‹ Œuvres complètes, Volumes 9-10Chapitre 3 sur 65 · ROMANS COMIQUES · texte numérisé non relu

ROMANS COMIQUES

Une antre dhision de cette espèce d'otirrages , diTÎsion fort ancienne et assez naturelle , les a répartis en genre sérieux et gentfe coinique. Xes romans du^^nre sérieux furent à l>eaiicoiq» près ies plus nombreux 9 et des exemples de l'a(uire {enr^ sont devenus aàseï rairies. Il fabt admettre cependant Féxistence des romans comiqùee , même si nous les distinguons des conter et fabliaux des Français , et de ces contes anglais fort plaisans y tels TAe Wife rapt in MoriJ^a skin , ou The Friar and ike Boy , et autr^ histoires boufibiines. Le lecteur en trouvera de nombreux exemples dans VAricieni Engliah poetry , de Ritsèn^ et antres buvragés de la même espèce. La scène de ces gestes étant pla^e dans la vie ordinaire « ils se rapprochent plus des romans ^odefniés (nhiféh), et on peut lès regarder comme ies premiers etera^s que nous- ayons de ce geiire d'ouvrages ; mais le vârîtable roman comique est celui dans lequel les phrases sonores et les 'aventures de la chevalerie sont tournées en dériàon par l'aVtifice de hauteur qui les attribue à des vilains et à des hommes debas étage ôu.de vtdgaire extratftiôn^ ils lïonsthuent pour ainsi dire une véritable parodie des^romkns sérieux ^ aux- 'quels' ils rèssembient^coAdàie une pièce bouSbnne^ remplie à deisein de persotinages grotesques /'extravagans, absurdes, et accompagnée d'une tnusique singulière ; ressemble à une conception'dramattque qm réunit à la fois la digùiW, la noblesse ^ la grandeur et Ffaarmx>nie.

Un excellent échantillon Su roman comique est

a4 ESSAI LITTÉRAIRE

le Toumament of Toiienham ( le Tournoi de Tottenham ) , qu'on trouve dans les Reliques (Pantienne poésie f de Percj^ et où des paysans se permettent une de ces joutes guerrières y exclu* sivement le partage et le privilège des guerriers et des nobles. Ils font des vœux au cygne ^ au paon et aux belles 3 on les voit jouter à cheral sur leurs lourds coursiers de charrue^ et se heurter avec des fléaux au lieu de lances; leurs cuirasses et leurs ëcus sont remplacés par des auges de bois grossier , et une éôielle leur sert de casque. Le sayant éditeur parait disposé à croire que cette composition singulière était comme Don Quichotte , auquel il la compare ^ la satire du genre fantastique et extravagant des romans de chevalerie \ mais nous pensons que c'est là une intention trop éloignée , et qu'en l'admettant on s'expose à prêter à l'auteur du Tournoi de Tottenham des vues beaucoup plus profondes qu'il n'était capable d'en concevoir. Il est bien plus naturel de supposer simplement qu'il n'eut d'autre intention que cdle de taire rire^ en attribuant aux classes inférieures les manières et le ton de la noblesse et des chevaliers; c'est ainsi que dans la pièce bouffonne de High life beiow ataire (le grand monde dans la cuisiné)^ le ridicule ne tombe pas sur les valets eux-mêmes , mais sur leur folie de vouloir singer les maîtres. La Chasse au lièvre {fhe Hunting ofthe Jlare), qu'on trouvé dans la collection formée par le savant et industrieux M. Weber, est un roman comique du même ordre. Un soldat de pied vient apprendre aux habitans d'un village qu'il vient d'apercevoir un lièvre au gtte^ et demande s'il n'y a pas un gentilhomme pour le chasser : le

SUR LE ROMAN. , a5

Tilain auquel il s'adresse lui répond qu'il u'est pas besoin d'un gentilhomme , et se met à faire l'ënumëration des chiens qu'il possède y lui et les autres habita ns du yillag^. La chasse com-. mence : le lièvre part , échappe sans peine aux matins y el franchit un grand cercle formé autour de lui par les yilains, armés de leurs bitoni : grande est la terreur de celui qu'il reuTerse dans sa fuite , et qui croit que le pauTre fugitif ▼a l'étrangler. Les chiens , au lieu de poursuirre le gibier , se battent entre eux ; les maîtres s'en mêlent et se frappent sans pitié. En un mot , cette chasse^ non. moins triste que la chasse de Ghevy (i), se termine ^ comme celle-ci, par l'arrivée des femmes, qui viennent chercher les morts et les blessés.

On ne peut croire que la satire soit dirigée contre la chasse elle-même, puisque le ridicule retombe sur tous ces paysans maladroits qui veulent se livrer à des )eux uniquement faits pour leurs seigneurs. Les anciennes poésies de l'Ecosse nous fournissent plus d'un exemple de ce mode de composition comme le Tournoi au tambour, thë Toumament at the Vrum , et la joute de Watson et Barbour, the Juêting of ^atêon andBarbour, par sire David Lindsay. Il est probable cependant que ces combats pour rire devenaient quelquefois assez sérieux; an moins le roi Jacques I*' est-il accusé d'avoir été quelquefois le tânoin de ces plaisanteries en action , fi mettant en présence David Droman et Archie Armstrong , le fou du roi , sur les épaules

(O Cktvj Chsu9 , combat entre Percy et DonglM ; l>»U»<le pepulaire, etc. — £i>.

Page 1