François lui annonce qu'il a prêché à Paris devant la reine Marie

de Médicis.

24 décembre 1618.

Ouy, ma Fille, j'ay presché ce matin devant la Reyne et tout son beau monde; mais en vérité, je n'ay pas presché avec plus de soin, plus d'affection, plus de playsir qu'en ma pauvre petite Visitation.

Ah 1 ma Fille , que la vive présence du Roy et de la Reyne du ciel font bien éclipser devant les yeux de nostre cœur toutes autres grandeurs de la terre I

' Tirée du registre des lettres de saint François de Sales, conservé au mo- Bftstère de la Visitation de Pigaerol. C'est la 240» Jkiédite de Biaise.

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