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LETTRE
A M. MILLETOT, CONSEILLER AU PARLEMENT DE BOURGOGNE. Le Saint lui recommande le bon droit d'un de ses amis.
Vers le commencement de Tan 1619.
Monsieur mon frère,
Vay-je point trop souvent à vostre porte? vous importuné-] e point par mes si fréquentes supplications? Certes, je ne dois, ni ne puis, ni ne veux manquer au devoir que j'ay à M. le marquis d'Aise, qui me fait la faveur de m'aymer très particulièrement, et que pour ses rares qualités j'honnore parfaitement. Or il a une affaire devant la Cour, et de bonne fortune en la chambre de la Tournelle, en laquelle vous estes ; je vous supplie donq très humblement, Monsieur mon frère, de le gratifier de vostre appuy au soutènement de son bon droict, puisque mesme il implore mon intercession auprès de vous, sachant le bien que j'ay d'estre advoué vostre frère.
Le voyage du Prince Cardinal de Savoye estant différé ^our quelque tems, etcommejecroy, jusques au carnaval, je suis par conséquent d'autant esloigné de Fesperance que j'ay que par quelque rencontre ce voyage me pourra donner le bonheur de vous voir; mais cependant je ne laisseray pas de vous avoir présent à mon ame, ni de prier nostre Seigneur qu'il vous comble, et Madame maseur, de toutes ses prospérités, qui suis, Monsieur mon frère, vostre, etc.
* Tirée du monastère de la Visitation de la ville de Maraers. C'est la 757» de Biaise.
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CCT.
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